jeudi 15 avril 2021

Exister ou Vivre ?

De la crise sanitaire à la crise existentielle


Un cri !

Un cri du corps, du cœur, de l’âme, de l’être qui refuse, parfois envers et contre tous, de vivre dans la société qu’il voit se dessiner.
Un cri à s’en époumoner, contre les conséquences évitables d’une pandémie de virus respiratoire.
Un cri pour soulager le poids imposé par un monde en fin de cycle.
Un cri pour se prouver, et montrer aux autres, que l’on est bien là, présent, jamais résigné !

Plus que jamais, il faut préserver l’Un-dividu.

Ici et maintenant s'impose la conquête d’une indépendance de pensée, d’une capacité de jugement, du maintien d’un esprit critique, autrement formulé, dans une période d’hypermédiatisation alarmiste, la survie de notre identité commence par la qualité de réception et de traitement des informations auxquelles nous avons accès (excès).

Nulle envie de condamner les politiques, d’évaluer la pertinence, voire la légitimité, des mesures imposées à la population. 
Le temps, imperturbable juge, s’en chargera.

Il est vital, « essen-ciel », de témoigner des dérives graves et profondes de notre rapport à la vie, dépassant, de très loin, le contexte sanitaire, qui entachent la dignité de l’homme, qui entravent sa condition d’existence…

Témoigner pour agir, individuellement et ensemble !


Au fin fond de la caverne de Platon.

Les courbes, les chiffres, les interprétations, les conclusions, parfois contradictoires, toujours mouvants, s’amoncellent au seuil de notre raison qui vacille.

  • Déposséder de l’esprit de famille, des générations en collision.
On nous impose un isolement des aînés, les mères doivent accoucher seules, les divorces accroissent. 
Le discours de la doxa, les clips de « propagande officielle » opposent les générations les unes aux autres, rendant les jeunes responsables des plus âgés, les plus âgés, la cause des mesures imposées à tous…les fondements qui tissent une société sont transgressés.
  • Une société exsangue.
Les commerces et entreprises ne survivent, quand ils survivent, que par perfusion d’aides coulant à flot. Aides qui, n’en doutons pas, ne sont qu’une hypothèque qui basculera en dettes sur la tête de nos générations futures.
La précarité n’a jamais été aussi forte que depuis l’après-guerre.
Les personnes les plus vulnérables sont soumis à un isolement dont on connait les dégâts, notamment psychologiques.
Les dépressions augmentent en flèche (les « spécialistes » nous rassurent, par « effet de sidération », les suicides ne suivent pas cette inflexion, mais combien de temps reste t’on sidéré ?). 
  • Une liberté restreinte.
Il faut nous délivrer (sic) des autorisations pour justifier nos déplacements…sous peine d’amende dissuasive.
Le couvre-feu, que nous n’avions pas connu depuis les heures sombres de la guerre, est de retour.
Le gouvernement régit les distances que l’on peut parcourir, les temps de sorties, etc.
Le « passeport vaccinal » n’est plus une spéculation, le spectre du traçage des citoyens se densifie chaque jour…
  • Une dignité bafouée.
On règlemente et contraint la manière dont nous « pouvons » traiter nos propres morts, de l’accompagnement vers « l’autre rive » jusqu’à leur mise en terre.
Ce qui est essentiel à nos besoins et ce qui ne l’est pas sont désormais définis par un « conseil de guerre ».
Le droit au cinéma, au théâtre, à la culture, aux sorties entre amis, en famille, nous est retiré, celui de travailler, maintenu.
Le couple « médiatico-politique » nous assène (assomme) des rappels sur nos responsabilités, au rythme et à la manière des tétés de bébés de quelques mois.

Toutes ces mesures ne sont prises que pour lutter contre ce mal invisible qui rode…Encore faut-il identifier le véritable mal qui se réveille.

Hébété, saoulé, aliéné...
Assiégé, cadenassé, résigné…
Angoissé, égaré, terrorisé…

Si l’enfer flirte avec un état d'inhumanité, de barbarie, de bêtise, qu'il nous condamne à aller vers le pire à cause de la gravité de nos propres errements, nous y sommes de plain-pied !


De quelle crise parle-t-on ?

Sans être grand clerc, il est aisé de comprendre que la crise a révélé, de la manière la plus cruelle qui soit, les carences générées par les politiques de ces dernières décennies. Alors oui, pour pallier les soucis d’un système hospitalier dévitalisé qui n’a plus la capacité de gérer des flux de malades, les mesures qu’on connait se sont imposées !

Ce constat établi, on peut, très facilement, comprendre pourquoi il n’est pas nécessaire de soutenir des décisions incontournables par de solides démonstrations scientifiques., d’autant plus quand la majorité des pays font des choix similaires pour des raisons semblables (Et par manque de courage politique. Les quelques pays s’étant marginalisés dans leur choix devinrent proies idéales pour le journalisme indigent du XXIe siècle).

Et ce n’est pas une population angoissée, contenue par une peur de la mort, qui réagira…des morts au nombre égrené quotidiennement, puis du nombre des réanimations, des hospitalisations, pour enfin arriver sur le seul indicateur d’alerte, celui des cas positifs (une première dans l’histoire des épidémies), après avoir, assez logiquement (selon une logique prédéfinie, disons), imposé un dépistage massif et systématique. Que la plupart des études démontrent que ces tests ne sont utiles (sous réserves de certaines précautions) qu’en cas de symptômes avérés n’est qu’un détail au regard des approximations scientifiques de l’ensemble.

Quelles conséquences directes à ces imprécisions répétées ?

L’émergence du doute, de l’errement, de l’égarement, voie royale à tous les excès et toutes les dérives.

Voici venus les prophètes de l’apocalypse qui nous prévoient les morts, au décuple des chiffres constatés mais qui continuent pourtant d’envahir les plateaux de TV et les « complotistes » (ce mot va bientôt devenir une insulte) dont les théories ne touchent plus le sol. Et encore, ces derniers ont peut-être l’excuse de vouloir se cramponner, « quoi qu’il en coute », à une illusion de sens pour ne pas sombrer dans le chaos délétère ambiant.
Quand la raison est assaillie, étouffée, noyée, ce qui n’est pas raison en l’homme peut prendre le relais pour assumer l’instinct de vie…

Prophète contre complotiste, alarmiste contre « rassuriste », pro / contre vaccin, discipliné contre irresponsable, la société humaine n’a jamais été autant clivée, divisée.

Et c’est précisément dans cette division que le germe de la folie, de l’injustice, de la mort, peut lever.


Cette crise est avant tout une mise à l’épreuve individuelle.

Vouloir préserver la vie, « quoi qu’il en coûte », a entraîné une rupture brutale avec tous les liens de ce qui la fonde, la nourrisse, l’entretienne.
Quelle valeur réelle, objective, a une vie dans les conditions imposées aujourd’hui ?
Ce refus de toute mort, maquillé en ardent désir de vie, est une mort prématurée !

Il parait que toutes ces mesures extrêmes et aveugles n’ont pour seul but que de défendre la vie.
Mais de quelle vie s’agit-il ?
La vie biologique ?
« Quoi qu’il en coûte » ? Méprisant toutes les dimensions autre que l’aspect vital ?
Autrement formulé, au détriment de l’existence, qui est vie avec sens, grandeur, valeurs, animée par les principes de liberté, de dignité, du sacré ?

La politique, l’exercice du pouvoir organisant une société, doit permettre à chacun de vivre ET d’exister librement…
Cesser d’exister pour rester en vie, voici la proposition que les pouvoirs en place tentent pourtant de nous imposer !

Que cela plaise ou pas, il nous faut l’admettre, la communauté humaine semble avoir atteint un seuil d’exigence éthique et spirituel terriblement bas.
Cependant, chacun à la responsabilité de se positionner. Vivre ou exister ?

Ce n’est pas une posture ou un exercice de pensée, c’est une réalité qui s’impose, bon gré mal gré. 
Jung, sans avoir été correctement compris, nommait ces interrogations métaphysiques qui s’imposent à nous, « un destin qui nous rattrape ».


Rester maître de soi.

Ces constats funestes et, en apparence, accablants ne sont pas vains et ne doivent pas être désespérants.
Ce chavirement imposé des valeurs nous questionne, fatalement, directement, et singulièrement.
Cette période de violence psychologique extrême constitue aussi une opportunité.

Le changement profond n’est jamais tranquillité, docile inflexion, il est toujours inscrit dans une impérieuse nécessité, un périlleux rappel à nos priorités intérieures.
Développer la pensée critique, c’est faire en sorte de transformer les éléments de notre subjectivité en objet de la pensée. C’est une perméabilité au monde qui accroit le monde et soi en même temps.
Penser en fonction des ressources propres à l’esprit et non par rapport aux modalités instituées par des appareils de pouvoir.
Qu’importe l’avis des experts de tous bords, les informations officielles, la pensée dominante, écrasante. Il est grand temps que l’on se mette à penser par nous-mêmes, de manière libre.
Ne plus laisser les termes idéologiques et les assertions du pouvoir gagner le siège de la subjectivité mais reconquérir une vision lucide, validée par notre pensée et des sentiments congruents.
La question du sens de la vie pour chaque être humain est étroitement liée à celle de la capacité d’établir des liens.

Lien social qui fonde l’humain...
Lien avec l’autre,...
Lien avec cet « autre » qui sommeille en nous, et qui appelle à la vie dans sa virginale authenticité .

Sortir de la caverne, c’est conquérir la liberté, c’est donner vie à ce qui n’était pas vivant, c’est édifier un sens.

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