lundi 29 août 2011

Jung et la mort

Un billet qui peut paraître ambitieux...mais je n'envisage qu'une ébauche d'un sujet qui soulève question sur question...question bien souvent sans réponse définitive. J'aimerais que le lecteur s'attarde sur cette partie de vidéo, où Jung tente de parler de la mort, ou plutôt de la vie de la psyché face à la mort. Certains verront un vieillard évoquant une échappatoire à l’inéluctable qui l'attend. Ceux qui le lisent, savent qu'à l'époque de cette interview, Jung a déjà consacré une 15aine d'années d'étude sur le rapport de la psyché et la matière et rédiger des ouvrages majeurs sur ce thème.
Jung parlant de la mort...ou de l'absence de mort pour la psyché.                                        (interview complète ici )

Point de vue intéressant n'est ce pas ? position qui le tirera encore un peu dans la case des "illuminés" et donnera matière à ses détracteurs mais Jung a mené sa vie en choisissant depuis 1912 de se laisser guider par sa lueur intérieure plutôt que par les lumières extérieures, ce n'est pas à 84 ans que ce vieux sage va jouer la langue de bois.
Pour autant, ce n'est pas vraiment sur le thème de la survie de l'âme que j'aimerais partager aujourd'hui mais sur les réflexions, les attitudes, les convictions naissantes qui vont étreindre Jung sur la fin de sa vie. Le merveilleux livre de Cazenave (Jung, l'expérience interieure, ici par exemple ) m'a beaucoup inspiré...je reviendrai sur cet ouvrage sous peu, il le mérite.

"Ce que l'on appelle la vie est un court épisode entre deux grands mystères qui n'en font en réalité qu'un seul. Je ne peux jamais m'attrister d'une disparition. Les morts ont la durée, et nous, nous ne faisons que passer."

On voit bien à de telles discus­sions ce qui m'attend lorsque je ne serai plus là qu'à titre posthume. Alors tout ce qui aura été vent et feu sera trans­formé et distillé en esprit chimique et on en fera des prépa­rations pharmaceutiques mortes. C'est ainsi que les dieux sont inhumés dans le marbre et l'or tandis que les simples mortels comme moi le sont dans le papier. "

Pessimisme, fatalisme ? Ces écrits provenant de correspondance (comme toutes celles mentionnées dans ce billet) reflètent à mon avis plutôt la lucidité de l'explorateur des âmes, qui sut, très tôt, discerner la part d'éternelle du plus volatil chez l'homme.

"...je vous suis reconnaissant pour l'aide que vous m'apportez. J'en ai besoin dans les gigantesques malentendus qui m'entourent. Toutes les richesses que je parais posséder sont aussi ma pauvreté et font ma solitude dans le monde. Plus je semble posséder, plus j'ai à perdre, quand je me prépare à franchir la sombre porte. Je n'ai pas choisi ma vie avec ses manques et ses accomplissements. Elle est venue à moi avec un pouvoir qui n'est pas le mien. Tout ce à quoi je suis arrivé sert un projet que je n'ai pas prévu. Tout doit être réa­lisé et rien ne m'appartient. Je suis parfaitement d'accord avec vous : il n'est pas simple d'atteindre la pauvreté et la simplicité la plus extrême. Mais c'est ce qui vous arrive, que vous le vouliez ou non, lorsque vous en arrivez à la fin de votre existence."

Encore une fois, vision profonde et précise de celui qui a accompli une vie en pleine conscience...me reviennent en tête ces phrases de Jung, que je résume peut être de manière un peu lapidaire ici : pour celui qui a pris conscience de l'éternité nichée au fond de lui, de cette force universelle, de cette source de transcendance immanente (et oui ces termes se complètent mais ne s'opposent pas, contrairement à ce que pense beaucoup), pour cet individu, sa vision du monde et sa vie ne peuvent plus jamais être la même !


"Après la mort de ma femme, en 1955, je ressentis l'obligation inté­rieure de devenir tel qu'en moi-même je suis.  Plus tôt, je n'aurais pas été à même de le faire : je l'aurais considéré comme une présomptueuse affirmation de moi-même. En vérité, cela traduisait la supé­riorité de l'ego acquise avec l'âge, ou celle de la conscience. "

On pourrait s'étonner que Jung parle ainsi de supériorité de l'ego alors sa psychologie entend justement la remettre à sa juste place. C'est, semble t'il, qu'il ne parle plus du complexe du moi mais de cette instance médiatrice qui est la seule à pouvoir inonder et éclairer la conscience...la conscience de l'être individué ne ressemble plus à celle de qui n'a pas opéré les douloureuses différenciations d'avec l'inconscient. 
On ne parle plus de cette conscience, électron libre se croyant maître de son atome, mais de cette conscience qui a accepté de servir plus grand qu'elle.

"Je vais sur 82 ans et non seulement je sens le poids des ans et la fatigabilité qui en résulte, mais j'éprouve aussi la très impérieuse nécessité de vivre en conformité avec les exi­gences intérieures qui sont celles de mon âge. La solitude m'est une source bienfaisante qui fait que la vie me paraît valoir d'être vécue. Parler devient assez souvent pour moi un supplice, et j'ai fréquemment besoin de plusieurs jours de silence pour me remettre de la futilité des mots. Je suis sur le chemin du départ et je ne regarde en arrière que quand je ne peux pas faire autrement. Le voyage que l'on va entre­prendre est en soi déjà une grande aventure, mais pas de celles dont on aurait envie de parler abondamment... Le reste est silence !"

Nous en revenons finalement à la notion de simplicité extrême qu'il mentionnait plus haut. 
Une âme qui a "baroudé" et s'est accomplie aspirerait donc à de nouvelles exigences : la solitude et le silence.
Comme si, dans un dialogue intérieur, l'être qui a capté cet éternel, se suffisait désormais à lui-même et devait se préparer, se concentrer (con-centrer) sur le dernier voyage qui l'attend.
On comprend mieux finalement ce que Jung entendait, dans l'interview  de Freeman, par "la vie se comporte comme si elle allait se poursuivre" et son conseil pour une veille personne de "vivre chaque instant comme si elle allait vivre des siècles".

J'aimerais terminer sur ces phrases qui témoignent que, bien que tout concorde à envisager une survie psychique par delà la mort, la force de vie qui habite chacun est sans limite...qui sait l'entendre ?

"Le spectacle de la nature éternelle, me rap­pelle douloureusement à quel point je suis faible et éphé­mère, et l'idée d'une aequinimitas in conspectu mortis* n'a rien pour me réjouir. Comme je l'ai rêvé un jour, ma volonté de vivre est un daïmon incandescent qui, de temps en temps, me rend diaboliquement difficile l'acceptation consciente de ma condition de mortel. Tout au plus peut-on, comme l'éco­nome infidèle, sauver la face, et même cela n'est pas toujours possible, de sorte que mon maître ne trouverait même pas grande matière à louange. Mais de cela, le daïmon ne se préoccupe pas, car la vie est, au fond, comme l'acier sur la pierre. "
* sérénité dans l'imminence de la mort, grossièrement traduit par moi



vendredi 26 août 2011

Rothéneuf - Un mythe dans les rochers



A l'abri des regards, sur la cote bretonne, très très proche de St Malo, se dresse un bestiaire improbable et fascinant sculpté à même la roche...les rochers sculptés de Rothéneuf (la petite bourgade qui les abrite) ne peuvent pas laisser insensible le visiteur, qu'il parvienne par hasard dessus ou que, comme moi, il vienne découvrir le site après en avoir entendu parlé longuement.


Personnellement, j'ai été littéralement happé par le spectacle offert. Je me suis volontairement perdu, photographiant abondamment (peine perdue, le meilleur appareil numérique ne pourra jamais saisir certaines choses) et surtout, me laissant aller à une promenade racontant une histoire : celle du mythe de l'abbé Fouré. Ce personnage, contemporain de Jung du début du 20eme, perdit ses facultés d'audition et d'élocution (selon la légende locale) et se mit alors à sculpter les rochers pour dessiner des légendes...durant 25 ans. 
A posteriori, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le rapprochement entre ce vieux prêtre sculptant la roche à quelques dizaines de mètres de la mer et Jung taillant ses pierres à Bolligen, près de son lac.

Je vous offre un petit reportage avec mes propres photos, ainsi qu'un petit document vidéo monté à la hâte après ma visite (visible à l'orthographe approximative)....et quelques liens pour découvrir un peu plus ce lieu en toute fin de billet.
Agréable visite !











VIDEO


LIENS




vendredi 19 août 2011

The Red Book - Le livre rouge [3]

En parcourant le net, j'ai découvert, issu du site français cgjung.net (voir url dans ma liste de blogs appréciés), quelques pages dédiées au Livre rouge. Rien de très nouveau pour celui qui s'intéresse au sujet, hormis peut-être, un extrait traduit en français de l'ouvrage. Ces lignes, extraites des sections avancées de l'ouvrage, me paraissent particulièrement intéressantes. Je ne fais pas de commentaire et laisse à l'appréciation de chaque lecteur la valeur de ce qui y est évoqué.



La voie de l’à-venir
Si je parle dans l’esprit de ce temps, il me faut dire : Rien ni personne ne peut justifier ce qu’il me faut vous annoncer. Me justifier est superflu, car je n’ai pas le choix, il le faut. J’ai appris qu’outre l’esprit de ce temps, un autre esprit est à l’œuvre, celui qui règne sur les profondeurs de tout ce qui fait partie du présent.L’esprit de ce temps veut entendre parler d’utilité et de valeur. Je le pensais moi aussi et ce qui est humain en moi le pense encore. Mais cet autre esprit m’oblige néanmoins à parler, par-delà toute justification, toute utilité et tout sens.Empli de fierté humaine et aveuglé par l’esprit présomptueux de ce temps, j’ai longtemps cherché à tenir cet autre esprit à distance. Mais je n’ai pas pris en compte que l’esprit des profondeurs fut de tout temps et sera pour tous les temps plus puissant que l’esprit de ce temps qui change au fil des générations.
L’esprit des profondeurs a soumis toute la fierté et tout l’orgueil du discernement. Il m’a ôté la foi en la science, il m’a privé de la joie d’expliquer et de classifier, et il a fait s’éteindre en moi l’enthousiasme pour les idéaux de ce temps. Il m’a contraint à descendre vers les choses ultimes et les plus simples. 
L’esprit des profondeurs s’est emparé de mon entendement et de toutes mes connaissances, et les a mis au service de ce qui est inexplicable et qui va à l’encontre du sens. Il m’a privé de la parole et de l’écriture pour tout ce qui n’était pas au service de cette seule chose, cette fusion du sens et du contre-sens qui produit le sur-sens.

Mais le sur-sens est la voie, le chemin et le pont vers l’à-venir.
C’est le Dieu à venir. Ce n’est pas le Dieu à venir lui-même, mais son image, qui apparaît dans le sur-sens. Dieu est une image et ceux qui l’adorent doivent l’adorer dans l’image du sur-sens. Le sur-sens n’est pas sens, pas plus qu’il n’est contre-sens, il est à la fois image et force, magnificence et force réunies.
Le sur-sens est commencement et but. Il est le pont du passage et de l’accomplissement. Les autres dieux sont morts de leur temporalité, mais le sur-sens ne meurt pas, il se transforme en sens puis en contre-sens, et du feu et du sang de la collision des deux s’élève à nouveau, rajeuni, le sur-sens.
L’image de Dieu a une ombre. Le sur-sens est réel et projette une ombre. Car qu’est-ce qui pourrait être réel et physique sans posséder une ombre ? L’ombre est le non-sens. Elle est sans force et n’existe pas par elle-même. Mais le non sens est le frère inséparable et immortel du sur-sens. Les humains grandissent comme les plantes, les uns à la lumière, les autres à l’ombre. Nombreux sont ceux qui ont besoin de l’ombre et pas de la lumière.L’image de Dieu projette une ombre qui est aussi grande qu’elle-même. Le sur-sens est grand et petit, il est aussi étendu que l’espace du ciel étoilé et aussi étroit que la cellule du corps vivant.


mercredi 3 août 2011

Archétype (4) - Anima

Il m'a fallu du temps pour me décider à traiter cet archétype. Une raison est sa grande complexité, contrairement à ce que laisse penser l'image populaire claire mais fatalement simpliste : la part inconsciente féminine en l'homme. L'autre raison est, qu'en tant qu'homme, mon rapport à cet archétype est toujours fort, violent, et la différenciation progressive semée de résistances...étaler sur ce billet la source de mes intimes troubles n'est pas aisé. Qu'importe, tentons une approche préliminaire aussi précise que possible.

Une précision préliminaire s'impose, laissons la parole à Jung (Dialectique du Moi et de l'inconscient, voir la présentation ici) :
"L'anima répond à des données empiriques que l'on parvient, au prix de grandes difficultés, il est vrai, à exprimer en langage rationnel et abstrait"
"L'idée d'Anima est une pure notion d'expérience qui n'a d'autre but que de donner un nom à un groupe de phénomènes apparentés ou analogues, il ne s'agit en rien d'une invention théorique ou -pis encore- d'une mythologie"

Dans un monde qui pousse insidieusement l'homme à investir une place sociale, familiale, etc, le Moi est naturellement attiré par la Persona (voir ici). Réfugié,  s'identifiant à ce masque, on se croit accompli et pleinement réalisé. Ce serait sans compter sur la nature autonome et compensatoire des forces de l'inconscient. Alors qu'à l'extérieur, on lui demande d'incarner le rôle du héros viril et efficace, grandit à l'intérieur de l'homme une force compensatrice, porteuse d'émotions profondes, de faiblesses assumées, l'Anima. Bien entendu, le Moi s’agrippant au confort de la Persona, l'Anima ne passera pas, dans un premier temps, le voile opaque tendu par la conscience et trouvera son mode d'expression dans les projections  (voir ici).

 Vivant à travers les projections, le premier "porteur" sera naturellement la mère pour le fils. On devine aisément alors tous les enjeux qui peuvent résider dans cette relation, pouvant mener à diverses catastrophes si la fascination persiste. Au court de la vie de l'homme, ces projections vont évoluées, passant de la mère aux femmes "attirantes" puis à la femme aimée...on comprend pourquoi il peut être important pour l'homme d'ouvrir le "dialogue" avec son anima car son degré d'autonomie, et donc l'intensité de ses compensations, varie proportionnellement à la distance qui sépare le conscient et l'inconscient
Ainsi un homme fasciné par son Anima tombera sous le joug d'une femme réceptacle de ses projections, projections forcément provisoires rendant donc toute relation de couple vraie et durable impossible.


Pour résumer succinctement, on peut admettre que l'Anima correspond, d'une part, à la capacité relationnelle de l'homme, à ce que l'on pourrait résumer par le monde de l'intériorité, de la réceptivité, des émotions et du « sentiment » et, d'autre part, à l'archétype du Féminin avec son côté dur, impersonnel, séducteur et fascinant, que ce soit sous son aspect positif comme dispensatrice d'éros et de vie ou sous celui destructeur et mortifère de femme fatale.
En effet, il est important de rappeler que comme tout archétype (voir ici) , l'Anima joue sur deux rôles opposés dans le psychisme (Déesse/Femme profane, Maman/Putain, Vénus/Femme fatale, etc).

La confrontation avec l'Anima permet l'intégration de leurs contenus, le retrait des projections (et l'acquisition de la libido à la conscience)...bien évidemment, ceci est une formule théorique qui, en réalité, comme tout labeur sur le chemin de l'individuation, implique un dur travail, des remises en question perpétuelles, des sacrifices terribles...bref, ce n'est pas une partie de plaisir ! 
Mais, au bout du chemin, l'Anima retrouve sa nature première : une fonction psychique de communication avec l'inconscient. Jung, Dialectique du Moi et de l'insconscient :
"....C'est parce que nous ne les utilisons pas consciemment et intentionnellement comme fonctions que l'anima et l animus sont encore des complexes personnifiés. Aussi longtemps qu'ils se trouvent dans cet état, ils doivent être reconnus et acceptés en tant que personnalités parcellaires relative­ment indépendantes. Ils ne peuvent pas s'intégrer au conscient tant que leurs contenus sont ignorés de celui-ci. La confrontation doit amener leurs contenus au grand jour, et ce n'est que lorsque ce travail aura suffisamment progressé, ce n'est que lorsque le cons­cient aura acquis une connaissance suffisante des pro­cessus de l'inconscient qui s'expriment et se reflètent dans l1'anima que celle-ci pourra être ressentie comme une simple fonction..."

Pour conclure ce long billet (et pourtant, je ne fais qu'effleurer ce sujet inépuisable), j'exposerais un dernier fait simple mais qui m'a longtemps posé question : en tant qu'archétype de l'inconscient collectif, l'Anima est aussi présent dans l'inconscient de la femme !
Evidemment, il n'agit pas selon des mêmes modalités d'opposition au conscient mais plutôt comme l'empreinte d'un fémini éternel. Et de ce Féminin archétypique émanent les dispositions fonctionnelles propres à la nature féminine. De la même manière, il est porté au début par la mère ou grand-mère...suscitant parfois une fascination réciproque en chaîne où amour et haine sont imbriqués....mais c'est un tout autre sujet.

Je traiterai bientôt l'archétype sexuel masculin, l'Animus, très distinct de l'Anima et qui mérite un billet indépendant.

Sommaire "Archétype" (Cliquer pour y parvenir)

lundi 1 août 2011

Christian Bobin


J'aimerais vous parler de ce poète et écrivain, qui fait peu de bruit et pourtant draine beaucoup de lecteurs, séduits par sa plume vive et lumineuse. Il m'a réconcilié avec la poésie au sens large, qui ne réside pas (seulement) dans des vers ou de belles métaphores, mais génère des mots qui percutent le coeur et l'âme. C'est à la suite d'une interview dans un mensuel que je l'ai découvert et surtout son approche fantastique de la vie et sa bonhomie, qui m'ont totalement bouleversées. 



En apprenant à le découvrir, j'ai appris qu'il vivait dans une maison confortable mais simple dans son village natal du centre de la France, à la campagne comme on dit, retiré volontairement de l'agitation urbaine. Manifestement empreint de foi chrétienne, il en parle avec humanisme, générosité et intelligence qui donneraient envie de redécouvrir les textes sacrés pour qui les aurait oublié...son parcours en tant qu'étudiant en philosophie, bibliothécaire, rédacteur de revue et infirmier psychiatrique semble lui avoir donné une conviction inébranlable dans le genre humain, pour lequel il écrit avec tact, en particulier des enfants et de leur joie lumineuse et éternelle...bref, j'incite tout un chacun à découvrir son oeuvre. Probablement est il plus facile de commencer par ses ouvrages plus proches du roman comme Louise amour ou la part manquante....





Quelques extraits

"Tout le mal dans cette vie provient d'un défaut d'attention à ce qu'elle a de faible et d'éphémère."

"Pour qu'une chose soit vraie il faut qu'en plus d'être vraie elle entre dans notre vie."

"La vie est à elle-même son propre sens, pour peu qu'elle soit vivante." 

"Ce qui ne peut danser au bord des lèvres, s'en va hurler au fond de l'âme".

"Personne ne peut tenir la vérité près de soi, fût-ce dans le cachot d'une formule. La vérité, on ne peut l'avoir, seulement la vivre."