dimanche 19 juin 2011

J'aimerais savoir pourquoi...



A plusieurs reprises ces derniers mois, une réflexion m'est venue en regardant la télé. Lors d'un journal, une nouvelle terrible mentionnée des meurtres atroces perpétrés par un déséquilibré, finalement retrouvé, jugé, estimé irresponsable et enfermé dans un hôpital psychiatrique. Plus tard, un documentaire retraçait le parcours et l'enquêté autour d'un meurtrier américain, qui découpait ses victimes en conservant certains morceaux chez lui. Dans ces deux les cas (les plus récents, d'autres pourraient être cités), le journaliste et le policier enquêteur faisaient part de la même perplexité et soulevaient cette question ultime : "Mais pourquoi ?"



N'est il pas évident, avec un peu de recul, de reconnaître que ces meurtriers sont fous ? ou, pour être plus précis, qu'ils n'ont aucune conscience de la nature abominable de leurs actes ? En se demandant "pourquoi", nous leur attribuons nos valeurs de conscience, de jugement, de moral mais justifier des actes aussi extrêmes par la raison commune est tout simplement impossible...un individu dont l'équilibre mental n'est pas perturbé ne peut agir de la sorte, seule une grave dissociation psychique peut parfois y aboutir et, dans ce cas, la réponse repose dans un autre monde que "le notre". Mais qu'il est difficile de l'accepter, d'avouer vaincu notre monde que nous croyons si solide. 
Je fus troublé devant l'image de cet enquêteur, au bord des larmes, expliquant que la seule chose qu'il souhaiterait, c'est savoir pourquoi ces atrocités. Pourtant il avait vu l'appartement du meurtrier, les dessins délirants aux murs, les trois télés alignés avec le canapé en face, les cassettes pornographiques rangées en triangle sur la table basse tel un autel à sa folie...mais il semblait l'ignorer en raisonnant selon ses propres références. 

L'altérité est une notion délicate et pourtant essentielle. Nous répondons tous à notre propre subjectivité en ignorant que chacun a la sienne propre. Reconnaître la nature de ce qui est autre peut changer la vision du monde. En fait, cela oblige à un sacrifice qui peut sembler injuste...la démarche conduit à une plus grande clarté sur soi-même, les autres, donc ce sacrifice est nécessaire. Contrairement à ce que j'ai lu parfois, je suis convaincu que cela ne conduit pas vers une prise de distance des choses (on ne relative pas les meurtres atroces qui resteront atroces) mais au contraire vers une plus grande lucidité qui réattribue leur véritable valeur aux objets (déconstruisant les projections) en épurant sa propre identité d'illusions diverses.
Voici des extraits de Jung,  :
"...On se rend compte, on est même intimement persuadé que, si tous les hommes se livraient à cet examen de conscience, la vie aurait des chances de devenir un peu plus supportable, ce qui n'empêche pas d'éprouver - tout de bon - une aversion violente à s'y soumettre soi-même. Si les autres le faisaient, quel soulagement! ..."
"...Si vous parvenez à quelque chose grâce à la psychologie, c'est bien à une conscience plus vaste. Et il ne s'agit pas, alors, d'en faire mauvais usage et de tirer des conclusions mégalomanes : on est coupable de tout ou même on porte le péché du monde. Nous ne sommes pas des dieux, nous sommes juste et encore trop inconscients. Nous ne sommes qu'au début d'une vraie conscience. Il ne devrait donc plus exister de cas où des personnes qui sont censées savoir cela ne veulent pas en tenir compte ni réfléchir parce qu'elles sont stupidement naïves ou paresseuses..."

6 commentaires:

Phène a dit…

Pourquoi quoi ?... Amitiés

nicole a dit…

en effet chercher une explication aux comportements aberrants c'est tenter de faire entrer une orange dans une bouteille,

le monde de la psychose est aussi logique que les rêves peuvent l'être parfois...soit aucunement, tout n'est qu'affect....

l'inconscient a à nos yeux aucune morale, mais il a ses nécessités qui se nomment pulsions, compensations, réparations....

Le fou a sa propre cohésion à défaut d'avoir sa propre cohérence.
Ceci dit comprendre n'est pas excuser ou accepter. Mais comme ta réflexion t'y a amené , notre propre vision aide-telle vraiment à comprendre...?il faut en effet croire jung qu'un élargissement de la conscience puisse permettre de un ,le retrait de projections et de deux ,un tentative de saisir un monde que si on s'en approche vraiment peut nous happer.

L'imagination active ouvre la porte à ce monde mais jung qualifiait l'aventure de dangereuse même si, en principe ,salutaire car elle donne une voix aux contenus inconscients et un possible dialogue avec notre conscience.

le fou, le psychotique est un inconscient ambulatoire....perdu dans notre monde.

amicalement nicole

Ariaga a dit…

Tout à fait d'accord avec ce texte. L'absolument autre existe, simplement nous n'avons pas le code pour le comprendre et nous ne pouvons pas nous re-présenter ce qui ne s'est jamais présenté. Je pense aussi à ce que Jung dit sur l'immense effort de l'Humain pour accéder à un minimum de degré de conscience. Et il y a toujours des ratés ...

Michelle a dit…

Merci pour ce billet. Il m'a toujours semblé étrange de vouloir établir si une personne était "folle" ou sensée au moment où elle a par exemple tué ses enfants! L'être humain est parfois submergé par ses contradictions intérieures non résolues, et si alors l'inconscient prend la place de la raison, ouf, quels dégâts!

Anonyme a dit…

je ne sais pas si c'est le lieux mais ces tueries récentes me répugnent les humains sont une bête qui tuent une bête ensuite ils jettent la dépouille à la mer comme si c'était une poubelle

sans compter le nombre de défunts filmé alors qu'ils ne sont pas couverts et passés au jt

tout cela me dégoûte profondément et ces images sont visionnées par les enfants qui ne sont que les otages de ces prétendus humains

Jean Bissur a dit…

Bonsoir Anonyme,

Ton commentaire résonne juste pour moi, les récentes images de Lybie m'ont profondément choquées ry je voulais faire une suite à ce billet...je laisse d'abord les cendres arrêter de fumer.

Amitiés