samedi 31 juillet 2021

Jung et l'alchimie - Gérard Dorn


Figuration des 3 phases de l'alchimie - Œuvre au noir, au blanc, au rouge

L'heure est à l'alchimie, en témoignent les instructifs billets du blog de notre amie Ariaga sur le pavé Psychologie et alchimie de Jung (Voir ici notamment ).
L'histoire qui mena notre psychologue zurichois à étudier de très près cet "art royal" mérite un article entier, mais il convient d'évoquer le personnage qui l'y a mené  et qui est abondamment mentionné dans son opus Mysterium conjonctionis (VI, La conjonction) : Gérard Dorn.

Biographie succincte

D'origine belge et mort en Allemagne, autour de 1584 à 54 ans, on a peu de trace historique sur la vie de cet homme de la renaissance. Son œuvre et, surtout, son influence sur l'art de l'alchimie, traversèrent les siècles,  Probablement l'un des premiers promoteurs du grand Paracelse (1493-1541), et contribua, par ses traductions, à la diffusion de la pensée paracelsienne dans les pays non germanophones. Il rédigera même des réponses aux accusations d'hérésie portées sur son Maître, témoignant de son profond attachement.
C'est par l'intermédiaire d'un autre disciple de Paracelse, Adam Bodenstein (1528-1577) -inconnu de la postérité car n'ayant jamais publié sous son nom- chez qui il étudia dans sa jeunesse, que sa vocation alchimique prit racine.

Pensée et philosophie

Au risque de l'approximation, tentons d'être concis.
S'il fut ardent défenseur de Paracelse, c'est principalement l'intégration des "valeurs christiques" dans le travail alchimique qui intéressa Dorn.
Sur ce principe qu'il place au-dessus des autres,  il portait, assez naturellement, un regard critique sur le travail en laboratoire le jugeant même inefficace sans un travail intérieur préalable menant à la disposition du véritable adepte. Ainsi, il fut le précurseur de ce que l'on nomma ensuite "l'alchimie spirituelle", cette quête intérieure qu'il définissait non pas comme la rédemption de Dieu en l'homme mais comme la rédemption de Dieu par l'homme.
Propos éminemment hérétiques pour l'époque. 
Cette proposition est évidemment des plus pertinentes dans le cadre de la pensée de Jung. 

Eléazar, maître de Flamel

Dorn et Jung

Lors de son voyage en Inde, en 1936, Jung frôla la mort à cause d'une dysenterie sévère et fit, dans un état comateux, une série de rêves et de crises délirantes ayant pour thème le Saint Graal. Cette période marqua définitivement un tournant dans son approche du Soi et de l'individuation.
Infatigable chercher, travailleur acharné, Jung avait emmené dans ses bagages, presque par curiosité, le Theatrum Chemicum, plus important recueil d'alchimie de Gérard Dorn. 

Cet ouvrage fut à l'origine d'une étape décisive dans l'orientation de Jung,  et c'est probablement le plus mentionné dans toutes ses études sur l'alchimie.

La voie royale

Comme figuré symboliquement sur l'image de Eléazar au dessus, il existe deux voies principales de "réalisation alchimique", la voie humide, lente, plus sure, constituées de distillations successives et la voie sèche, rapide, plus périlleuse, à base de bave de dragon, sel igné, feux mercuriels.
Jung s'intéressera à la proposition d'une "nouvelle voie", initiée par Dorn, la voie royale, s'appuyant sur les principes fondamentaux des deux autres mais centrant "l'opératif" au sein de la psyché humaine, lieu de rencontre et d'union de la matière et de l'esprit.
Il est important de noter que le concept d'Unus Mundus (monde sous-jacent et unifiant esprit et matière) créé par Dorn, sera repris par Jung, objet d'échanges épistolaires passionnants et passionnés avec Wolfgang Pauli (1900-1958), l'un des pères fondateurs de la physique quantique.

"De pierres mortes, transformez-vous en pierres philosophales vivantes. "
Theatrum chemicum, Gérard Dorn, 1602


vendredi 28 mai 2021

Jung et la solitude


Dans cet extrait, encore une fois, Jung écrit à "mot couvert" et, probablement, ne souhaite t'il pas en "exprimer trop" sur le sujet...celui qui saisit les principes de Vie, qui les reçoit et expérimente, singulièrement, franchit le seuil de l'indicible.
La solitude inhérente à l'IN (UN)-dividuation est bien en lien avec la co-nnaissance que chacun doit faire émerger personnellement.
"Enfant, je me sentais solitaire, et je le suis encore aujourd’hui, car je sais et dois mentionner des choses que les autres, à ce qu’il semble, ne connaissent pas ou ne veulent pas connaître.
La solitude ne naît point de ce que l’on n’est pas entouré d’êtres, mais bien plus de ce que l’on ne peut leur communiquer les choses qui vous paraissent importantes, ou de ce que l’on trouve valables des pensées qui semblent improbables aux autres.
Ma solitude commença avec l’expérience vécue de mes rêves précoces et atteignit son apogée à l’époque où je me confrontais avec l’inconscient. Quand un homme en sait plus long que les autres, il devient solitaire.
Mais la solitude n’est pas nécessairement en opposition à la communauté, car nul ne ressent plus profondément la communauté que le solitaire ; et la communauté ne fleurit que là où chacun se rappelle sa nature et ne s’identifie pas aux autres."
Extrait de Ma vie

mercredi 19 mai 2021

La solitude partagée...

Dans ce que j’appellerais ma quête de sens, de vérité intérieure, la recherche de mon mythe personnel selon Jung, j'ai eu la chance de croiser des personnes animées par le même "feu". 
Certains ont cheminé avec moi puis disparu, d'autres sont devenus des amis. Tous ont contribué à qui je suis aujourd'hui, et je pense pouvoir affirmer que tous vivent dans une certaine solitude assumée...solitude inhérente à cette recherche du rapport singulier à la Vie. 
J'ai fini par définir le lien, aussi fort qu'intime, qui unit nos solitudes, une affinité élective.

Cette quête défait, très naturellement, tout ce qui n'obéit pas au domaine de l'authenticité. 
Consensus, compromis, conventions de toutes sortes s'effondrent...
Il ne s'agit pas d'anarchie mais, bien au contraire, d'une "mise en ordre".

Lorsque l'on refuse de croire les apparences, d'adhérer aux pensées dominantes, de se soumettre à la doxa, deux "mouvements contradictoires" s'imposent alors à nous : 
1- La sensation d'une plénitude, d'une satisfaction intérieure, d'une réponse (provisoire ?) acquise. Un autre regard sur le monde et les autres s'édifie.
2- Simultanément, surgissent une hostilité voire un rejet de certaines personnes, parfois même proches ou "amis". Processus notoire, l'inconnu et l'incompréhension réveillent l'instinct de division et de séparation.


Ce chemin, cet engagement de vie, ne doit pourtant pas conduire à une indifférence face au "groupe", écueil fréquent, menant soit à un isolement mortifère (seul contre le monde) soit à une inflation égotique (seul digne de ce monde). 
S'il convient de se distancier de la "meute" et de son influence, ce n'est pas pour la condamner. 
Il s'agit d'établir la compréhension véritable de l'autre et de rétablir une communication authentique, expurgée de nos projections. Ce nouveau rapport à l'autre est le fruit de notre propre dialogue intérieur.

Formulé par Jung, démontré par la clinique et éprouvé par ceux qui œuvrent pour leur "accomplissement intérieur", le travail sur la psyché dépasse, finalement, le cadre du patrimoine personnel. 
Se révèle, par miroitements toujours inattendus, une part de l'humanité, un fragment "d'universel éternel", scintillements et reflets de ces fameux archétypes...
Inscrite dans "la hiérarchie naturelle des choses", cette profondeur ne sera touchée qu'une fois atteinte puis dépassée la crainte de l'affrontement de ses ténèbres personnels.
Cette lutte personnelle n'est pourtant jamais aboutie, les premières noirceurs font  toujours place à d'autres. Jung évoque un processus d'individuation, certainement pas une étape ou un stade, mais bien un phénomène dynamique discontinu.
Notre conscience ne se crée pas elle-même… Elle est comme un enfant qui naît quotidiennement du sein maternel de l'inconscient.
Symbolique de l'esprit, p.465
Le courtois comptable réalise soudainement que des pulsions inavouables l'habitent, la gentille vétérinaire découvre au fond d'elle des envies sadiques et morbides qui la bousculent, l'érudit polyglotte est confronté à des besoins d'archaïsme et de sauvagerie.
Pourquoi parfois, en moi, surgit ce qui me bouscule ?


Le jugement est une capacité innée de l'humain. Jung l'a même érigé comme un des quatre constituants de la boussole psychique.
Mais le jugement ne doit jamais devenir condamnation qui est là, un choix personnel.
Quand je juge autrui, je réalise, si la première "ouverture de conscience" est accomplie, que je me juge moi-même. J'abrite les tendances coupables que je suis en train de juger. Qu'il est douloureux mais libérateur d'accepter nos imperfections, nos failles....cette acceptation, si elle est sincère et assumée est une bénédiction !
Le contraire,  s'idéaliser soi-même, idéaliser son clan ou sa nation, a pour conséquence de rejeter le mal sur l'extérieur. 
"L'ennemi est tellement bête, qu'il croit que c'est nous, l'ennemi" Desproges.
Accepter l'autre dans sa différence, c'est se libérer des projections et accéder à la plus belle faculté de l'âme, l'altérité (voir ici).

Graduellement, un autre monde s'offre à nous...non, plus précisément, nous accueillons une autre vision du monde. 

Nous accepter dans notre "caractère d'imperfection" (au regard de la totalité de notre être qui nous attend) aide alors à accepter les obstacles et échecs dans notre vie. Ils deviennent de véritables opportunités pour la transformation intérieure; ils nous poussent à l'humilité et au lâcher-prise.

La vraie souffrance naît de notre résistance au changement, pas de nos échecs

« Dans l’obstacle se trouve le chemin » 



Maj du billet du 20/01/2012

jeudi 15 avril 2021

Exister ou Vivre ?

De la crise sanitaire à la crise existentielle


Un cri !

Un cri du corps, du cœur, de l’âme, de l’être qui refuse, parfois envers et contre tous, de vivre dans la société qu’il voit se dessiner.
Un cri à s’en époumoner, contre les conséquences évitables d’une pandémie de virus respiratoire.
Un cri pour soulager le poids imposé par un monde en fin de cycle.
Un cri pour se prouver, et montrer aux autres, que l’on est bien là, présent, jamais résigné !

Plus que jamais, il faut préserver l’Un-dividu.

Ici et maintenant s'impose la conquête d’une indépendance de pensée, d’une capacité de jugement, du maintien d’un esprit critique, autrement formulé, dans une période d’hypermédiatisation alarmiste, la survie de notre identité commence par la qualité de réception et de traitement des informations auxquelles nous avons accès (excès).

Nulle envie de condamner les politiques, d’évaluer la pertinence, voire la légitimité, des mesures imposées à la population. 
Le temps, imperturbable juge, s’en chargera.

Il est vital, « essen-ciel », de témoigner des dérives graves et profondes de notre rapport à la vie, dépassant, de très loin, le contexte sanitaire, qui entachent la dignité de l’homme, qui entravent sa condition d’existence…

Témoigner pour agir, individuellement et ensemble !


Au fin fond de la caverne de Platon.

Les courbes, les chiffres, les interprétations, les conclusions, parfois contradictoires, toujours mouvants, s’amoncellent au seuil de notre raison qui vacille.

  • Déposséder de l’esprit de famille, des générations en collision.
On nous impose un isolement des aînés, les mères doivent accoucher seules, les divorces accroissent. 
Le discours de la doxa, les clips de « propagande officielle » opposent les générations les unes aux autres, rendant les jeunes responsables des plus âgés, les plus âgés, la cause des mesures imposées à tous…les fondements qui tissent une société sont transgressés.
  • Une société exsangue.
Les commerces et entreprises ne survivent, quand ils survivent, que par perfusion d’aides coulant à flot. Aides qui, n’en doutons pas, ne sont qu’une hypothèque qui basculera en dettes sur la tête de nos générations futures.
La précarité n’a jamais été aussi forte que depuis l’après-guerre.
Les personnes les plus vulnérables sont soumis à un isolement dont on connait les dégâts, notamment psychologiques.
Les dépressions augmentent en flèche (les « spécialistes » nous rassurent, par « effet de sidération », les suicides ne suivent pas cette inflexion, mais combien de temps reste t’on sidéré ?). 
  • Une liberté restreinte.
Il faut nous délivrer (sic) des autorisations pour justifier nos déplacements…sous peine d’amende dissuasive.
Le couvre-feu, que nous n’avions pas connu depuis les heures sombres de la guerre, est de retour.
Le gouvernement régit les distances que l’on peut parcourir, les temps de sorties, etc.
Le « passeport vaccinal » n’est plus une spéculation, le spectre du traçage des citoyens se densifie chaque jour…
  • Une dignité bafouée.
On règlemente et contraint la manière dont nous « pouvons » traiter nos propres morts, de l’accompagnement vers « l’autre rive » jusqu’à leur mise en terre.
Ce qui est essentiel à nos besoins et ce qui ne l’est pas sont désormais définis par un « conseil de guerre ».
Le droit au cinéma, au théâtre, à la culture, aux sorties entre amis, en famille, nous est retiré, celui de travailler, maintenu.
Le couple « médiatico-politique » nous assène (assomme) des rappels sur nos responsabilités, au rythme et à la manière des tétés de bébés de quelques mois.

Toutes ces mesures ne sont prises que pour lutter contre ce mal invisible qui rode…Encore faut-il identifier le véritable mal qui se réveille.

Hébété, saoulé, aliéné...
Assiégé, cadenassé, résigné…
Angoissé, égaré, terrorisé…

Si l’enfer flirte avec un état d'inhumanité, de barbarie, de bêtise, qu'il nous condamne à aller vers le pire à cause de la gravité de nos propres errements, nous y sommes de plain-pied !


De quelle crise parle-t-on ?

Sans être grand clerc, il est aisé de comprendre que la crise a révélé, de la manière la plus cruelle qui soit, les carences générées par les politiques de ces dernières décennies. Alors oui, pour pallier les soucis d’un système hospitalier dévitalisé qui n’a plus la capacité de gérer des flux de malades, les mesures qu’on connait se sont imposées !

Ce constat établi, on peut, très facilement, comprendre pourquoi il n’est pas nécessaire de soutenir des décisions incontournables par de solides démonstrations scientifiques., d’autant plus quand la majorité des pays font des choix similaires pour des raisons semblables (Et par manque de courage politique. Les quelques pays s’étant marginalisés dans leur choix devinrent proies idéales pour le journalisme indigent du XXIe siècle).

Et ce n’est pas une population angoissée, contenue par une peur de la mort, qui réagira…des morts au nombre égrené quotidiennement, puis du nombre des réanimations, des hospitalisations, pour enfin arriver sur le seul indicateur d’alerte, celui des cas positifs (une première dans l’histoire des épidémies), après avoir, assez logiquement (selon une logique prédéfinie, disons), imposé un dépistage massif et systématique. Que la plupart des études démontrent que ces tests ne sont utiles (sous réserves de certaines précautions) qu’en cas de symptômes avérés n’est qu’un détail au regard des approximations scientifiques de l’ensemble.

Quelles conséquences directes à ces imprécisions répétées ?

L’émergence du doute, de l’errement, de l’égarement, voie royale à tous les excès et toutes les dérives.

Voici venus les prophètes de l’apocalypse qui nous prévoient les morts, au décuple des chiffres constatés mais qui continuent pourtant d’envahir les plateaux de TV et les « complotistes » (ce mot va bientôt devenir une insulte) dont les théories ne touchent plus le sol. Et encore, ces derniers ont peut-être l’excuse de vouloir se cramponner, « quoi qu’il en coute », à une illusion de sens pour ne pas sombrer dans le chaos délétère ambiant.
Quand la raison est assaillie, étouffée, noyée, ce qui n’est pas raison en l’homme peut prendre le relais pour assumer l’instinct de vie…

Prophète contre complotiste, alarmiste contre « rassuriste », pro / contre vaccin, discipliné contre irresponsable, la société humaine n’a jamais été autant clivée, divisée.

Et c’est précisément dans cette division que le germe de la folie, de l’injustice, de la mort, peut lever.


Cette crise est avant tout une mise à l’épreuve individuelle.

Vouloir préserver la vie, « quoi qu’il en coûte », a entraîné une rupture brutale avec tous les liens de ce qui la fonde, la nourrisse, l’entretienne.
Quelle valeur réelle, objective, a une vie dans les conditions imposées aujourd’hui ?
Ce refus de toute mort, maquillé en ardent désir de vie, est une mort prématurée !

Il parait que toutes ces mesures extrêmes et aveugles n’ont pour seul but que de défendre la vie.
Mais de quelle vie s’agit-il ?
La vie biologique ?
« Quoi qu’il en coûte » ? Méprisant toutes les dimensions autre que l’aspect vital ?
Autrement formulé, au détriment de l’existence, qui est vie avec sens, grandeur, valeurs, animée par les principes de liberté, de dignité, du sacré ?

La politique, l’exercice du pouvoir organisant une société, doit permettre à chacun de vivre ET d’exister librement…
Cesser d’exister pour rester en vie, voici la proposition que les pouvoirs en place tentent pourtant de nous imposer !

Que cela plaise ou pas, il nous faut l’admettre, la communauté humaine semble avoir atteint un seuil d’exigence éthique et spirituel terriblement bas.
Cependant, chacun à la responsabilité de se positionner. Vivre ou exister ?

Ce n’est pas une posture ou un exercice de pensée, c’est une réalité qui s’impose, bon gré mal gré. 
Jung, sans avoir été correctement compris, nommait ces interrogations métaphysiques qui s’imposent à nous, « un destin qui nous rattrape ».


Rester maître de soi.

Ces constats funestes et, en apparence, accablants ne sont pas vains et ne doivent pas être désespérants.
Ce chavirement imposé des valeurs nous questionne, fatalement, directement, et singulièrement.
Cette période de violence psychologique extrême constitue aussi une opportunité.

Le changement profond n’est jamais tranquillité, docile inflexion, il est toujours inscrit dans une impérieuse nécessité, un périlleux rappel à nos priorités intérieures.
Développer la pensée critique, c’est faire en sorte de transformer les éléments de notre subjectivité en objet de la pensée. C’est une perméabilité au monde qui accroit le monde et soi en même temps.
Penser en fonction des ressources propres à l’esprit et non par rapport aux modalités instituées par des appareils de pouvoir.
Qu’importe l’avis des experts de tous bords, les informations officielles, la pensée dominante, écrasante. Il est grand temps que l’on se mette à penser par nous-mêmes, de manière libre.
Ne plus laisser les termes idéologiques et les assertions du pouvoir gagner le siège de la subjectivité mais reconquérir une vision lucide, validée par notre pensée et des sentiments congruents.
La question du sens de la vie pour chaque être humain est étroitement liée à celle de la capacité d’établir des liens.

Lien social qui fonde l’humain...
Lien avec l’autre,...
Lien avec cet « autre » qui sommeille en nous, et qui appelle à la vie dans sa virginale authenticité .

Sortir de la caverne, c’est conquérir la liberté, c’est donner vie à ce qui n’était pas vivant, c’est édifier un sens.

vendredi 29 janvier 2021

L'amour dans l'oeuvre jungienne

Une fois n'est pas coutume, nous souhaiterions apporté un coup de projecteur sur l'association Marie-Louise Von Franz & Carl Gustav Jung

Particulièrement dynamique et multipliant les initiatives malgré la période compliquée, l'association nous propose, pour l'année 2021, un programme ambitieux, une série d'évènements composés de  conférences, d'interludes artistiques, ateliers d'exercices, avec comme thème principal "l'amour dans l’œuvre jungienne".

Lien pour en savoir plus


Jung et l'Amour
Par Reine-Marie Halbout, entretien filmé disponible dès le 12 février 2021 18h00 sur notre Online TV pour une durée de deux mois
Le thème de l’amour considéré comme un des fils conducteurs de l’histoire de la vie et de la pensée de Carl Gustav Jung...

La pulsion du Mariage intérieur
9 avril 2021 à 19h30, par Pierre Trigano
L’archétype du Soi vu sous l'angle du « mariage intérieur », telle une pulsion qui nous traverse et vise à se réaliser au cœur de notre vie psychologique.

Tristan et Yseult : une explication archétypique de nos histoires d'amour
11 juin 2021 à 19h30, par Leonardo Hincapié
Une interprétation originale de la légende médiévale de Tristan et Yseult mise en perspective avec la psychologie analytique...

Journée expérientielle
2 octobre 2021 à 9h30, par Csilla Kemenczei, Chantal Delacotte et Marco Zulian
Première partie : Judas, ou l'Amour et son Ombre. Deuxième partie : Le conte d’« Éros et Psyché » : un atelier d’écriture enchantée...

L’Amour, essence et sens de l’alchimie du « Deux »
Dernier trimestre 2021 (date à préciser), par Carole Sédillot et Matthieu Mares
De la dépendance à la transcendance des principes Féminin et Masculin...

mercredi 27 janvier 2021

Les Cahiers Noirs de Jung


Premier cahier noir de 1913 - Musée Guimet 2011

Octobre 2009, la Foundation of the Works of C.G. Jung, sous la direction de Sonu Shamdasani stupéfiait la communauté des "amis de Jung" en éditant le Livre Rouge.

Octobre 2020, la même équipe nous offre encore une superbe découverte par l'édition en facsimilé des cahiers noirs de Jung.

Anglais pour le moment

Pas d'annonce d'autres traductions, notamment française, à ce jour, mais si on se fie au succès du Livre rouge poussant à la version française, on est en droit d'imaginer des cahiers noirs dans la langue de Molière d'ici un an ou deux.

Nature des cahiers


Comme nous l'avions évoqué lors de billet sur le Livre Rouge, une partie importante du contenu de ces cahiers ont servi pour la rédaction, les faisant qualifier un peu rapidement de "brouillons du Livre Rouge". 

Au moment de la rupture déclarée et "officielle" avec Freud, en novembre 1913, Jung reprend son Cahier Noir, qui en fait est un cahier en cuir marron, dans lequel bien des années avant il avait l’habitude de noter ses rêves mais qu’il avait mis de côté en 1902 au moment de ses fiançailles avec Emma. Il reprend alors le dernier Cahier et commence par noter ses pensées, ses images, ou bien ses états d’esprit sous forme de métaphores. Il écrit aussi ses rêves et il essaie de les analyser.

3 ans plus tard, en 1916, il commencera à rédiger son Livre Rouge, y apportant dessins, symboles, calligraphie.

Pour autant, il n'abandonna pas ses cahiers noirs et en remplit plusieurs au fil des décennies (du 12 novembre 1912 jusqu'au 15 décembre 1932).


Présentation sur l'Espace Francophone Jungien

En attendant un billet plus fourni une fois la lecture avancée, vous trouverez sur ce lien une présentation un peu plus complète de l'édition.

 

 

mercredi 2 décembre 2020

La personne humaine dans l'oeuvre de Jung - Didier LAFARGUE

Dans l'horizon si riche et varié des ouvrages sur ou autour de Jung, sa pensée, son œuvre, sa psychologie, voici un double ouvrage, ou plutôt, deux tomes bien distincts d'un projet, en apparence, ambitieux, au titre évocateur, celui de replacer la personne humaine dans l’œuvre...

N'ayant pas encore pu lire attentivement les deux volumes, et en attendant une recension, voici un bref aperçu à travers le résumé de l'éditeur et les sommaires.

 

 

Tome 1 - Lien vers l'éditeur 

Le but de l’auteur n’est pas de présenter une biographie détaillée du personnage, ou une étude scientifique de ses conceptions psychanalytiques. C’est de répondre à une soif de connaissances et d’interrogations concernant la pensée philosophique de Jung, une vision du monde indispensable plus que jamais, un élargissement de la conscience de chacun.

Introduction

Enfance de Jung et première appréhension du monde
Entrée dans la vie professionnelle et découverte de la psychanalyse.
Les voyages de Jung
Apothéose de l'œuvre 

L'homme, un être individuel

Valeur de l'individu chez Jung

Sens de la personne humaine
Influences philosophiques
Conscience et inconscient
L'inconscient avant Freud
Freud et l'inconscient
L'inconscient dans l'œuvre de Jung

Éveil de la personnalité

Unité de la personne humaine
Union de l'âme et du corps
Assumer les différents âges de la vie
Maîtriser le temps
Éloge de la simplicité

L'homme et le monde extérieur

Caractère humain de l'environnement
Les relations humaines
Le dualisme de l'introversion et de l'extraversion
Animus et anima
Le cœur, foyer de la personne humaine

L'homme en lutte avec lui-même

L'homme et le monde primitif

Persistance d'une nature primitive chez l'homme civilise
Puissance du mana
Sens des superstitions
Intelligence des proverbes
Évolution de la conscience humaine
Influence persistante de l'inconscient dans le monde civilise
Confrontation des races et scission avec l'inconscient
Le cas américain
Un peuple de pionniers
Spiritisme et Science chrétienne
Un certain déracinement

L'homme prométhéen

Sens de la liberté humaine
Toute puissance de l'orgueil humain
Divergence entre science et religion
Réaction des esprits et scission de l'individu
Réaction religieuse
Montée de la modernité
L'âge d'or perdu

Individu et société

Puissance et influence de l'idée
Idéologie, vérité et fanatisme
Danger de l'utopie
Tyrannie de l'idéologie
Influence de la religion sur les esprits et émergence du totalitarisme
Rôle tenu par l'Église au Moyen Age
Totalitarisme et XXe siècle
Tendance au millénarisme
Guerre sainte et mouvements collectifs
Guerre sainte et religion
Laïcisation de la guerre sainte
L'Allemagne et le nazisme
Sens du passé
Signification du nazisme
Spécificité culturelle allemande
Le mythe de Faust
Personnalité du Führer
L'image du chef

Conclusion et bibliographie

Tome 2 -Âme et spiritualité

La spiritualité ? La puissance de l’esprit sur la matière, un idéal qu’exprime magnifiquement le grand sphinx d’Égypte. Mais les croyances suffisent-elles à combler les aspirations de chacun ? Jung propose une sagesse, inspire à l’homme le désir de se remettre en question, de plonger plus avant au fond de son être pour s’interroger. Il rejoint notre époque où violence et terrorisme montrent à l’évidence l’emprise des mouvements collectifs sur les personnes. Or en l’âme existe un univers immense, riche, divers, l’inconscient collectif. Qui veut garder son indépendance d’esprit peut toujours s’y fortifier. Contrairement à l’inconscient personnel qui connaît des troubles, l’inconscient collectif n’est jamais malade et propose un réservoir inépuisable d’énergies d’une prodigieuse contribution pour l’individu. Voici décrit le contact avec ces forces, le fond commun des différentes traditions spirituelles qui offre une compensation aux insuffisances du monde moderne.

Chapitre 1 - Nature spirituelle de l'être humain

L'homme, un animal religieux
    Sens du sacré chez l'individu
    Âme et spiritualité
    Fonction médiatrice de l'âme
    Scepticisme et remise en cause
Inconscient collectif et nature humaine
    Sens des mythes
    Mythes et rites
    Expression de l'inconscient collectif
    Liens avec l'univers
Devenir de la personnalité et individuation
    Individuation et individualisme
    Héros et personnalité
    Le mystère de l'Individuation

Chapitre 2 - Spiritualité et monde moderne

Le mystère chrétien
    Le culte du dieu unique
    Christ et intériorité
    Signification de la Trinité
Orientation du Christianisme
    Déification de la personnalité divine
    Valeur absolue attribuée au bien
    Méfiance envers l'inconscient
    Dionysos et vie de l'âme
    Principe de la quaternité
    Alchimie et renaissance de l'âme

Chapitre 3 - Le mystère de l'Orient

Le mirage oriental
Bouddhisme et christianisme
L'harmonie universelle

Conclusion & Bibliographie

 

mardi 20 octobre 2020

Préface de Roland Cahen

Préface à L'homme à la découverte de son âme, rédigée par Roland Cahen, ouvrage compilant 7 articles de Jung, rédigés entre 1928 et 1934, permettant d'appréhender des clefs de sa psychologie.

Dans un monde né du judéo-christianisme, mais dont le mythe, pour beaucoup, n'est plus guère porteur, qui s'est réfugié dans la science, science qui sent l'infini reculer toujours plus loin devant lui, où donc trouver un nouvel ancrage, de nouvelles valeurs, de nouvelles sources de vie sinon au cœur même de l'homme ?
Si dans les années 40 « le verbe était au seul explosif», dans les années 80, de façon moins éclatante mais plus sournoise et non moins dévastatrice, le verbe ne risque-t-il pas d'être à la seule banalisation, au seul étalement des confusions, des idéologies parcellaires, des impu­dences subjectives et doctrinales?
Personnellement, j'ai toujours été convaincu, depuis qu'à vingt-deux ans j'ai eu la chance de rencontrer Jung, l'homme et son œuvre, que dans les siècles futurs on parlera de Freud et de Jung un peu comme aujourd'hui nous parlons d'Aristote et de Platon. C'est pourquoi il ne faut pas laisser banaliser, polluer les sources essentielles de la vie psychologique de l'homme.

L'œuvre de Jung constitue, à côté et au-delà de l'œuvre de Freud, magistrale certes, mais par trop unilatérale, une des sources majeures de nos connaissances sur le conscient et l'inconscient. Bien des notions révélées par ce livre, telles, par exemple, l'introversion et l'extraversion, les complexes, ont déjà diffusé dans la vie quotidienne et le langage de tous les jours. C'est que Jung nous révèle, au-delà même de son écrit, des noyaux de l'humain qui sommeillent en chacun et qui dès lors nous concernent tous.

Source d'une conscience confortée, élargie, trouvant sa santé dans son élargissement même, cet ouvrage est une des meilleures synthèses de la pensée de l'auteur, à partir duquel le lecteur pourra rayonner, selon ses tendances et ses goûts, dans toutes les grandes avenues doré­navant largement ouvertes.

Ce livre entrouvert, dont il m'a souvent été dit qu'il compte parmi les plus beaux livres écrits de main d'homme, le lecteur m'accordera sûrement, touché par la vraie vérité de la vie profonde qui s'éveille et vit en chacun, que ce dont il s'agit c'est d'être attentif à l'immensité de la vie intérieure, à la complexité de l'affrontement et de l'ajuste­ment du psychisme conscient et du psychisme inconscient ; c'est d'être attentif à la diversité des êtres, à la compréhension qu'ils requièrent tous.