vendredi 13 septembre 2013

Le rêve selon Jung

« En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu'il nous voit bien différent de ce que nous croyons être. » Jung
Le rêve est un produit de la nature selon Jung;  il utilise un langage archaïque ce qui le rend souvent délicat à traduire...à l'instar de Freud, il pense que c'est le canal idéal pour instaurer un dialogue avec l'inconscient.

Nature du rêve
Le caractère naturel du rêve que j'évoquais juste au dessus implique une considération très particulière de ce dernier. L'homme étant coupé de son lien originel avec la nature (puisque la différence entre le "primitif" et l'homme contemporain est le niveau de conscience, qu'on a un peu facilement et sans fondement réel associé à une évolution positive), le langage du rêve lui est difficile d'accès.
Intuitivement, Jung aimait parler du rêve comme le gardien du sommeil...

Fonctions du rêve

  1. Cliché instantané de la psyché : Selon Jung, le rêve témoigne, de la manière la plus précise qui soit, de l'état de la psyché à un instant donné.
  2. Rétablissement de l'équilibre psychique : Conscient et inconscient doivent être reliés, afin de contribuer, conjointement, à la construction de l'individu. Toute attitude unilatérale (refus de l'inconscient ou, au contraire, perte des réalités conscientes) est traduite dans le rêve et, symboliquement, tirée vers une compensation menant à un équilibre psychique.
  3. Sens prospectif : Au delà de son rôle de compensation, Jung a constaté, notamment par l'étude de série de rêves, qu'il y a a un élan, une dynamique de construction qui se dessine dans les rêves. Guidé par un fil d'Ariane intérieur (qu'il nommera Soi, voir  ici), le rêveur est accompagné dans sa métamorphose intérieure.


Utilisation du rêve
Si l'on connait l'importance du collectif et de son influence sur l'individu dans l'oeuvre de Jung et s'il admet que des éléments oniriques peuvent avoir des signifiés communs, force est de d'admettre que les rêves portent un sens singulier pour chacun...aussi, quoi qu'on puisse lire ou écrire, le seul véritable interprète du rêve ne peut être que le rêveur lui-même.

Succinctement, Jung distingue deux plans dans l'interprétation du rêve :
  1. Le plan de l'objet : Les éléments oniriques sont examinés en lien avec leur "résonance"actuelle du rêveur ainsi que la valeur au regard du passé, notamment de l'enfance. C'est l'aspect réductif d'interprétation (qui résume en gros l'interprétation freudienne qui s'arrête aux question de réfoulement),
  2. Le plan du sujet : Cette méthode s'appuie sur le caractère prospectif du rêve (qu'est ce que ça veut ?). On va, cette fois, s'attarder sur les éléments du rêve en les considérant comme une dimension "cachée" (ou projections, voir ici) du rêveur...c'est la méthode constructive ou synthétique.
Ainsi, on voit aisément que l'interprétation des rêves pour Jung s’appuie sur la "méthode freudienne" (d'où je viens) , enrichie par un autre niveau de complexité (où je vais).

Je garde pour un prochain billet d'autres aspects importants du rêve pour Jung comme l'interprétation sur le plan transférentiel ou la méthode d'amplification...pour approfondir ce que je viens d'évoquer, je vous recommande l'ouvrage "L'homme à la découverte de son âme" (voir ici).