samedi 29 septembre 2012

Dead can dance (2) - Concert au Grand Rex

Voici le retour de la musique avec un groupe qui m'est cher et qui suit le sentier de mes introspections depuis un peu plus de 30 ans, Dead can dance (voir la présentation ici )...j'ai eu la chance d'assister à leur troisième concert français, donné au Grand Rex jeudi dernier. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que deux jours plus tard, leur concert était visible sur les plateformes de videos et ce, de plusieurs sources différentes...et bien, profitons alors de ces petits moments de partage sélectionnés par mes soins.







Cette dernière de piètre qualité mais qui m'a touché car faisant référence au décès d'un proche du chanteur...



lundi 24 septembre 2012

Global Consciousness Project


Ce billet est en écho direct avec celui sur De Chardin (voir ici ), notamment concernant le concept de noosphère qui y était évoqué. J'aimerais vous parler d'un projet particulier qui soulève un certain nombre de polémiques dans le milieu scientifique, le Global Consciousness Project (ou GCP).
Ou comment mettre en évidence ce lien subtil qui unit le genre humain, je pense que Jung aurait adoré l'expérience, lui qui la tenta à plusieurs reprises si malheureusement et avec les maigres moyens techniques de l'époque...

A quoi cela sert il ?
L’objectif premier est d'étudier « les corrélations subtiles qui reflètent la présence et l’activité de la conscience à l’échelle du monde ».  En termes simples, tenter de vérifier, de manière scientifique, qu'il existe un champ collectif de conscience humaine, que De Chardin désignait sous le terme de noosphère
Petite remarque, le projet mentionne une conscience collective mais puisqu'elle échappe à l'esprit humain et à l'individu en particulier, ne sommes nous pas dans la face cachée de la conscience, c'est à dire l'inconscient ? Et, plus clairement, le projet touchant l'échelle de l'humanité, ne sommes nous pas sur le territoire de ce que Jung nommait l'inconscient collectif ?

Qui ?

L'histoire débute dans la prestigieuse école américaine de Princeton, sous l'égide d'un spécialiste de la physique des particules, Robert Jahn, passionné également de parapsychologie, qui tenta les premiers essais avec des étudiants et fut très surpris de constater que des résultats normalement aléatoires semblaient influencés...Roger Nelson, toujours de Princeton mais cette fois spécialiste de psychologie cognitive, a dirigé l'ouverture de ce projet en septembre 1997.




Comment cela fonctionne t'il ?
Pour faire au plus simple, voici le principe :
- 65 "générateurs de nombres aléatoires" (GNA) répartis dans le monde entier envoient, à chaque seconde, 200 nombres binaires (0 ou 1),
- Sur un plan statistique et sur une échelle de masse (beaucoup de données), on devrait obtenir 50% de 0 et 50% de 1,
- Les constats depuis 1997 permettent de révéler des fluctuations, parfois importantes, dans les tendances statistiques,
- Un recensement des évènements mondiaux "remarquables" est fait pour tenter d'établir une corrélation avec les écarts statistiques anormaux.

Localisation des "GNA"

Des résultats
Délicat de se prononcer définitivement car les résultats sont évidemment sujets à polémique et les écarts sur des milliards de données ne sont pas systématiquement liés à un évènement...de plus, si l'on prend le cas marquant du 11 septembre 2001, des écarts importants sont révélés par l'équipe du GCP...mais remis en cause par une autre équipe indépendante (la polémique se situe sur le choix des GNA).
Il n'empêche qu'il ne faut pas perdre à l'esprit qu'un écart statistique notable (beaucoup plus de 1 que de 0 par exemple) n'a qu'une chance infime de se produire "naturellement" (en général moins de 1 chance sur 100 000).
La mort de Diana, de mère Thérésa, le tsunami de 2004, l'élection d'Obama, le printemps arabe sont des exemples d'évènements ayant une corrélation avec des écarts...

Ci-dessus, le pic au moment du 11 septembre 2001 avec un fait troublant : les écarts se sont révélés 4 heures avant la chute du premier avion.

Que chacun construise son propre avis, je trouve néanmoins courageux qu'un institut de notoriété mondiale ait pu dégager des fonds et des hommes pour une recherche que beaucoup considérerait comme marginal et non rentable...

Site officiel :

lundi 17 septembre 2012

Livre rouge (8) - Le texte en format poche !



Je découvre cette édition (Les Arènes) qui doit probablement exister depuis quelque temps...il s'agit du format poche de l'énorme opus jungien, qui contient le texte de la version complète. 
Je me doute que la consultation de ce "petit" ouvrage (650 pages tout de même) ne procurera pas l'effet de saisissement qui m'a traversé face à ces dessins fascinants, ces couleurs éclatantes, le grain particulier de la feuille et le format hors norme, de l'original...mais pour qui veut plonger dans l'intimité la plus extrême (et brutale) du père de la psychologie des profondeurs, c'est une aubaine à moins de 30 euros (au lieu de 200 pour l'original).
Accessible dans toute bonne libraire, virtuelle ou non, l'information est transmise.

Février 2013 : A cette heure, la majorité des exemplaires de la première édition est épuisée...et les spéculations font envoler les prix, gageons qu'une deuxième édition va arriver rapidement.

samedi 8 septembre 2012

Livre rouge (7) - Le contenu

Septembre, mois de toutes les reprises, voici donc la période propice pour mobiliser les énergies...afin d'assurer la transition vers de nouvelles lignes en cours de préparation, j'ai choisi la voie de la facilité en proposant un petit travail exposé sur le blog de mon amie Ariaga ( Laboratoire du Rêve et de l'Alchimie ). Facilité guidée aussi par une discussion en cours sur le forum.
Je tentais d'évoquer mon ressenti sur le parcours général du fameux Livre Rouge, version française...voici donc une copie 


Photo Ariaga, p. 119 du Livre Rouge de C.G.JUNG
Chère Ariaga,

Ayant succinctement parcouru les écrits de l’ouvrage, tu m’avais demandé, durant ta récente convalescence, mon ressenti. Je suis bien loin d’avoir tout appréhendé et je ne pense pas en avoir jamais l’ambition. Je dois t’avouer qu’un constat pointe : ce livre peut être abordé de deux façons radicalement différentes
Comme nous l’avons fait tous les deux au début, se contenter de l’ouvrir, admirer, laisser venir et parler les forces symboliques des dessins, de la texture du papier, des lettres gothiques ... et se les attribuer. Ou alors, se plonger dans l’écrit, activer la fonction pensée et tenter de comprendre la plongée dans l’âme de Jung … qui devient alors seul maître à bord.
Use, amie Ariaga, le plus longuement possible de l’esprit de découverte avant de passer à un approfondissement car j’ai peur que la marche arrière ne soit pas possible.


Liber primus
Ce qui m’a frappé de prime abord, c’est le fantôme apparent d’une première version. En effet, Jung avait entamé le travail de mise en forme de ses cahiers noirs sur un premier ouvrage dont les dimensions ne convenaient pas…et, soigneusement, il a collé chaque page sur la mouture finale, comme un symbole de ces éternels retours en arrière sur le chemin de l’individuation.

Je n’ai pas pu m’empêcher de " voir " Carl, regard concentré, langue sortie, appliqué à faire ses collages (je sais, j’adore les clichés).
La vision prophétique de « la marée terrifiante », augurant l’arrivée future de la première guerre mondiale m’a particulièrement touchée. J’avais alors le sentiment de découvrir l’âme élevée de Jung, sensible à une « infection psychique » par l’inconscient collectif.
Au cours de ma première lecture, le couple mystérieux Elie et Salomé a résonné au fond de moi...m’interpelant, me questionnant et le rôle de Salomé, femme séductrice et aveugle m’intriguait particulièrement. Et pour cause, c’est l’expression de l’anima qui ne peut que résonner en chaque homme. Cette figure mystérieuse bouscule Jung, le pousse à l'expérience du non mental...exercice totalement contre nature pour lui et qui le force à aller vers sa souffrance.

Liber secundus
Voici l’heure d’Izdubar, colossal et puissant (saisissant est le mot parfaitement adapté) … mais anéanti par le poison du mental si ancré chez Jung ; la raison tue le numinosum. Le géant divin est alors réduit à l’état d’un œuf que Jung garde sur lui, croyant le contrôler. Le contrôler car il ne peut pas s’en passer, il l’aime ! (Je crois que des enjeux énormes sont placés dans cet œuf et je creuserai probablement la question dans les prochains mois)
Même à l’état embryonnaire, sa force submerge Jung qui doit lui redonner vie…mais personne ne peut donner naissance à un Dieu. Carl passera à cette période, comme le raconte dans Ma vie, très près de la folie.

Philémon arrive alors, comme pour le sauver. Jung en parle ainsi : « …la fusion du sens et du non-sens, qui produit la signification suprême… ». C’est une image du Soi, du Dieu en lui. Naturellement, Jung va passer par une phase de fusion très déroutante pour le lecteur où il écrit comme étant représentant de Dieu... Finalement, il va donner " corps " à ce vieux sage à travers la réalisation d'un superbe dessin détaillé. Ce travail va lui permettre de l'objectiver et ainsi de s'en différencier.

Salomé réapparait, guérie et souhaitant de nouveau lui imposer sa présence. Jung refuse, poussé par une peur viscérale ... combien j’ai été troublé de lire ce Jung de fonction psychologique dominante "pensée" tellement effrayé par son anima, porteuse du "sentiment" (à l'opposé de la pensée). Ces puissances vitales sont bien capables de ramener un brillant chercheur à l’état de petit enfant !

Epreuves
Cette partie n'existe pas dans la version du Livre Rouge original mais a été insérée par l’éditeur ce qui me semble cohérent.
Je retiendrais deux choses : Le fameux Sermon aux morts où Jung, pour reprendre ses propres mots, « a découvert les couches pré-personnelles en lui, formant une sorte de prélude à ce qu’il avait à communiquer au monde sur l’inconscient » et puis cette phrase « Par l’union avec le soi, nous atteignons le Dieu » … pas Dieu, ni un Dieu mais LE Dieu.

Si je devais, amie, résumer ma perception du Livre rouge, je parlerais d’un chemin de souffrance et d’amour purifié.