mercredi 20 novembre 2013

Une définition du bonheur ?


          
 S'il est bien une donnée insaisissable, c'est la définition du bonheur...plénitude de l'être pour certains, réalisation familiale pour d'autres, elle revêt un caractère singulier à chacun, lié tant au parcours de vie, qu'à sa boussole interne (voir à ce sujet, les fonctions psychologiques). La philosophie, qui s'est beaucoup nourrie de ce thème, a ébauché une proposition générale.
 
Hédonisme versus eudémonisme
 L'hédonisme est souvent assimilé à la recherche de satisfactions personnelles. Trop simpliste !
L'hédonisme est une voie philosophique menant au bonheur par la quête du plaisir et, critère tout aussi important, l'évitement des déplaisirs. Mais le plaisir n'est pas restreint aux sens (comme dans l'épicurisme par exemple) et s'étend aussi au contentement intellectuel, à la saveur d'une sérénité de l'instant, etc
Bien qu'attaché au développement personnel de l'individu, cette voie nécessite une connaissance fine et profonde de soi, du monde et des autres.
 
Souvent mis en opposition (à raison) de l'hédonisme et moins connu, l'eudémonisme est la pensée philosophique qui place aussi comme principe premier (celui qui va conduire tous les autres principes)  de la vie humaine la recherche du bonheur...à cette fin, la raison (dans son acception antique donc attachée à la vertu, l'éthique ou la morale) est le seul guide fiable.
En terme contemporain, on pourrait dire que l'eudémonisme permet de nourrir le juste et le vertueux pour nous, ou, plus simplement, d'édifier un sens à la vie.
 
On notera, au passage et pour l'anecdote, que le couple hédonisme/eudémonisme se rapproche de celui de l'introversion/extraversion.
 
 
Egoïsme versus altruisme ?
Finalement, l'hédonisme et l'eudémonisme ne peut il pas se traduire comme une forme d'égoïsme (je satisfais ma personne) face à de l'altruisme (je me construis en intégrant le monde) ?
 
La seule réponse qui me vient à l'esprit n'est pas de moi mais de Jésus dans l'évangile de Jean :
"Tu aimeras ton prochain comme toi-même !"
Société versus individu
Depuis quelque temps, j'entend beaucoup de choses sur l'altruisme, à commencer par la sortie récente de l'essai remarqué de Matthieu Ricard...je lisais récemment un article sur une recherche médicale qui conclut que l'altruisme (qu'il associe ouvertement à l'eudémonisme) se traduirait par un terrain génétique résistant face aux maladies...évidemment, les hédonistes/égoïstes posséderaient eux des gènes plus favorables à la venue de maladies.
Le message du collectif, en somme, est : "Soyez bons et vous serez en bonne santé et heureux !"
Mais qui peut donner ce qu'il ne possède pas ?
 
Le bonheur, une quête de soi qui conduit à l'autre
Je terminerais très rapidement bien que le sujet mériterait approfondissement et les questions sous-jacentes au thème sont nombreuses.
Les propositions de Jung ont ceci de séduisantes qu'elles traduisent l'appel de la vie et ne tombent dans aucun consensus...c'est une libération de l'individu, qui va tenter de se dévoiler face à lui-même, donc de se re-connaître, trouvant en chemin la paix en soi, et réaliser qu'une source en lui nourrit tous les autres autour de lui...
Bien entendu, libre à chacun de trouver ses outils et/ou son Jung pour y parvenir, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on est !
 
Aimons oui mais nous-même avant toute autre chose !
 
 

mercredi 6 novembre 2013

Raymond Abellio - La structure absolue

"J'ai mis longtemps à comprendre que l'homme né deux fois, la première fois de la mère, la seconde de la femme, s'affronte entre ces deux naissances à ce semblant d'énigme qu'est la féminité hors de lui, alors que le seul mystère est la féminité en lui, la seule alchimie..." Abellio

L'homme
De son vrai nom Georges Soulès, Abellio est souvent décrit comme un philosophe gnostique, ou un gnostique philosophe, voire un philosophe de la gnose...qu'importe les adjectifs, ce fut  avant tout un cherchant, un conquérant de l'âme humaine. Mort il y a près de 30 ans, il laisse derrière lui une bibliographie consistante et variée ( n'hésitant pas à exposer sa pensée gnostique à travers des romans).
Peu connu du grand public, il fait partie de ces hommes, contemporains de Jung, qui suivent le même sillon, portent une énergie similaire et construisent, en cheminant, leur propre sagesse , inspirante pour les générations qui suivent...voici qui justifie amplement le billet.

La pensée
Qu'il est difficile de résumer une vie d'introspection et d'écriture, que je suis loin d'avoir appréhendée...la citation en tête du billet expose l'un des pans de sa pensée, un rapport profond et ouvert à la féminité.

En fait, Abellio, amateur de phénoménologie (philosophie de l'expérience vécue),  a rapidement fait le constat des antagonismes apparents au sein de l'homme, des couples de complémentaires présents dans tous les champs de l'être (anthropologique, social, ontologique, éthique, esthétique, ...). Durant 30 ans, il n'aurait de cesse de comprendre comment concilier et unifier ces facettes.
L'aboutissement de ses recherches, apogée de ce que l'on traduit par la "gnose abéllienne" est la découverte de la structure absolue.
"...la structure absolue ne se donne pas comme une recette ou une méthode d'organisation ou de classification entre d'autres, mais comme un pouvoir universel engageant un mode entièrement nouveau de connaissance, c'est à dire de communication avec le monde, et par conséquent aussi un mode entièrement nouveau d'existence."


La structure absolue
Tentons la simplicité, au risque de la simplification; chaque champ de l'être répond à quatre pôles réparties en deux paires d'opposition qui se croisent selon deux axes...cette structure hélicoïdale marque l'assomption des essences vers le haut et leur incarnation vers le bas.
Vous n'avez rien compris, c'est normal...prenez alors le brin d'ADN et coupez le transversalement. A noter d'ailleurs que la génétique a passionné Abellio, tout comme l'étude du Yi-king, établissant le lien entre les 64 hexagrammes et les 64 codons de l'ADN.
La structure absolue est une approche et une voie ("vois") supposée transformer, de l'intérieur, l'homme pour qui aura su saisir les pôles, deviner les paires d'opposées et sentir la dynamique en cours, processus de construction naturelle, vision unifiante de l'interne et de l'externe.

Je pense m'être aventurer un peu hâtivement sur les rives abelliennes mais si jamais j'ai éveillé quelques curiosités aux lecteurs, peut être aura t'il envie de s'aventurer sur cette mer profonde de savoir et de vécu ?

Pour être plus atrrayant et si le temps m'est donné, je ferai un billet complet sur les nombreuses similitudes entre la pensée de Abellio et de Jung...