mercredi 3 août 2011

Archétype (4) - Anima

Il m'a fallu du temps pour me décider à traiter cet archétype. Une raison est sa grande complexité, contrairement à ce que laisse penser l'image populaire claire mais fatalement simpliste : la part inconsciente féminine en l'homme. L'autre raison est, qu'en tant qu'homme, mon rapport à cet archétype est toujours fort, violent, et la différenciation progressive semée de résistances...étaler sur ce billet la source de mes intimes troubles n'est pas aisé. Qu'importe, tentons une approche préliminaire aussi précise que possible.

Une précision préliminaire s'impose, laissons la parole à Jung (Dialectique du Moi et de l'inconscient, voir la présentation ici) :
"L'anima répond à des données empiriques que l'on parvient, au prix de grandes difficultés, il est vrai, à exprimer en langage rationnel et abstrait"
"L'idée d'Anima est une pure notion d'expérience qui n'a d'autre but que de donner un nom à un groupe de phénomènes apparentés ou analogues, il ne s'agit en rien d'une invention théorique ou -pis encore- d'une mythologie"

Dans un monde qui pousse insidieusement l'homme à investir une place sociale, familiale, etc, le Moi est naturellement attiré par la Persona (voir ici). Réfugié,  s'identifiant à ce masque, on se croit accompli et pleinement réalisé. Ce serait sans compter sur la nature autonome et compensatoire des forces de l'inconscient. Alors qu'à l'extérieur, on lui demande d'incarner le rôle du héros viril et efficace, grandit à l'intérieur de l'homme une force compensatrice, porteuse d'émotions profondes, de faiblesses assumées, l'Anima. Bien entendu, le Moi s’agrippant au confort de la Persona, l'Anima ne passera pas, dans un premier temps, le voile opaque tendu par la conscience et trouvera son mode d'expression dans les projections  (voir ici).

 Vivant à travers les projections, le premier "porteur" sera naturellement la mère pour le fils. On devine aisément alors tous les enjeux qui peuvent résider dans cette relation, pouvant mener à diverses catastrophes si la fascination persiste. Au court de la vie de l'homme, ces projections vont évoluées, passant de la mère aux femmes "attirantes" puis à la femme aimée...on comprend pourquoi il peut être important pour l'homme d'ouvrir le "dialogue" avec son anima car son degré d'autonomie, et donc l'intensité de ses compensations, varie proportionnellement à la distance qui sépare le conscient et l'inconscient
Ainsi un homme fasciné par son Anima tombera sous le joug d'une femme réceptacle de ses projections, projections forcément provisoires rendant donc toute relation de couple vraie et durable impossible.


Pour résumer succinctement, on peut admettre que l'Anima correspond, d'une part, à la capacité relationnelle de l'homme, à ce que l'on pourrait résumer par le monde de l'intériorité, de la réceptivité, des émotions et du « sentiment » et, d'autre part, à l'archétype du Féminin avec son côté dur, impersonnel, séducteur et fascinant, que ce soit sous son aspect positif comme dispensatrice d'éros et de vie ou sous celui destructeur et mortifère de femme fatale.
En effet, il est important de rappeler que comme tout archétype (voir ici) , l'Anima joue sur deux rôles opposés dans le psychisme (Déesse/Femme profane, Maman/Putain, Vénus/Femme fatale, etc).

La confrontation avec l'Anima permet l'intégration de leurs contenus, le retrait des projections (et l'acquisition de la libido à la conscience)...bien évidemment, ceci est une formule théorique qui, en réalité, comme tout labeur sur le chemin de l'individuation, implique un dur travail, des remises en question perpétuelles, des sacrifices terribles...bref, ce n'est pas une partie de plaisir ! 
Mais, au bout du chemin, l'Anima retrouve sa nature première : une fonction psychique de communication avec l'inconscient. Jung, Dialectique du Moi et de l'insconscient :
"....C'est parce que nous ne les utilisons pas consciemment et intentionnellement comme fonctions que l'anima et l animus sont encore des complexes personnifiés. Aussi longtemps qu'ils se trouvent dans cet état, ils doivent être reconnus et acceptés en tant que personnalités parcellaires relative­ment indépendantes. Ils ne peuvent pas s'intégrer au conscient tant que leurs contenus sont ignorés de celui-ci. La confrontation doit amener leurs contenus au grand jour, et ce n'est que lorsque ce travail aura suffisamment progressé, ce n'est que lorsque le cons­cient aura acquis une connaissance suffisante des pro­cessus de l'inconscient qui s'expriment et se reflètent dans l1'anima que celle-ci pourra être ressentie comme une simple fonction..."

Pour conclure ce long billet (et pourtant, je ne fais qu'effleurer ce sujet inépuisable), j'exposerais un dernier fait simple mais qui m'a longtemps posé question : en tant qu'archétype de l'inconscient collectif, l'Anima est aussi présent dans l'inconscient de la femme !
Evidemment, il n'agit pas selon des mêmes modalités d'opposition au conscient mais plutôt comme l'empreinte d'un fémini éternel. Et de ce Féminin archétypique émanent les dispositions fonctionnelles propres à la nature féminine. De la même manière, il est porté au début par la mère ou grand-mère...suscitant parfois une fascination réciproque en chaîne où amour et haine sont imbriqués....mais c'est un tout autre sujet.

Je traiterai bientôt l'archétype sexuel masculin, l'Animus, très distinct de l'Anima et qui mérite un billet indépendant.

Sommaire "Archétype" (Cliquer pour y parvenir)

53 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour Jean,

Jung exprime également ainsi la place que tient l’anima ou l’animus dans la vie d’un homme ou dans la vie d’une femme. C’est un « raccourci » qui m’a semblé intéressant et je l’ai noté. Je ne sais malheureusement plus, pour le moment, où je l’ai lu :
« La vie s’empare de l’homme à travers l’anima quoiqu’il pense qu’elle lui arrive à travers la raison. L’homme maîtrise la vie par l’entendement, mais la vie vit en lui par le truchement de l’anima. Et le secret de la femme est que la vie vient à elle à travers l’instance pensante de l’animus bien qu’elle suppose que c’est l’éros qui la lui apporte. Elle maîtrise la vie, elle vit pour ainsi dire habituellement à travers l’éros, mais la vie réelle, qui va jusqu’à entraîner son sacrifice, parvient à la femme à travers la raison (mind) qui est en elle incarnée par l’animus. »

L’approche biologique, naturaliste ou génétique, nous donne une explication à l’existence des sexes et à la reproduction sexuée. Aussi rationnellement fondée que soit cette explication, elle ne m’empêche pas de me demander ce que peut être le sens ou le but essentiel de la différenciation psychologique des sexes chez l’être humain. Je suis, bien sûr, tenté d’y voir une possibilité d’accroissement de la conscience que ne permettrait pas la non-différenciation des sexes. Cela ne s’oppose pas à la meilleure performance génétique, etc., que cette différenciation peut procurer d’un point de vue de l’adaptation et de l’évolution biologique.

Amezeg

Jean Bissur a dit…

Une nouvelle fois merci pour cet apport Amezeg...je pense que cet extrait est tiré d'un ouvrage plus tardif car la réflexion me semble plus "aboutie". Je serais intéressé de savoir son origine si tu la retrouves.
La différenciation est peut être indispensable si l'on accepte le fait que nous vivons pour un développement de la conscience, ou plus précisément pour un retour dans la matrice originel, où finalement l'éternel féminin doit exister et trouver ses réceptacles...

nicole a dit…

Je ne sais pas ce que les derniers propos jungiens spécifient sur l.anima mais je sais qu'à mes premières lectures j,étais outrée par cette façon de dire que la femme ne possédait pas d'anima donc pas d,âme...!
enfin cé ce que j'en comprenais .
Aujourd'hui ,il me vient cette simple (sans doute trop simple...;o)idée que la femme est anima mais possède (ou est possédée ) par l'animus et l.homme est animus et possède ou est possédé par l'anima.
Enfin grosso modo ...car la biologie n,étant pas aussi nette qu'elle le semble (voir hormones variables...)l,incarnation et la possession peuvent varier.
Et si on ajoute à celà le procesus d,individuation, le tableau change pour chacun au cours de son existence .
L,aspect affirmatif de mon propos n'en garantie pas la véracité;o))cé juste une opinion.

Ariaga a dit…

J'avais mis, il y a trois jours, un commentaire qui a du tomber dans la faille spatio-temporelle. Cela montre bien la difficulté d'approche de l'anima ! Amitiés.

Jean Bissur a dit…

Bonjour Nicole,

De quel extrait de Jung parles tu ?

Je crois que la place de la femme dans la societe a sacrement evolue depuis un siecle...Jung etait en avance sur son temps mais ratrappe par sa propre anima parfois.

Ton raisonnement rejoint finalement ce que j ai deduit de mes interrogations...

Amities

nicole a dit…

en fait Jean, je devrais retrouver certains de ces propos dans Dialectique du moi et de l.incosncient mais j,ai donné ce livre en cadeau...à un jeune étudiant en psychologie;o)
enfin , je sais que jung nuançait l.apport de l'animus et reconnaissait la valeur de celui-ci dans la personnalité de la femme même s'il ne manquait de souligner les effets néfastes de ce dernier ...je crois que j'avais lu à lépoque que l.anima était l.équivalent de l'âme pour jung et que l,animus était autre chose...donc indirectement où était l.âme de la femme ? enfin je devais avoir mal saisi...ceci dit Cazenave dans l.Encyclopédie des symboles précise que chez Jung l'âme comprend conscient et incosncient donc correspond à ce j'ai lu être le Soi.

Jean Bissur a dit…

Devant l'importance de "l'esprit féminin" dans son oeuvre, j'aurais plutôt penché sur l'interprétation valorisant la femme et lui attribuant une nature intrinsèquement plus proche de l'inconscient...tu soulèves un débat passionnant sur l'âme de Jung. Je ne l'aurais pas totalement associé au Soi mais plutôt comme "l'organe' permettant de s'en approcher, baignant dans les deux mondes.

Merci pour ton intérêt,
Jean

Kelilan a dit…

Bonjour Jean,

Je lis vos articles avec attention à chaque fois et vous remercie pour leurs rédactions, étant de plus en plus intéressé par l'approche Jungienne.

Pourtant je me pose depuis un petit moment une question.
Dans la rubrique sur vos blogs préférés se trouve un lien vers le site " Le monde d'Ophoemon " qui, en le lisant, me parait bien loin des travaux de Jung.

Apportez-vous du crédit à ce qui y est écrit ?

Non pas que je sois obtus à des réflexions de ce genre mais je n'arrive pas encore à faire le lien avec ces révélations énergétiques liées aux soi-disant passages vers la quatrième voire cinquième dimension et les travaux de Jung...

Je ne vous oblige pas à me répondre, bien entendu, mais j'aimerai quand même bien quelques éclaircissements. :)

Amicalement,
Stéphane

Jean Bissur a dit…

Bonjour Stéphane,

Merci pour votre fidélité.

Je vais vous répondre simplement : cette liste est amenée à évoluer et ne reflète pas que des amitiés mais aussi des affinités...au passage, le blog de Bénédicte Pia aurait pu tout autant vous interpeller.

J'ai découvert le blog que vous mentionnez il y a peu à travers des billets comme ceux-ci :
http://ophoemon.blogspot.com/2010/09/c-g-jung-pionnier-de-la-psychologie.html
http://ophoemon.blogspot.com/2010/09/morceaux-choisis-c-g-jung.html
J'y ai alors découvert le site d'un cherchant dont l'éclectisme affiché me séduit...nul besoin de lien avec Jung pour y parvenir.

Amicalement,
Benoit

Nout a dit…

Bonjour,

Je viens de découvrir vos page "par hasard" et il de trouve que le sujet dont vous traitez est justement une de mes recherches actuelles. N'ayant hélas jamais eu de lecture approfondie des œuvres de Jung, j'avais une idée plus "instinctive" de la signification de l'anima qu'intellectuelle.
Je croyais en tenant compte de ma prope expérience que l'anima existait aussi bien chez un homme que chez une femme. C'est lors de l'analyse d'un rêve que je me suis faite gentiment reprendre par Amezeg qui a par ailleurs laissé un commentaire ici.
Je crois qu'inévitablement homme ou femme nous héritons d'un certain aspect plus ou moins négatif (souvent tronqué) du masculin et du féminin qui ne sont pas comme vous le précisez bien des mythes mais plutôt des masques élaborés à partir de ce que nous portons de nos parent inconsciemment.
Il s'agit (pour faire rapide) de s'en libérer dans un premier temps et cela passe par une conscientisation de tout le poids transgénérationnel...ce qui n'est pas comme vous le dites bien une partie de plaisir mais précisons qu'à la clé nous pouvons espérer établit enfin avec l'autre une relation authentique ( ce qui est un luxe en ce monde ;) ). Ceci serait à proprement parler un travail psychologique mais si nous en ressentons le désir, nous pouvons aller plus loin en prenant conscience du rôle véritable de ces pôles en apparence inconciliables (féminin/masculin) alors qu'ils sont complémentaires et incontournables pour accéder au Soi, à l'être unifié. Mes recherches m'ont amenées aux ouvrages d'Annick de Souzenelle dont "le féminin de l'être" qu'il m'a fallu du temps à saisir tant il est ardu d'accéder à une telle conscience de soi.
Pour donner une image efficace : le féminin ( ou anima?) serait la serrure dont le masculin (animus?) serait la clé.
Merci pour cet échange enrichissant! :)
Nout

Jean Bissur a dit…

Bonjour Nout,

Il y a beaucoup de choses intéressantes dans ce que vous dîtes.

Tout d'abord, pour être complète entendu par "tout l'être", une approche doit être vécue. L'intellect, l'instinct, le sentiment et la sensation sont des canaux complémentaires...donc votre approche vaut tout autre.

L'Anima existe bien chez la femme, comme je le précise en fin de billet...mais sur l'autre versant que pour l'homme, en quelque sorte.

Souzenelle propose des clefs passionnantes...mais finalement assez intellectuelles.

amitiés,
Jean

Anonyme a dit…

Jean,

L’extrait que j’ai cité se trouve dans l’article « Animus – Anima » du glossaire de « Ma vie », où une note précise qu’il est tiré d’un séminaire anglais sur le Zarathoustra de Nietzsche (1937) non publié (à la date où fut édité l’exemplaire de « Ma vie » que j’ai consulté, peut-être l’a-t-on publié depuis.)

Amicalement,
Amezeg

Jean Bissur a dit…

Merci infiniment pour la précision, je vais retourner lire le passage entier...
Ce sujet est loin d'être épuisé, je viens de lire des articles de Hillman (que je connais assez peu jusque là) et son approche de l'Anima est très novatrice et passionnante...à suivre donc.

Anonyme a dit…

Ah moi j'aimerais bien savoir quels sacrifices terribles implique la confrontation avec l'anima (si ce n'est pas indiscret) (et même si ça l'est) :))

Cile

Jean Bissur a dit…

Bonjour Cile,

Je pensais que la réponse était explicite dans mon billet.
Qu'à cela ne tienne et sans m'étendre sur ma vie intime (puisque chacun réagit selon sa nature mais ce processus est toujours niché dans l'intimité la plus extrême), je peux l'expliciter avec quelques exemples :
- accepter qu'on puisse être homme dans ses faiblesses, même affichées (larmes par exemple) et donc se marginaliser,
- écouter ses élans du coeur et savoir les assumer pleinement et les apprécier à leur juste valeur, se démarquer encore par rapport à l'image collective,
- réaliser subitement que sa mère, n'est plus l'incarnation de la femme protectrice parfaite,
- découvrir qu'une partie de ce qui nous séduisait chez notre moitié était en nous-même, se la réappropriait avec les risques potentiels,
- ouvrir des portes d'un monde sombre et dangereux (l'inconscient)....dois je continuer ?

Amicalement,
Jean

Anonyme a dit…

Merci Jean de votre message, dites voir aussi les points positif de votre chère anima, je suis sûre qu'elle en a plein et je ne suis pas d'accord elle n'est peut-être pas l'incarnation de la perfection mais elle est protectrice ça j'en suis sûre à 100/100, enfin… presque

Cile

Jean Bissur a dit…

Bien entendu que la protection maternelle est avérée mais ce qui est vitale à la petite enfance peut être un véritable frein à l'âge adulte...de même que lorsque je parle de "sa mère", je parle plus précisément de l'image construite de la mère dans la psyché de l'individu (l'imago maternelle) qu'il convient de "déconstruire" pour restituer à la mère "physique" sa vraie place (et non le support de "fantasmes inutiles") et se réattribuer la part manquante du dehors.
oups, je suis peut être plus confus là.

Pour l'aspect positif, on peut aussi se référer aux mêmes points...mais sans malice, on peut aussi évoquer l'enrichissement de la conscience, et donc un chemin vers l'accomplissement personnel.

Jean

Anonyme a dit…

J'aime beaucoup votre site, il est immense, c'est un gouffre dans lequel on se sent bien, j'aime bien cette première réflexion et l'idée que la vie vit en l'homme par le truchement de l'anima autrement dit l'un vit dans l'autre et inversement j'aime bien aussi vos fractales elles sont très harmonieuses

Cile

Jean Bissur a dit…

Vous avez superbement résumé le rapport entre l'homme et l'anima en une phrase ! merci

et merci pour vos commentaires stimulants...j'aime l'idée original du gouffre rassurant.

A bientôt,
Jean

Anonyme a dit…

Cher Jean

Une relation durable impossible… c'est dommage. L'homme préfère-t-il rester dans la platonisme dans le but de conserver le désir ? mais de toute façon qu'elle soit platonique ou pas la relation va évoluer et le désir sans pour autant disparaître, il va trouver une autre forme, peut-être plus dans la tendresse. Je crains que la relation uniquement platonique finisse par se dessécher. L'amour pour durer doit changer de forme. Une femme fatale est fatale parce qu'on la voit ainsi elle-même ne se sent certainement pas comme cela.

Cile

Jean Bissur a dit…

Cile,

Je parlais d'un homme "submergé"par son anima...donc chez qui cette dernière est restée très enfouie. Cette fascination est l'expression de la force autonome de cet archétype.

Ce que vous décrivez fort justement, c'est la transformation d'une relation homme-femme qui ne se fait pas à deux mais à quatre (homme/anima-femme/animus)...retiré cette fascination inconsciente, c'est surtout réattribuer à l'autre sa juste place et donc l'apprécier et l'aimer selon des valeurs "authentiques".

La femme fatale n'existe pas...c'est une construction, résurgence incontrôlée de l'anima masculine.

Jean

Anonyme a dit…

Cher Jean

Quelle est la motivation d'un magazine qui met en avant un titre : "je ne suis pas celle que je suis"

Que veut-il dire par là ?

Jean Bissur a dit…

Bonjour (Aston ?),

Quoi vous répondre ?

Peut être, sans prendre trop de risque, faire vendre le plus d'exemplaires possible...

Jean

Anonyme a dit…

Tu bottes en touche ! tant pis

Dans archétype 3, je vois la comparaison que fait Jung de la "mer qui porte les vagues", j'ai eu cette idée il y a déjà bien longtemps de comparer les vagues en surface comme autant d'inconscient individuels avec l'océan profond en dessous qui serait l'inconscient collectif

oui non ?

Jean Bissur a dit…

Je ne botte pas en touche Aston, je n'ai pas de réponse...quel magazine ? pourquoi cela t'interpelle t'il ?

Ton analogie est parfaite puisque c'est la représentation qu'on utilise...sans oublier les "nuances" qui vont avec, c'est l'océan dessous qui donne forme aux vagues, c'est le vent au dessus qui les génère, etc

Jean

Anonyme a dit…

Je crois que Aston c'est pas une bonne idée…

Anonyme a dit…

S'il n'y avait pas de vent il n'y aurait pas de vagues donc pas d'inconscient personnel, ce serait mieux, l'inconscient personnel c'est un peu comme la persona

Jean Bissur a dit…

Rejeter l'inconscient personnel...mmm...et il reste quoi à l'individu ?

Jean

Anonyme a dit…

Je suis d'accord, mais l'océan on le trouve beau quand il est calme quand il s'agite on ne l'aime plus du tout
l'inconscient est le plus souvent méprisé ou bien recouvert par un moi sur dimensionné, il y en a même qui pense encore qu'il n'existe pas

as-tu remarqué, les gens jeunes ont un chien grand et fort et plus ils vieillissent plus leur chien devient petit

mmm…

Jean Bissur a dit…

L'inconscient effraye ceux qui n'y ont jamais plongé...ensuite la peur qui peut être légitime et justifiée prend une tournure "sacrée".

Peut être en vieillissant, le superflu, comme les kilos du chien, disparaissent...

Jean

Anonyme a dit…

L'inconscient est vu comme un gouffre peut-être dans lequel plus l'homme que la femme se sent aspiré d'où la crainte, il est aussi la représentation du féminin d'où encore la même peur, les femmes sont très tôt dans leur vie plongée dans la vie concrète que souligne plusieurs fois si cela était nécessaire la relation charnel avec la mère, cette relation est inscrite de génération en génération et la fille ne peut s'en écarter souvent l'homme perçoit cette relation comme dévorante ce qu'elle n'est pas, la mère et la fille forment une dyade qui est naturelle pour l'une comme pour l'autre, mais c'est vrai qu'elle peut être ressentie par la fille comme étouffante.

non ?

Jean Bissur a dit…

Je partage ton approche du rapport de l'homme et l'inconscient.

Pour le reste, tout entrave à la construction de l'individu m'apparaît gênante...entre la mère et son enfant, il est question d'imagos (d'images psychiques personnelles) qui doivent être dépassés (je ne dis pas rejetés).

Jean

Anonyme a dit…

Oui je suis d'accord que toute entrave est gênante et qu'il n'est rien de plus difficile que les relations humaines, je sais que la relation mère-fille est un lien que l'on ne parvient pas à défaire, la fille transfère sur l'homme qu'elle choisit cette relation donc la plupart du temps cela se passe bien ensuite arrive les enfants et elle transfère sur ses enfants toujours ce fameux lien cela ne signifie pas qu'elle rompt le lien avec le conjoint simplement il s'élargit et l'homme souvent n'apprécie pas cette relation élargie, il a le sentiment que les enfants prennent sa place ce qui est faux

l'individuation c'est un but fort louable mais dans la mesure ou nous sommes en lien est-il possible d'être véritablement individué ?

Cher Jean

Anonyme a dit…

La relation amoureuse se situe dans la non individuation, lorsque deux personnes individuées s'aiment elles ne sont pas amoureuses elles sont associées ce n'est pas pareil

Jean Bissur a dit…

Je parlais d'imagos pour dire que tout que le lien que tu mentionnes se situe dans cette image, totalement inconsciente. Et tant qu'elle reste inconsciente, il va y avoir une compensation naturelle pouvant perturber la vie (personnelle, de couple, sociale, etc).

Jean

Jean Bissur a dit…

Je ne peux pas parler de personnes individués pour deux raisons : je ne le suis pas et l'individuation est un processus, comme tel, il n'a pas de fin et se poursuit jusqu'à la mort.

Je ne suis pas d'accord. L'individuation ne coupe d'aucun sentiment. Les gens souvent s'imaginent que ce chemin amène vers un état "mystique" de détachement des choses...ce n'est qu'une vision très partielle. Relativisation des évènements probablement, perte de contamination subjective oui, perte du sentiment et de la chaleur humaine, tout le contraire...peut être pourrait on considérer qu'à terme, l'être individué, saisissant le lien universel avec tous les êtres, tombe dans un amour rayonnant avec tous les autres...mais je ne pense pas que quiconque en soit jamais arrivé là.

Amitiés,
Jean

Anonyme a dit…

Cher Jean

Merci de comprendre que je ne manie pas avec aisance tous ces concepts

Est-ce que les traumatismes vécus dans la petite enfance sont une entrave à l'individuation, je veux dire ceux qui font qu'il nous manque une partie de nos instances psychiques et qui fait que nous trouvons chez l'autre en particulier chez le thérapeute la partie qui fait défaut ?

Si tu trouves cette discussion un peu lourde n'hésite pas à me le dire, nous pouvons parler d'autre chose

Jean Bissur a dit…

Il est une seule nature à retenir : nous sommes tous égaux en constitution psychique...et singulièrement inégaux dans son fonctionnement. Il te manque rien, sois en convaincu.
Ce que tu décris est le transfert, c'est à la fois un outil et une étape et ne doit surtout pas être considéré comme une finalité.

Le dialogue prend une teinte personnelle...si tu veux continuer l'échange, peut être serait il mieux de le faire par email.
Je te rappelle enfin que je n'ai pas vocation ni compétence de thérapeute.

Amicalement,
Jean

Soloist a dit…

Bonjour Jean,

Ariaga m'a conseillé votre site pour posr une question au sujet de l'Anima.

Puis je vous la poser ? :

Si l'on part du principe qu’un homme, qui n'a pas intégré son Anima, la projette sur des femmes autour de lui.
Et que, de plus, s'il n'est pas conscient de ce phénomène, la fascination de celle-ci ne devrait t'elle pas le pousser inexorablement à séduire le « support » de cette projection ? :
Alors dans ce cas, quel élément de la psyché (ou l’absence de développement de cet élément) d’après vous, serait capable, de freiner, de bloquer cet élan de séduction ?
Cela rendant fou de douleur l'homme qui se retrouve dans l'incapacité de faire ce premier pas ? Qu'est ce qui, malgré cette fascination extrême, pourrais empêcher de faire ce premier pas de séduction ?
Votre réponse est importante pour moi.
Merci

Jean Bissur a dit…

Bonjour Soloist,

Pour rappel, de nouveau, je n'ai pas compétence de psychologue et ne souhaite pas endosser ce rôle.

Vous me parlez d'une femme en particulier et semblait attribuer cela à des projections de l'anima, c'est possible, probable, mais je ne peux l'assurer...il ne faut pas perdre à l'esprit que les "hameçons" (merci Nicole) qui vont capturer l'homme et qui font que cette femme soit son support de projection, peuvent trouver leur origine très profondément.

Peux être cette home doit il enrayer le processus en marquant un éloignement provisoire, considérant froidement la situation, tentant d'énumérer clairement ce qui l'attire chez cette femme et, surtout, ce qui ne l'attire pas...parfois l'exercice "d'objectivation" dégonfle le phénomène.
Ce jeu d'attirance est naturel, contrer la nature est un art douloureux et difficile.

amitiés,
Jean

Anonyme a dit…

comprends pas s'il est amoureux où est le blème ?

il va vers elle lui offre un verre discute et puis voilà

Soloist a dit…

LOL
Anonyme , t'es un marant
Justement le blème est qu'il y a impossibilité de lui offrir un verre.
Il ne s'agit pas d'une femme specialement mais de l'ensemble de celles ci sur qui la projection c'est effectuée durant une vingtaine d'années....je pense que le "Surmoi tyran" est une réponse possible mais également une "Anima négative" séparatrice...enfin cela est lié

Soloist a dit…

Re Bonjour Jean,
Le "Blème" comme tu le dit si bien Anonyme, c'est que cela m'est impossible de lui offrir un verre.
Je crois avoir un début de réponse : Un "Surmoi Tyranique" semble etre un composant important, bloquant et culpabilisant, et denigrant interieurement.
Un autre élément important semble etre l'"Anima Négative à Tendance séparatrice" cela est forement lié d'ailleur etant donné que le fait d'etre élever par une mère depressivre influence la base de construction de l'image interieure de l amère donc de l'anima et ducoup creer un surmoi tyran.
Par contre une chose ou j'ai du mal a comprendre c'est est il possible de rendre une anima négative, positive? ou c'est un caractere intrinseque qui ne change pas ? En tout les cas, il semble important de pouvoir "objectiver" cette figure et lui permettre de rentrer en contact avec elle par le biais de l'imagination active non? qu'en pensez vous ?

Anonyme a dit…

Peut-être qu'une personne ou anima sera négative si on la voit ainsi. Un surmoi même extrêmement fort n'est pas obligatoirement plus tyranique qu'un moi excessivement intelligent, mais bon…

Elcé

Jean Bissur a dit…

Bonsoir Soloist,

Il est bon parfois de laisser tomber toutes les théories qui polluent le vécu des choses...vous savez, c'est le principe de l'équilibrage des fonctions psychologiques.

Je doute que l'imagination active soit recommandable dans un cas comme celui-ci...lisez mon article à ce sujet, en particulier sur les risques et les prérequis.

Jean

Anonyme a dit…

tyrannique prend deux n et puis je n'aime pas du tout relire ce que j'ai écrit précédemment

Anonyme a dit…

Jean
qu'est-ce que c'est pour toi l'âme ?

Psyché

Jean Bissur a dit…

Bonsoir Psyché,

Que dire que je n'ai pas écrit : la Vie (avec un grand V) mise à disposition de chacun.

Jean

Anonyme a dit…

On a l'habitude de dire : la vie ne fait pas de cadeau, est-ce vrai ? D'ailleurs on la considère rarement comme un cadeau elle-même.

Psyché

Anonyme a dit…

Jean
quand on aime une personne, il y a toujours une ou plusieurs raisons et quelquefois on se dit, est-ce vraiment pour ces raisons que je l'aime alors on se dit non, alors pourquoi ? je ne sais plus qui a dit : quand on ne sait pas pourquoi on aime, c'est qu'on aime vraiment, le crois-tu aussi ?

la nuit cache enfin toute cette neige, ce n'est pas que je n'aime pas la neige, mais il y en a trop

Psyché

Anonyme a dit…

Il est difficile d'ouvrir un livre de psychanalyse sans être immédiatement confronté à cette sorte de chose que génère notre intestin et qui semble revêtir à ses yeux une importance capitale, je comprends bien qu'il y a là une forte charge pulsionnelle mais qui me semble assez important de dépasser et puis tous ce qui touche à une partie de nous-même n'est pas forcément rattaché à cette chose qui somme toute n'est jamais qu'un déchet, c'est très réducteur de penser que nous avons un intérêt particulier là autour bien sûr à l'âge de ce stade il est compréhensible que l'enfant s'identifie à cette chose et qu'elle représente alors effectivement une partie de lui, mais bon passé cet âge on peut passer à autre chose et j'ai même eu le préjugé défavorable que tout psychanalyste en est en fait resté au stade anal bien d'autres aussi d'ailleurs ils ne sont pas les seuls. Nous pouvons être rattaché à des choses qui symbolisent une partie de nous qui n'est pas un déchet, par exemple une oeuvre artistique qui peut symboliser une partie de notre être plus élevée. Bien sûr un freudien voit en toute oeuvre de ce genre le symbole de ses produits intestinaux mais je ne pense pas ainsi.

Bon ce que je dis est très approximatif il faudrait développer mieux.

Psyché

Anonyme a dit…

peut-être que l'avare de Molière est celui qui refoule une pulsion anale d'autres hommes n'aiment pas donner leur argent notamment aux femmes on pourrait se demander pourquoi, l'argent représente une énergie vitale qu'il ne veule pas offrir je ne sais pas ou bien une forme de punition

Psyché

Anonyme a dit…

Excuse cher Jean les fautes d'orthographe, le texte est médiocre je ne devrais pas écrire le soir ou alors me concentrer plus je ne sais pas, concernant le sujet, je pense que quand on est enfant les produits de notre corps et plus précisément ceux de notre intestin sont des choses de haute valeur que l'on offre ou pas à ceux que l'on aime les animaux font d'ailleurs de même aussi avec les trophées de chasse qu'ils viennent déposer devant la porte et quand l'enfant devient adulte les oeuvres qu'il fait sont des sublimations de ces produits et ils ont la même valeur. Dans tous les cas, ces choses sont des parties de nous.
en espérant être plus claire
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