mercredi 15 janvier 2014

Jung et l'alchimie - Gérard Dorn



L'heure est à l'alchimie, en témoignent les instructifs billets du blog de notre amie Ariaga sur le pavé Psychologie et alchimie de Jung (Voir ici notamment ).
Sans retracer l'histoire qui mena le psychologue à étudier de très près cet autre "art royal", avec l'étude des rêves, j'ai envie d'évoquer celui qui l'a beaucoup inspiré et qui est abondamment mentionné dans son opus Mysterium conjonctionis : Gérard Dorn.

Biographie

Belge de naissance et mort en 1584 (vraisemblablement) à 54 ans en Allemagne, on a très peu de trace historique sur la vie de cet homme de la renaissance. Tout au plus restent ils certains de ses écrits, permettant d'affirmer qu'il fut très influencé par les œuvres de Paracelse, qu'il fut d'ailleurs le premier à publier et à traduire du latin.
C'est un autre disciple de Paracelse chez qui il étudia dans sa jeunesse, très peu connu car n'ayant pas publié en son nom, Adam Bodenstein, qui lui permit de découvrir l'alchimie.

Pensée et philosophie

Au risque de la réduction, tentons d'être concis.
S'il fut ardent défenseur de Paracelse, c'est principalement l'intégration de "valeurs christiques" dans le travail alchimique qui intéressa Dorn.
C'est donc naturellement qu'il dénigra le travail en laboratoire le jugeant inefficace, et fut un des premiers à évoquer "l'alchimie spirituelle", cette quête intérieure qu'il définissait non pas comme la rédemption de Dieu en l'homme mais comme la rédemption de Dieu par l'homme.
Propos éminemment hérétiques pour l'époque. 
Cette proposition est évidemment des plus pertinentes dans le cadre de la pensée de Jung.
Eléazar, maître de Flamel

Dorn et Jung

Lors de son voyage en Inde, en 1936, Jung frôla la mort à cause d'une dysenterie sévère et fit, dans un état comateux, une série de rêves et délires ayant pour thème le Saint Graal, période qui marqua un tournant dans son approche du Soi et de l'individuation.
Conscient que ce voyage ne devait pas marquer la pause de sa quête intérieure, il emmena comme livre le Theatrum Chemicum de Dorn. 

Ce dernier sera probablement l'ouvrage le plus important et un des plus mentionné dans ses études sur l'alchimie.

La voie royale

Comme évoqué symboliquement sur l'image de Eléazar au dessus, il existe deux voies principales de "réalisation alchimique", la voie humide, lente, sure, de distillations successives et la voie sèche, rapide, dangereuse, à base de bave de dragon, sel igné, feux mercuriels.
Jung se basera sur la proposition d'une nouvelle voie, initiée par Dorn, la voie royale, s'appuyant sur les deux autres mais centrant "l'opératif" au sein de la psyché humaine, lieu de rencontre et d'union de la matière et de l'esprit (au passage, notons également que Dorn est à l'origine d'un concept repris par Jung, l'Unus Mundus).


"De pierres mortes, transformez-vous en pierres philosophales vivantes. "
Dorn


6 commentaires:

Ariaga a dit…

Superbe article ! J'y reviendrai plus longuement. Amicales bises.

Ariaga a dit…

J'ai relu, c'est du béton ! Amicales bises.

Benoit Mouroux a dit…

Merci Ariaga,
Je suis touché par ton appréciation positive...
A très bientôt
Jean

Anonyme a dit…

Je vous signale que l'intégrale en français des écrits de Gerard Dorn est en train d'être publiée chez BEYA Éditions (Paracelse, Dorn, Trithème; Défenseurs du Paracelsisme; La Clef de toute la Phylosophie; L'Artificium Chymisticum).
Bonne lecture à ceux que cela intéresse!

Anonyme a dit…

Je découvre cet article ce soir, pat le biais du livre de Christine Hardy : "La prédiction de Jung, la métamorphose de la Terre". Merci !
A bientôt

Benoit Mouroux a dit…

Merci à vous pour votre passage.

Bonne soirée,
Jean