lundi 30 janvier 2012

Jean-François Vézina

Au cours de mes lectures de "recherche" autour de la synchronicité, je suis tombé sur un ouvrage de cet auteur (ouvrage qui fera sous peu l'objet d'un billet) et j'ai été séduit par sa plume évocatrice, ondulant entre poésie, philosophie et psychologie, et l'insertion de nombreuses expériences personnelles pour étayer ses réflexions. J'ai découvert par la suite son activité dans le domaine qui nous réunit, sa présidence du Cercle Jung du Québec.
Une autre facette passionnante du personnage est sa passion pour le cinéma sous toutes ses formes. Convaincu que le septième art est une forme de mythe moderne de nos sociétés, il a créé un groupe de réflexion autour du thème psychologie et cinéma.

Fasciné par ce que l'on nomme la notion de chaos (à rapprocher du terme mathématique et non de l'image populaire de grand désordre), il traite dans son dernier ouvrage qui sort bientôt de l'inattendu, de la nécessité de chacun de rester ouvert aux surprises continuelles de la vie, au sens profond  qui peut se créer à partir d'évènements initialement insignifiants...je sais que je plongerai avec plaisir dans ce dernier opus.

Son blog : Cliquer ici

Entretien sur Radio-Canada : Cliquer ici

Le "teaser" (présentation) de son dernier ouvrage, vidéo que je trouve belle et inspirante.



jeudi 26 janvier 2012

Un nouveau lieu pour partager directement : le forum

Voici maintenant un an que mon blog est ouvert que j'ai le plaisir de partager réflexions diverses et tentatives de vulgarisation de la psychologie "jungienne" avec vous. Si je devais dresser un bilan, il serait positif sur tous les plans :
  • un enrichissant travail personnel : la rédaction de chaque billet est un exercice de concision (pas toujours réussi j'en ai conscience) qui m'oblige à faire le point sur ma propre compréhension des choses. Un phare qui éclaire mon propre cheminement en quelque sorte.
  • un partage : le témoignage de vos passages, écrits (commentaires) ou muets (les statistiques de visites) sont autant d'encouragements pour moi qui, pour reprendre l'image de notre chère Ariaga (au passage, merci pour son soutien fidèle), sont comme autant de bois pour alimenter mon athanor.
  • une certaine réussite : la fréquentation en constante augmentation depuis le début témoigne d'une évidence;  bien que l'oeuvre de Jung dérange nos consciences et nous oblige à un regard intransigeant sur nous-même, il constitue aussi pour beaucoup une source authentique pour étancher notre soif  intérieure...
Je ne vais pas épiloguer sans fin, j'ai le désir depuis quelque temps d'ouvrir un espace de dialogue et de partage pour les lecteurs de mon blog qui le désireront et les voyageurs qui trouveraient la porte en passant...ce n'est pas mon forum mais le notre et il a vocation d'échange sans arrière pensée, sans intellectualisme poussé...

 Bien entendu, le travail sur le blog sera poursuivi avec tout autant d'ardeur puisque ma matière première se situe dans ces billets.

Pour voir le contenu du forum, un simple passage suffit mais pour accéder aux échanges, il faudra vous inscrire.


A bientôt ici, ou là bas,
Jean

vendredi 20 janvier 2012

La solitude partagée...


Dans ce que j’appellerais ma quête de sens, de vérité, de mon mythe personnel comme aurait dit Jung,  j'ai eu la chance de croiser des personnes animées par le même feu, certains ont disparu de ma vie, d'autres sont devenus des amis mais nous vivions tous dans une certaine solitude assumée...et nous passâmes de merveilleux moments à la partager. Dans cette quête, en effet, naturellement, se défont les consensus "non dits" qui scintillent dans toutes relations en société. Lorsque l'on refuse de croire les apparences évidentes, d'adhérer aux préjugés dominants, apparaissent alors deux élans contraires simultanés (paradoxe très "jungien") : l'approche d'une certaine plénitude personnelle, satisfaction intérieure et l'hostilité de proches, de certains "amis" et de tous les bien pensants qui ne peuvent comprendre ce changement d'attitude (je ne blâme pas, j'ai très longtemps fait partie de ce groupe). Il ne s'agit surtout pas d'entrer dans une indifférence face au "groupe" mais d'arriver à s'en distancier, condition sine qua non pour rétablir un dialogue intérieur.

Il est vrai que, de nos jours, les nombreuses techniques de développement personnel ont la vertu d'apporter un soulagement à un inconfort de vie, à des charges émotionnelles non canalisées, à des relations sociales toujours plus compliquées, et c'est déjà un vrai bénéfice en soi...mais est ce suffisant ? Personnellement, je ne crois pas, cela ressemble à un pansement mis sur une plaie mais si l'on ne veille pas à l'origine réelle de la blessure, une autre plaie apparaîtra un jour ailleurs...
En plongeant dans son intériorité, la rencontre dépasse, amplement, le simple patrimoine personnel. On y découvre une part de l'humanité, un fragment "d'universel singulier" si l'on peut dire...mais il faut, avant d'en arriver là, oser affronter ses propres noirceurs. Et ce travail n'est jamais abouti, les premières noirceurs font place à d'autres plus profondes, car c'est le processus naturel de la transformation : "La clarté ne nait pas de ce qu'on imagine le clair, mais de ce qu'on prend conscience de l'obscur" Jung




Le courtois comptable réalise soudainement les pulsions inavouables qui l'habitent, la gentille vétérinaire découvre au fond d'elle des envies sadiques et morbides qui la bousculent, l'érudit polyglotte est confronté  à des besoins d'archaïsme et de sauvagerie, etc.  Et si j'étais né dans un contexte social ou familial différent, aurais je pu devenir un paria de la société ? c'es probable.
Quand je juge autrui, je réalise, une fois cette première  prise de conscience accomplie, que je me juge moi-même, puisque j'abrite les tendances coupables que je suis en train de juger. Qu'il est douloureux mais libérateur d'accepter nos imperfections, nos failles....cette acceptation, si elle est sincère et assumée est une bénédiction !
Le contraire,  s'idéaliser soi-même, idéaliser son clan ou sa nation, a pour conséquence de rejeter le mal sur l'extérieur. "L'ennemi est tellement bête, qu'il croit que c'est nous, l'ennemi" Desproges.
Accepter l'autre dans sa différence, c'est se libérer des projections (voir ici) et accéder au plus beau concept, l'altérité (voir ici).


Alors, subtilement, un autre monde s'offre à nous...non, plus précisément, nous accueillons une autre vision du monde. Nous accepter dans notre "médiocrité" (au regard de la totalité de notre être) nous aide alors à accepter les obstacles et échecs dans notre vie. Ils deviennent de véritables diamants bruts pour la transformation intérieure; ils nous poussent à l'humilité et au lâcher-prise. La vraie souffrance naît de notre résistance au changement, pas de nos échecs. 
J'ai récemment découvert un auteur, philosophe et psychologue analytique dont je parlerai plus longuement bientôt.  Il a merveilleusement résumé ceci dans une phrase : « Dans l’obstacle se trouve le chemin » Vézina Jean-François




vendredi 13 janvier 2012

samedi 7 janvier 2012

Synchronicité (1) - Premières approches

Ourobouros
Après avoir approché les fonctions psychologiques (notre boussole intime, voir ici), dressé un synoptique général de l'appareil psychique selon Jung (voir ici), effleuré la notion d'archétype et ses grands "représentants" (voir ici), il me semble que l'on dispose du matériel de base nécessaire pour saisir la profondeur et envisager les implications de la psychologie de Jung...et surtout, l'on peut enfin parler de la synchronicité, en dépassant un peu l'image populaire de "coïncidence avec sens".

Ce thème m'est particulièrement cher car, non seulement il incarne la source de mes questionnements métaphysiques de mes jeunes années, mais il est au coeur d'un projet de réflexion de longue haleine et je ferai partager au fil du temps les quelques produits de mes cogitations aux lecteurs de ce blog.

Qu'est ce que la synchronicité ?
Si je devais trouver des synonymes à ce terme curieux, je citerais : Hasard singulier et révélation personnelle. Communément, comme je l'évoquais en introduction, on parle de coïncidence "sémantique". Pour faire bref, c'est la rencontre par la création du sens pour celui qui la vit, d'un phénomène interne (subjectif) et d'un phénomène externe (objectif). 
On distingue trois cas de phénomènes synchronistiques :
     1 - Simultanéité des évènements, dans le champs de perception
Je pense subitement à un chat, je rencontre mon ancien collègue Lechat devant un restaurant "au chat d'or".
    2 - Coïncidence des évènements, en dehors du champs de perception
Swedenborg, alors qu'il se trouvait à 300km de Stockholm, eut soudainement une vision d'incendie de cette ville et apprit que plus tard la réalité de l'évènement au même moment que sa vision.
    3- Coïncidence d'un état psychique avec un évènement futur
Jung cite une patiente qui vit un essaim d'oiseaux s'abattre sur sa maison peu avant la mort subite de son mari alors qu'un fait analogue s'était produit lors du décès de ses parents.

A noter, chose remarquable par sa conséquence théorique, que dans  les deux derniers cas, les évènements ont été anticipés sur leur vérification objective.

Implication de l'existence de la sycnhronicité
  • Le principe philosophique de causalité (un phénomène engendre une cause) est dépassé !
 Jung et Pauli (éminent scientifique, un des découvreurs de la physique quantique, de l'infiniment petit, qui ne répond plus aux lois de la physique "macroscopique") ont étroitement collaboré autour de cette notion, d'où a surgi le principe d'acausalité; aucune cause "lisible" ne lie deux évènements.
De nos jours, il existe des phénomènes physique dont on ne trouve pas de lien causal direct (désintégration atomique, lueur fossile, pendule de Foucault, etc)...diverses hypothèses scientifiques émergent (non localité, causalité "invisible, etc) et je constate que la tentative de Jung retrouve force et vigueur, même auprès d'un public qui l'a raillé allègrement il y a encore dix ans. Bien malheureusement, sans doute en grande partie à cause de son aura de "magie" (qui se dissipe dès la prise de connaissance du sujet), la synchronicité ne donne pas lieu à de véritables travaux de recherches ou de mise en oeuvre épistémologique...quel sentiment de gâchis que de voir une porte entrebâillée jamais ouverte, un horizon nouveau jamais parcouru, mais voici déjà un autre débat...
  • Si deux mondes se rejoignent dans la synchronicité, c'est qu'il existe un ordre supérieur liant les deux : l'Unus Mundus.
Nous entrons là dans une théorie délicate que je traiterai indépendamment dans un futur billet. Retenons cette phrase :
"Comme psyché et matière sont contenues dans un seul et même monde, qu’elles sont en outre en contact continuel l’une avec l’autre …, il n’est pas seulement possible, mais, dans une certaine mesure vraisemblable, que matière et psyché soient deux aspects différents d’une seule et même chose. Les phénomènes de synchronicité indiquent, me semble-t-il, une telle direction, puisque, sans lien causal, le non-psychique peut se comporter comme le psychique, et vice versa" Les racines de la conscience - Jung

Unus Mundus

Processus en jeu dans la synchronicité
Je vais tenter de faire au plus simple. Considérons acquises les notions évoquées plus haut, l'inconscient collectif, objectif, transpersonnel, non soumis à la loi spacio-temporel participe au déroulement du phénomène par l'intercession des archétypes. C'est l'activation d'un archétype qui va déclencher l'évènement extérieur signifiant (Les attributs de psychoïde et de transgressivité des archétypes en sont à l'origine mais nous y reviendrons dans un billet d'approfondissement).
Bien entendu, la volonté ne peut rien car l'enjeu se situe dans les couches profondes de l'inconscient...c'est lorsque l'énergie abandonne la conscience et rejoint l'inconscient que l'archétype est activé. Sur un plan individuel, cette condition coïncide presque systématiquement à une période de trouble profond du sujet, et la synchronicité va alors ouvrir la porte à la transformation par le dégagement du sens.

« Une synchronicité apparaît lorsque notre psychisme se focalise sur une image archétypale dans l'univers extérieur, lequel comme un miroir nous renvoie une sorte de reflet de nos soucis sous la forme d'un événement marqué de symboles afin que nous puissions les utiliser. Nous nous trouvons face à un 'hasard' signifiant et créateur. » Jung

Mise en garde
Le lecteur aura facilement compris pourquoi les procès en sorcellerie et l'anathème du corps scientifique bien pensant (heureusement pas de tous les scientifiques) accompagnent de fait la théorie de la synchronicité. Aussi, je mets en avant l'avertissement de Von Franz :
« Il existe des chaînes de causalité qui nous semblent n'avoir aucun sens (comme les machines de Tyngueli), et il existe aussi des coïncidences aléatoires qui n'ont aucun sens. Il faut donc se garder - Jung y a insisté - de voir des coïncidences significatives là où il n'y en a pas réellement. »

L'apophénie (la recherche de sens en tout et n'importe quand) a un pouvoir de nuisance aussi  épais que le scientisme borné, sur le plan collectif comme sur le plan individuel.

Il nous reste maintenant à approcher une multitude de thèmes passionnants gravitant autour de la synchronicité...espérons que vous trouviez ce voyage aussi passionnant que moi.

Synchronicité (2) - Premiers approfondissements