vendredi 21 décembre 2012

Suiseki (3) - Le dragon rouge en Alchimie


Qui connait le dragon ? 
Redoutable, redouté et pourtant allié incontournable de toute transformation....
Enfermant les attributs archaïques, sa force élémentaire antérieure à la matière, précède même la séparation du bien et du mal.


Adulé en Asie, symbole de fertilité et d'esprit créatif, il apparaît également en occident, porteur de connaissances ésotériques et témoin de LA tradition, il contenait à l'époque des Grecs et Romains les germes du savoir par l'initiation.


En Alchimie, le dragon rouge symbolise la voie par le cinabre, qui peut être sèche (l'illumination précède l'initiation) ou humide (l'initiation précède l'illumination).


Le dragon rouge, ou cinabre, enferme à la fois le principe actif masculin (soufre) et le principe passif féminin (mercure métallique)...notons aussi que c'est également un sel (le liant), ainsi le cinabre peut se définir à la fois comme le début (élément chimique) et la fin (l'union des trois principes alchimiques).


Mais avant tout, le dragon rouge est une invitation à la plongée dans l'obscurité qui masque la lumière, c'est pour cette raison qu'il paraît si effrayant...


Toutes  les pierres de cette section proviennent de ma collection personnelle et sont entièrement naturelles, façonnées par la nature.


Suiseki (2) La pierre fontaine

samedi 15 décembre 2012

Hors série Le Point - Le mystère Carl Jung


Il n'est pas rare de découvrir, au détour d'un magazine, une apparition du vieux zurichois pour mentionner un de ses concepts clef ou pour agrémenter une thématique...mais voici que le hors série n°13 (décembre/janvier) du point lui propose un numéro entier !!! Je crois que c'est une première en France pour un hebdomadaire "grand tirage" et c'est avec une petite appréhension que je m’empressais de l'acheter dès sa sortie. Allait on retomber dans les lieux communs ou mettre l'accent sur des aspects "exotiques" de son oeuvre, au détriment du message essentiel et du contenu ?

Sommaire
Jung le chamane

Du disciple au maître                                                  
"Carl Pasteur" l'enfant de l'ombre, Les "portes d'or" de l'université, Quand la psychiatrie découvrait la parole  , A la clinique de Burghölzli, Freud/Jung, une histoire d'amour, Ménage à trois, Sabina Spielrein, la passion rejetée, La quête de la liberté, Les journées Eranos, Des écrivains à Bollingen, Nazisme : le soupçon, Le vieil alchimiste, L'accouchement au forceps de "la vitta".

Who's who   
Cary et Peter Baynes, Otto Gross, Aniéla Jaffé, Wolfgang, Pauli, etc

L'élaboration d'un oeuvre
Comment est née la psychologie analytique ?, Aux sources de la pensée jungienne, L'ombre de Merlin, Parlez vous jungien ?, Le poids de l'archétype, L'autre inconscient, "Le transfert relève de l'alchimie", Comment être soi, Le Livre Rouge.

La postérité
De la difficulté d'être jungien, Les héritiers du New-Age, Individuation et franc-maçonnerie;

Impression générale
L'ensemble est d'excellente teneur, la structure rend la lecture vivante et très facile (sa vie, son oeuvre, ses relations, son influence). Les nombreuses illustrations apportent un attrait complémentaire et les intervenants sont issus d'horizons variés (parmi le panel de "jungiens" évidemment mais également un "freudien", un sociologue, artiste, etc).
Les soupçons autour du nazisme sont enfin abordés sans concession et avec objectivité, même s'il manque une partie des éléments (voir ce billet pour plus de détails).
D'après ma lecture, voici une matière intéressante pour découvrir l'homme, son influence, et pour comprendre la genèse de son oeuvre...bref, une grande avancée dans un pays où la pensée rationaliste a quelque peu étouffé le développement de la psychologie analytique.

Quelques extraits
Comme Jung l'a souvent écrit : sa psychologie n'est rien d'autre qu'un modèle qui permet de pen­ser et de mettre en ordre un cer­tain nombre de phénomènes psy­chiques. Elle n'a certes pas la prétention d'établir ce que sont en soi les forces qui, si nous n'y prenons pas garde, nous gouvernent malgré nous :... L'inconscient est donc hors de no­tre portée et nous ne pouvons prendre en compte que ce que nous considérons comme ses ma­nifestations en nous … Ce que nous dénommons inconscient est une notion bâtie par induction, qui désigne les « forces » qui s'emparent de nous, ce qui nous dépasse de partout, ce sur quoi nous ne pourrons jamais réellement nous expliquer.
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Quels sont les centres jungiens les plus importants dans le monde?

L'Europe et les États-Unis, d'abord, où se dessinent quatre zones d'influence im­portantes : à Zurich, où l'on défend un héritage assez clas­sique ; à Londres, où l'on pro­meut une approche développe-mentale qui met l'accent sur le travail de transfert ; aux États-Unis, où les neuropsychologues s'intéressent particulièrement au rôle central de l'image et de l'imagination pour en voir l'ap­plication dans le fonctionne­ment cérébral ; en Allemagne, où certains analystes dévelop­pent l'aspect métaphysique* de la pensée de |ung. Mais la géographie des jungiens bouge. De nouveaux pôles émergent en Amérique latine et en Asie. Dans certains pays où le contex­te politique est parfois très dur et où l'accès à la liberté indivi­duelle n'est pas garantie, onse passionne pour Jung, dont les idées valorisent justement la singularité de chaque indi­vidu.
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Je vis Jung pour la première fois le 14 janvier 1929 et malgré ma certitude de n'avoir jamais rencontré Jung, ou même vu une photographie de lui auparavant, j'éprouvai pourtant te plus intense sentiment du déjà vu jamais vécu. En même temps, je savais que c'était la personne la plus complète qu'il m'eût été donné de connaître. Quand je peignais, j'avais toujours été attiré par cette qualité que l'on retrouve intacte, dans les animaux ou chez la plupart des enfants. Dans te monde des adultes, je ne l'avais perçu que chez les primitifs épargnés par la civilisation ou chez les vieux paysans européens qui ont vécu toute leur vie en contact étroit avec la terre. J'avais depuis longtemps abandonné tout espoir de le retrouver chez les gens cultivés {...) Tout ébranlée par ces fortes impressions, je me baissai pour caresser le chien jusqu'à ce que je sois rappelée à la réalité par Jung qui me demandait sèchement : "Êtes-vous venue de Paris pour voir mon chien ou moi?" B. Hannah

samedi 1 décembre 2012

La musique et Jung...

Jung écoutait rarement de la musique parce que "la musique touche un matériel archétypal si profond et que ceux qui la jouent ne s'en rendent pas compte. Or, si elle était utilisée en thérapie à ce niveau là, elle devrait jouer un rôle essentiel dans toute analyse" (CG Jung parle, p 214).

Selon lui, "la musique exprime par des sentiments ce que les fantasmes ou les visions expriment par des images visuels...la musique représente le mouvement, l'évolution et la transformation des motifs de l'inconscient collectif". (Correspondance 1950-1954)

Grace à Aniela Jaffé, on en sait un peu plus sur le rapport de Jung à la musique et, en fait, sa sensibilité  particulière et l'apparente perméabilité de son être aux enjeux collectifs expliquent qu'il écoutait peu la grande musique...elle pouvait provoquer une vraie souffrance chez lui.
Jaffé raconte comment un quatuor à cordes de Schubert avait dû être interrompu car "il le touchait trop". Certains quatuors tardifs de Beethoven "le remuait presque au-delà de l'insoutenable".
"Bach parle à Dieu. Bach me passionne. Mais je pourrais massacrer l'homme qui joue du Bach dans un cadre superficiel". (CG Jung parle, p 249)

Il avouera également une véritable passion pour la musique negro-spiritual.

Place à la musique, morceaux choisis parmi ceux qui touchaient le plus Jung.