mercredi 26 janvier 2011

Extraversion et introversion


Alors, vous êtes plutôt du style à vous lover dans votre coquille ou bien à donner de la voix sans appréhension ?
Ce n'est pas si simple que cela...

Ces deux termes sont désormais dans le langage courant et désigne, dans un cas, un individu sociable, bavard, démonstratif voire exubérant et, dans l'autre cas, un timide, replié sur lui-même et ne se livrant que difficilement. Ces représentations, on les doit à Jung, mais elles sont comme la partie émergée de l'iceberg, en réalité, le concept renferme plus de subtilités et de nuances qu'il n'y parait. 
Pour faire simple, il s'agit de décrire l'attitude ou l'orientation d'un individu par rapport aux deux pôles essentiels de la conduite : le monde et soi. Jung a notamment puisé dans la pensée platonicienne pour édifier ces tendances. Platon dans ses études morales et politiques parle ainsi : "Il y a les gens aux mouvements rapides et violents, qui s'opposent aux personnes réservées et tranquilles. Les premiers se caractérisent par le courage et c'est la partie "irascible" qui prédomine ;  les autres se distinguent par la mesure, la sagesse et la prudence".

Dans cet ouvrage, Jung a décrit largement ces deux attitudes et, en particulier, leur influence à travers des écrits et des pensées qui ont marqué l'histoire (l'ouvrage fait près de 600 pages et je préviens le lecteur, il ne se dévore pas comme un roman mais se lit comme un essai d'étude).
Au plus rapide, disons que l'homme a besoin d'énergie psychique pour vivre. Dans le cas où l'individu la trouve dans l'environnement extérieur, les activités et les expériences, il a une inclinaison extravertie. Dans le cas où il la trouve dans l'univers intérieur des idées, des souvenirs et des émotions, il présente une inclinaison introvertie.
Présenter une inclinaison ne signifie jamais répondre uniquement à cette tendance !

Extraverti : Précisons un peu les choses. Celui-ci tire son énergie du monde et sa conscience regarde vers l'extérieur parce que c'est toujours de là que vient la détermination importante et décisive (pour lui évidemment, nous endossons le manteau d'extraverti dans ce paragraphe).
Ses forces : n'ayant d'autre prétention que de remplir les conditions objectivement fixées, il est perçu comme sociable et souvent apprécié pour son enthousiasme. Il peut paraître souvent courageux en répondant sans concession à ses objectifs.
Risques : Il y a l'inévitable dispersion, sa parole volubile qui prend le dessus de l'écoute...mais plus profond est le risque de refoulement du moi profond; dans sa réponse aux nécessités de l'extérieur, les besoins intérieurs peuvent être négligés.

Introverti : Ce dernier tire son énergie de la considération intérieure subjective. Il se glisse toujours, entre la perception de l'objet (le monde) et sa propre action, une opinion personnelle qui empêche l'action de prendre un caractère correspondant à la donnée objective. Il ne se coupe pas du monde mais communique avec lui par l'intermédiaire de sa perception intérieure.
Ses forces : concentration, écoute, contenu et réservé.
Risques : il ne se sent à l'aise que dans la solitude, face à lui-même. Dans un cas poussé, il peut alors bâtir des systèmes autoritaires dans l'insensibilité d'autrui.


Il me semble important de prendre en considération ces tendances naturelles de l'homme car, comme beaucoup d'aspects de la psychologie jungienne, elles incitent à un regard plus tolérant, plus ouvert sur l'autre, en particulier sur celui qui nous semble si loin, qui peut être d'une tendance opposée. Il n'y a pas de bon ou de mauvais jugement, qu'il soit centré sur le monde ou sur soi, il n'est qu'une réponse à notre nature.
Le livre de Jung sur les types psychologiques, qui fera l'objet de plusieurs autres billets, met en évidence ce que ces deux formes d'exploitation d'énergie ont pu produire chez de grands hommes du passé. Nous réalisons alors l'importance et le "rôle" tenus par chaque type.
Moi, extraverti devant l'éternel, ne peut plus porter de regard juge sur l'individu discret à côté de moi...il répond à sa nature, comme moi. Qui peut juger de cela ?

A bientôt

Jean

11 commentaires:

Anonyme a dit…

Peut-être que si l'on privilégie la situation de l'être enfermé dans sa coquille, c'est parce que autrement cet être serait invivable parce que en permanence irascible. il y a des gens qui n'ont pas la fonction modérateur et donc sont obligés de choisir la position renfermée. Mais aussi peut-être sont-ils de tempérament réservé.

Et toi Jean, es-tu réservé ?

Psyché

Jean Bissur a dit…

Deux manières d'utiliser une énergie.

Comme tu le cites, on peut intérioriser une colère ou la hurler au visage d'autrui...l'émotion initiale est la même pour autant.

Mon cas n'a rien d'intéressant ou d'exceptionnel.

Jean

Anonyme a dit…

En fait l'introverti c'est peut-être juste celui qui pense que l'on est mieux avec soi-même qu'avec les autres.

Psyché

Anonyme a dit…

Extra, Jean sais-tu si les psychothérapeutes sont des gens qui travaillent en groupe je veux dire qu'ils coopèrent entre eux ? en vue bien sûr de l'amélioration de la santé du patient

Psyché

Jean Bissur a dit…

Drôle de question...tout dépend de l'éthique du praticien mais la très majorité exerce dans cet "esprit" là bien entendu...

Jean

Anonyme a dit…

Bonjour Jean

Sans voulir offenser qui que ce soit il serait alors légitime de penser que le nouveau thérapeuthe est juste un remake du précédent ?

Psyché

Anonyme a dit…

Et pour compléter, le thérapeute ne serait-il pas l'arbre qui cache la forêt ? toujours dans l'esprit de chercher à comprendre et non à nuire

Psyché

Anonyme a dit…

En fait le thérapeute c'est juste la toile sur laquelle va se projeter le film du patient il suffit que cette toile soit neutre, si elle comporte déjà des images ce sera néfaste

Psyché

Jean Bissur a dit…

Bonjour Psyché,

Je ne saisis pas où tu veux en venir...tu parles de thérapies analytiques ?

Jean

Anonyme a dit…

Je parle trop je sais, mais…

Jean Bissur a dit…

Ce n'est pas du tout le souci, mais je ne vois pas ce que tu veux soulever.

Jean