mardi 31 décembre 2013

Le petit ver...de tous les possibles !

Connaissez vous le planaire ?
C'est un petit ver plat qui vit dans l'eau douce et n'aurait probablement pas sa place ici s'il ne possédait pas quelques spécificités bien déroutantes; de récentes découvertes à son sujet, que je vais vous décrire, ont même ouvert des horizons insoupçonnés qui pourrait bien conduire à une conclusion sur une hypothèse de Jung (entre autre) : la psyché n'est pas seulement localisée dans le cerveau !

Le planaire
Ce petit animal de quelques cm de long est beaucoup utilisé en science expérimentale pour deux raisonbs principales :
  • bien que peu évolué, possédant une vue médiocre, il est sensible à de nombreux paramètres (températures, vibrations, chimie, etc) qui permettent d'interragir sur son confort et ses préférences,
  • il a la particularité de pouvoir totalement régénérer son corps, même à partir d'un fragment très petit, à partir des fameuses cellules souches, les néoblastes (on devine d'ailleurs dans quelle voie d'usage on les utilise, la médecine réparatrice)
L'expérience...en deux temps
1959 : Le biologiste James McConnell tente de découvrir la "dynamique de la mémoire" (la non localisation spécifique en quelque sorte) et ses premières conclusions sont positives mais trop peu reproductives et surtout, très critiquées à une époque où la neurologie était secondaire.

Juillet 2013 : Une équipe de chercheur américaine parvient à la même conclusion, avec des données reproductibles et incontestables.


Protocole
  1. On crée une mémoire, artificiellement, aux planaires : le ver, qui fuit la lumière et préfère les surfaces lisses, doit aller sur une surface rugueuse et éclairée pour se nourrir,
  2. La mémorisation est vérifiée quotidiennement durant 15 jours, temps de régénaration de la tête,
  3. On décapite les vers et on attend 15 jours que la tête se régénère,
  4. On les nourrit, toujours exclusivement dans la zone éclairée à surface rugueuse et, le miracle se produit, la mémoire est conservée, les vers regagnent la zone spontanément pour se nourrir.
Conclusions
  • Confirmation d'une hypothèse déjà ancienne, la mémoire ne se niche pas exclusivement dans le cerveau. Pour l'anecdote, bien qu'il n'y ait pas encore de certitudes scientifiques, la piste des celulles souches et de l'ADN comme malle à souvenir est évoquée,
  • Le premier des corollaires est que, si la mémoire, élément structurant de la conscience, n'est pas localisée dans le cerveau, la conscience, et de là, la psyché en général possède une source non cérébrale,
  • Si la mémoire d'un homme peut se perpétuer en dehors du cerveau, que l'on reste sur une hypothèse physique (comme l'ADN) ou non (hors du corps physique), on est en droit de poser l'hypothèse d'une mémoire de l'homme, appelée inconscient collectif par Jung...

Lien sur l'expérience, pour anglophone.

mardi 17 décembre 2013

Le torrent...

"...L'homme de 37 ans, père de deux enfants, comparaît aujourd'hui devant la cour d'assise pour le meurtre et le viol de cette fillette de 8 ans, mais tout de suite, la météo du jour, il va faire frisquet Louis apparemment..."

"...Merci Marie, en effet, ce débat autour de l'euthanasie est loin d'être aisé et suscite beaucoup de réactions, mais n'oubliez pas que durant toute la journée, Jeff de Bruges vous offre des ballotins de Noël, petits veinards..."

Est ce que quelque chose vous choque ?
Il n'y a pourtant pas de raison, apparemment, puisque, à quelques mots près, voici très précisément ce que j'ai entendu ce matin à la radio, RTL, donc de très grande audience, en l'espace de quelques minutes.

Saviez vous qu'à notre époque, un individu normalement "connecté" reçoit, en une seule journée, autant d'informations qu'une personne au 18ème siècle recevait durant toute sa vie ?
Me revient à l'esprit ce terme, inventé par Louis Claude de Saint Martin (voir ici ou ) d'homme de torrent, pour qualifier celui qui se laisse porter par les courants tumultueux et incessants des sollicitations externes, souvent sociétales, entretenant l'individu dans une appétence matérielle toujours renouvelée, jamais assouvie...la société que j'ai entraperçu ce matin, nourrit jusqu'à écœurement l'homme de torrent.

Je me suis rappelé, ce matin, cette défiance terrible que nourrissait Jung pour le collectif qui broie l'individu ou, pire, empêche son plein développement...

Mais, si jamais l'homme s'arrête un instant, accepte de contempler le torrent qui l'entraîne et, surtout,  ne tente pas de lutter contre, probablement entendra t'il ce petit murmure, ce souffle, spiritus, venant de l'intérieur, tuant soudain les désirs pour ne laisser la place qu'au Désir (encore une jolie expression de Saint Martin que cet homme de Désir).

jeudi 12 décembre 2013

Jung et Pauli - Archétype et science

Le lien d'amitié entre le physicien Pauli et Jung est connu. Mais qui connait Pauli ?

Un surdoué des mathématiques, contemporain de Einstein dont il publiera la première synthèse des travaux, collaborant ensuite avec le père de la physique quantique et laissant derrière lui plusieurs définitions majeures de la physique des particules.

La rencontre avec Jung fut liée à un mal être persistant de Pauli, hanté par des séries de rêves récurrents et, plus grave, sujet à un alcoolisme qui devenait handicapant au quotidien. L'analyse qui, on peut le déduire car je n'ai pas trouvé trace de cela, le guérit, aboutit également à une amitié entre les deux hommes.
Mais leur relation épistolaire et leurs travaux communs sur la synchronicité trouvent leur source ailleurs...Pauli connut des déboires répétés lors de ses expérimentations avec des machines et les défaillances se produisaient systématiquement quand il s'approchait. Il nomma même ce phénomène, "effet Pauli". Cette simple considération le décrédibilisa à l'époque aux yeux de certains de ses collègues, ce qu'il ne comprit et n'accepta pas et le rapprocha un peu plus de Jung, dont on connait l'ouverture d'esprit.

Jung et Pauli sont les deux poles du pont qui marque l'union de la matière et de l'esprit.




Voici ce qu'il écrivit au sujet des archétypes :

"Le processus de compréhension de la Nature, uni au plaisir que l’homme ressent lorsqu’il comprend, cela paraît, du fait de se familiariser à de nouvelles connaissances, reposer sur une correspondance, sur un ajustement ayant un rapport logique entre des images internes préexistantes dans l’Ame humaine et les objets extérieurs et son mode de comportement. Cette conception du savoir naturel remonte bien entendu à Platon, et fut aussi pleinement adoptée par Kepler. Ce dernier parle en effet d’idées préexistantes dans le mental divin et imprimées dans l’Ame humaine, comme des images provenant de Dieu.
Ces images originelles que l’Ame peut percevoir par moyen d’un instinct inné, Kepler les appelle archétypes. Cela concorde dans une grande mesure avec les images ou archétypes primordiaux introduits dans la Psychologie par C. G. Jung, qui fonctionnaient comme patrons instinctifs d’idéation. A ce niveau, le lieu des concepts nets est assumé par des images au contenu fortement émotionnel, qui ne sont pas des pensées mais des représentations picturales, comme si nous disions qu’elles s’offrent aux yeux du mental. Dans la mesure où ces images sont l’expression de réalités entrevues mais encore inconnues, elles peuvent aussi recevoir le nom de symboliques, selon la définition de symbolique proposée par Jung. En tant qu’agents ordonnateurs et adaptateurs de ce monde d’images symboliques, les archétypes fonctionnent, de fait, comme le pont désiré entre les perceptions sensibles et les idées, et constituent par conséquent une condition préliminaire indispensable pour le surgissement d’une théorie scientifique.