samedi 28 février 2015

De l'archétype en action

Raymond Hostie (1920-1999), prêtre jésuite ayant collaboré pendant un temps avec Jung, est l'auteur d'un ouvrage remarquable, Du mythe à la Religion, apportant un éclairage rigoureux et passionnant sur le rapport entre la pensée religieuse (au sens institutionnel) et la psychologie analytique. 
Au fil des pages, il entreprend, notamment, le décryptage de l'émergence de l’archétype à la surface de la conscience. 
Pour ce faire, il définit, arbitrairement, des "étapes" présentées ci-dessous :
1- Les archétypes, noyaux énergétique puissants, sont dans la "strate" psychique de l'inconscient collectif. Leur état n'est pas formalisé mais constitue comme un "potentiel latent".
2-Dans la vie psychique d'un individu ou d'un groupe d'individus, à un moment donné, un ensemble d'éléments va  posséder une inclinaison, une tonalité, en lien avec un archétype. Le phénomène de constellation (ensemble uni par un schéma général) constitue l'apport d’énergie déclenchant l’activation, l'actualisation du potentiel de l’archétype,
3- Ce "réveil" archétypal constitue une importante "charge énergétique psychique" qui s'insinue dans la conscience. Sa manifestation est diverse (rêve intense, "illumination intérieure", synchronicité, etc.) mais sa réception va définir le résultat final. L'état d'équilibre du moi et la collaboration de l'individu ont un rôle prépondérant : si l'adhésion de la conscience opère, une importante étape de transformation est ouvert...dans le cas contraire, peut se produite une tempête psychique catastrophique,
4- La conscience perçoit intensément l'activité archétypale comme "autre",
5- De l'interaction entre la conscience et ce flux énergétique naît le symbole. Le matériel représentatif qu'apporte le sujet est ordonné, constellé par l’archétype qui lui donne sa signification. Le revêtement symbolique de l’archétype varie en fonction du lieu, du temps et de l’individualité dans lesquels il s'impose,
6- Le symbole se manifeste à la conscience comme une réalité ne venant pas du moi, il en est indépendant,
7- La polyvalence du symbole invite la conscience a une confrontation, médiation, réflexion, explication spontanée ou méthodique si elle se fait dans le cadre de l'analyse.


" L’expérience vivante d'un archétype est souvent éprouvée et cachée comme le secret le plus individuel qui soit, précisément parce que le sujet se sent atteint au plus profond de son être; elle est une sorte d’expérience originelle du non-moi de l’âme, d'un partenaire intérieur qui invite au dialogue, a la discussion et a la confrontation ". 
Psychologie de l'inconscient Jung



Sommaire "Archétype" (Cliquer pour y parvenir)

dimanche 22 février 2015

Ces rêves qui vous protègent et vous guérissent

Dans le prolongement de l’œuvre de Carl Gustav Jung, Christiane Riedel met ici en évidence le pouvoir thérapeutique des rêves. Elle présente des rêves inédits, actuels, surprenants, elle les analyse et montre ce qu’ils peuvent révéler sur la santé et les multiples dangers du quotidien. 
En s’appuyant sur les exemples de 123 rêves, elle explique comment les rêves prennent soin de l’intégrité physique et psychique du rêveur, de la naissance à la mort. Cette analyse permet en outre de mettre en lumière certaines mentalités nuisibles, voire délétères. 
Le rêve, jouant son rôle compensatoire, conseille une thérapie alchimique très « incorrecte » qui va à l’encontre des idées et de la morale ambiante. Avec compétence et courage, Christiane Riedel révèle la formule maudite du remède alchimique que prescrit l’inconscient, elle explique précisément ce processus salutaire qui permet la transmutation. Cette thérapie révolutionnaire apporte des solutions insoupçonnées et efficaces pour soigner notre société en danger. Si elle peut dans un premier temps choquer, elle soulage et libère ensuite d’une façon dynamique et vivifiante. 
Telle est la solution thérapeutique actuelle, redécouverte par le médecin psychiatre C. G. Jung. Telle est aussi la clé qui dévoile le sens de bien des rêves aujourd’hui. 

Ancienne élève de l’École normale supérieure, Christiane Riedel a accompli sa carrière de professeur en France et à l’étranger. Parallèlement, elle a étudié l’interprétation des rêves aux États-Unis, à Berlin et à Paris. Spécialiste de l’interprétation des rêves et analyste des profondeurs, elle propose une approche exclusive et novatrice. En 1991 elle fonde sa propre académie (AIIRVQ) où elle consulte, enseigne et poursuit ses recherches sur les rêves et leurs symboles. Elle est régulièrement interviewée par les médias et donne des conférences en France comme à l’étranger. Elle a écrit "Rêves à vivre", "Les rêves et les symboles de la vie quotidienne" et "Amour et sexe dans vos rêves" et depuis 2007 anime un blogue très instructif

jeudi 12 février 2015

L'amour éternel...





Dans le Péloponnèse (sud de la Grèce), des archéologues ont découvert la sépulture d'un couple enterré enlacé d'environ 6000 ans.

Des archéologues ont fait dans le Péloponnèse (sud de la Grèce) une découverte rare, la sépulture d'un couple enterré enlacé. Il remonte à quelque 6000 ans, a indiqué jeudi le ministère de la Culture dans un communiqué.

Le couple, réduit à l'état de squelettes, vivait aux environ de 3800 avant Jésus Christ, selon la datation au carbone 14. Il a été découvert dans une grotte à Diros, tout au sud de la péninsule, selon le ministère.


Dans son communiqué, celui-ci note que "les sépultures doubles avec enlacement sont très rares, et celle de Diros est l'une des plus anciennes sinon la plus ancienne trouvée jusqu'à présent dans le monde".

Le tests ADN ont montré qu'il s'agissait des restes d'un jeune homme et d'une jeune femme, enterrés parallèlement l'un à l'autre, comme des cuillères.

mardi 27 janvier 2015

Séminaire de 1925 - Nouvel ouvrage de Jung


...dans la fameuse collection de chez Albin Michel.

Sortie prévue le 18 février 2015.

Note de l'éditeur :
En 1925, alors en pleine rédaction de son Livre Rouge, Carl Gustav Jung présente une série de séminaires en anglais au cours desquels il parle pour la première fois en public de son attirance pour le spiritisme dans sa jeunesse et les expériences qu’il en eut, sa rencontre avec Freud, la genèse de sa psychologie et sa propre expérimentation de ce qu’il a appelé sa «confrontation avec l’inconscient», décrivant en détail nombre de ses rêves et fantasmes ayant joué pour lui un rôle déterminant. Il expose ensuite ses idées générales sur la typologie psychologique et les archétypes de l’inconscient collectif, s’appuyant sur des cas d’analyse et diverses discussions portant sur l’art contemporain. Il aborde notamment les éléments contrasexuels de la personnalité, l’anima et l'animus, dont il discute avec les participants aux séminaires à partir d’analyses psychologiques de romans populaires. Les notes de ce séminaire constituent le seul écrit biographique de Jung publié à ce jour et rendent compte de manière claire et pertinente du développement de ses travaux et réflexions. Cette édition révisée est enrichie de notes additionnelles, d’une introduction de Sonu Shamdasani, éminent spécialiste de l’histoire de la psychologie et de Jung dont il fut notamment l’éditeur du célèbre Livre Rouge.

dimanche 23 novembre 2014

Emma Jung - Love and sacrifice

Une fois n'est pas coutume, je voudrais évoquer un ouvrage, réservé aux anglophones, qui devrait receler quelques pépites. Sorti il y a quelques jours, il évoque la vie d'Emma Jung. Celle qui a accompagné, soutenu, inspiré et, même on peut le dire, supporter le psychologue zurichois pendant des décennies, dans des conditions pas toujours des plus confortables. 

Comme Jung le mentionne fréquemment dans ses correspondances, sa pensée n'aurait pas été la même sans cette patiente et attentionnée muse...à noter une contribution, et pas des moindres, de leur plus jeune fille, Helene Hoerni-Jung, malheureusement disparu cet été.

jeudi 13 novembre 2014

Mort annoncée...l'essentiel est en vue.


LE SCAN TÉLÉ - Atteint d'un cancer depuis 2012, Sam Simon a décidé de verser près de 100 millions de dollars à des organismes de bienfaisance.

"J'ai fini par être entouré de gens qui m'aiment, qui prennent soin de moi et qui feraient n'importe quoi pour moi. C'est un bon sentiment. Ça s'appelle le bonheur."


Ça s'appelle le désespoir ou le rachat moral Sim mais tout cela est sans importance !

mardi 11 novembre 2014

Site Jung, Rêve, Alchimie, Homéopathie - Les rêves


Le site (voir ici), en association avec mon amie Ariaga, prend doucement sa forme. Comme tout enfant, il demande temps, patience, cadrage et recadrage, mais c'est une vraie joie que de le voir évoluer et grandir...

Aujourd'hui a été déposé un matériau rare, précieux, riche...la première partie d'une série de rêves. La rêveuse, anonyme mais totalement consentante sur l'usage de ses produits oniriques, va nous permettre, graduellement, de plonger au sein de la dynamique psychique et découvrir l'alchimie intérieure à l'oeuvre.

Evidemment, cette série de rêves ne sera exploitée que beaucoup plus tard, avec l'avancement du site, mais je pense que, d'ores et déjà, ce dépôt pourrait être une véritable base de réflexion, d'études voire d'inspiration pour certains.



vendredi 31 octobre 2014

"Prayer in C" - L'art porte parfois une énergie collective



Dieu*, tu n'as jamais rien dit
Tu ne m’as jamais envoyé de lettre
Ne crois pas que je pourrais te pardonner

Regarde notre monde qui se meurt lentement 
Je ne vais pas perdre davantage de temps
Ne pense pas que je pourrais te croire

Dieu, nos mains vont se rider de plus en plus
Et nos cheveux, ils vont devenir gris
Ne crois pas que je pourrais te pardonner

Et vois ces enfants qui meurent de faim
Et leurs maisons qui ont été détruites
Ne crois pas qu’ils pourraient te pardonner

Hé, quand les eaux recouvriront les terres
Et quand les hommes ne seront plus
Ne crois pas que tu pourras te pardonner

Oh, quand il n'y aura plus que le silence
Et que la vie ne sera plus
Ne crois pas que tu te pardonneras

* Ya pour Yahweh (Yahvé)

Comme les fidèles du blog le devineront, je suis sensible à la musique, qui accompagne ma vie autant que possible.
Cette chanson, entraînante, qui connait un grand engouement auprès de nos chères têtes blondes, mérite qu'on s'attarde un peu sur les paroles contenues car, même si elles ne sont pas comprises par la plupart, elles sont porteuses de choses, exprimant peut être ce malaise générale qui accompagne la nouvelle génération, en quête d'un sens difficile à toucher dans une société vendant du rêve qui ne peut pourtant pas s'acheter...
J'apprécie la chanson, mais cette traduction, approximative, résonne comme ce réflexe humain, que Jung avait pertinemment pressenti et longuement décrit, qui remet nos propres responsabilités au main d'autre chose, si possible très lointain, pour ne pas s'y confronter. Si l'on accepte l'idée d'un objet transcendant qui nous dépassera toujours, comment lui incriminer la vieillesse, l'iniquité, l'inégalité et, surtout, comble de la dérision, s'imaginer qu'un doute et que des sentiments humains l’assailliraient ?
Anthropomorphisme quand tu nous tiens !
Ces paroles, et j'assume ma position au risque de passer pour un VC (v.... c..), sont l'expression d'une fausse religion, d'un égarement collectif que l'individu peut et doit briser.

dimanche 12 octobre 2014

Louis Claude de Saint Martin - Pensée et sentiment


"Je ne m'arrête point à examiner si dans la conduite ordinaire de l'homme, sa volonté attend toujours une raison décisive pour se déterminer, ou si elle est dirigée par l'attrait seul du sentiment ; je la crois susceptible de l'un et de l'autre mobile, ; et je dirai que pour la régularité de sa marche, l'homme ne doit exclure ni l'un ni l'autre de ces deux moyens, car autant la réflexion sans le sentiment le rendrait froid et immobile, autant le sentiment sans la réflexion serait sujet à l'égarer."
Des erreurs et de la vérité

dimanche 7 septembre 2014

Site : Jung, Rêve, Alchimie, Homéopathie

Facebook : Page Facebook

"Le site, en chantier, est plein d'imperfections mais je dirai heureusement ! car nous pourrons ainsi le bonifier au fil des semaines, des mois, des ...
L'initiateur du site est mon ami Jean Bissur auteur du blog Autour de Carl . C'est aussi le maître d’œuvre, celui qui rentre les textes, qui fait tout ce que je ne sais pas faire et qui en plus écrit des texte fort intéressants.
Pour ce qui est de moi, j'ai apporté une thèse, soutenue il y a une quinzaine d'années, sur Jung, les rêves, l'alchimie etc. Cette thèse est comme le corps d'une armoire avec des tiroirs et elle sert de structure au site. J'ai entrepris, et j'entreprendrai, dans les textes publiés, de donner la parole à "l'autre je" dont je parlais dans ma note 
: l'emploi du nous dans la thèse. Je pense que ce travail d'auto-critique diminuera le sentiment d'insatisfaction que j'ai ressenti, même si le résultat de dix années de recherche et de réflexion pouvait être considéré comme un succès.
Jean Bissur et moi avons ouvert un beau tiroir pour mon ami de longue date le Docteur Bernard Long, homéopathe, auteur de nombreux écrits, et homme de cœur.
Nous avons aussi réservé un tiroir à ce que je préfère à tout, la poésie. J'y ai déposé certaines de mes poésies "alchimiques" et sous la rubrique poétique culinaire Maire-Claire Frédéric nous a offert un premier poème.
Évidemment, pour que l'équipe soit au complet, nous avons demandé à ÉPHÊME d'être l'illustrateur du site. Vous avez, par exemple, en tête de cette note le "cul de lampe" de la page d'accueil.
Le Laboratoire continue sa vie normale et je comprendrai très bien que le site ne vous intéresse pas car il sera moins convivial. Je reviendrai vers vous pour vous en donner des nouvelles quand ce ne sera plus un nouveau-né."
Ariaga

samedi 2 août 2014

Quelques mots...pour les vacances.


"Et à propos de Dieu nous ne pouvons que penser qu’il est la raison la plus profonde de toutes choses, en ce sens pourtant qu’il ne peut être saisi par aucune chose, de par la force propre de la chose ; mais de même que le soleil avec sa lumière et sa force s’introduit dans les choses sensibles et animées et agit avec toutes choses et y participe à leur entrée dans l’être : il nous faut entendre la même chose du Verbe divin avec la vie des créatures."
Jacob BOEHME, Mysterium magnum.







"Je n'aime qu'une chose et ne sais ce qu'elle est,
Et parce que je l'ignore, je l'ai choisie. "

Angelus SILESIUS, Le Voyageur chérubinique



« Le plus haut point de l’élévation se trouve au plus profond de l’abaissement. ».

Maître Eckhart, Traités et sermons






"Ah ces braves gens, tous pleins de leur zèle et de leur santé, ils me donnent toujours l’impression de têtards optimistes qui, serrés dans une mare, agitent gaiement leur queue au soleil dans l’eau la moins profonde qui soit et qui ne soupçonnent pas que dès demain la mare sera sèche."
Jung, Ma vie 






"Heureux soient les fêlés, car ils laissent passer la lumière"

AUDIARD

lundi 14 juillet 2014

Un projet qui me tient à coeur...



Avec ma chère amie Ariaga, une idée a germé dans nos têtes il y a quelques mois : un projet de site commun, alliant les thèmes de la pensée jungienne, de l'alchimie, de l'homéopathie uniciste, de la poèsie alchimique.
Sans vouloir dévoiler trop à l'avance le contenu de ce site, je réalise seulement aujourd'hui que je ne l'ai pas mentionné sur mon blog...erreur corrigée.
Un troisième larron se joint à nous, en la personne du Dr Bernard Long, qui apportera ses connaissances très éclairées en homéopathie (c'est aussi, pour le sujet qui nous concerne, un véritable connaisseur de Jung). Pour ceux qui ne le connaissent pas, une simple recherche google en apprendra plus long que tous mes développements.

Comme nous ne voulions pas jouer au jeu de la procrastination, nous nous sommes mis une date butoir pour le lancement du site, le 07 septembre 2014.

Vous voulez savoir pourquoi cette date : L'explication est ici.

Et, l'air du temps s'y prêtant, nous avons créer un compte facebook dédié à ce site, espérant nourrir les quêteurs que sont les lecteurs de nos blogs.

A très bientôt donc, 
Jean




dimanche 15 juin 2014

De l'engagement...

Goethe

"Aucune initiative ne pourrait se concrétiser sans engagement. Jusqu’à ce qu’un être se soit engagé, il y a de l’hésitation, la possibilité de se retirer, toujours, de l’inefficacité concernant tous les actes d’initiation et de création.

Il y a une vérité élémentaire dont l’ignorance tue les idées innombrables et les plans splendides : au moment où un être s’engage définitivement, la Providence bouge aussi. Toutes sortes de choses arrivent pour aider, qui, autrement, jamais ne se seraient produites. Tout un courant d’événements issus de cette décision s’élève en sa faveur sous la forme d’incidents fortuits, de rencontres, d’assistances supra-sensibles qu’aucun homme n’aurait pu rêver trouver sur sa route.

Quoi que vous puissiez faire ou rêver, commencez-le maintenant."

Johann Wolfgang von Goethe





lundi 21 avril 2014

Qu'étais je avant d'être moi ?

Sortant d'une retraite un peu forcée, je visionne pour la énième fois la derniere interview de Jung par John Freeman et, comme à chaque fois, une nouvelle chose m'apparaît.


Sur la première question, la reconnaissance de soi, la saisie de la conscience, du moi, de son identité d'être, Jung raconte les circonstances...jusque là, qui n'a pas vécu semblable événement ?
Là où se niche une différence fondamentale, c'est sur ce questionnement qu'il mentionne et qui a immédiatement suivi sa "révélation personnelle" :

Et j'ai alors pensé : "mais qu'ai-je été auparavant ?"

Parfois, peu de chose sépare le génie du commun...l'horizon du chemin qui y mène.

dimanche 16 mars 2014

Le guérisseur blessé


Une récente discussion sur le forum m'a ramené en mémoire ces mots exceptionnels de lucidité de Jung; je vous les livre...

"Celui qui veut connaître l'âme humaine n'apprendra à peu près rien de la psychologie expérimentale. Il faut lui conseiller d'accrocher au clou la science exacte, de se dépouiller de son habit de savant, de dire adieu à son bureau d'étudeet de marcher à travers le monde avec un coeur humain, dans la terreur des prisons, des asiles d'aliénés, des hôpitaux, de voir les bouges des faubourgs, les bordels, les tripots, les salons de la société élégante, la Bourse, les meetings socialistes, les églises, le revival et les extases des sectes, d'éprouver sur son propre corps amour et haine, les passions sous toutes les formes ; alors il reviendra chargé d'un savoir plus riche que celui que lui auraient donné des manuels épais d'un pied et il pourra être, pour les malades, un médecin, un véritable connaisseur de l'âme humaine".

Carl Gustav Jung
(in : L'âme et la vie, recueil de textes édité en 1963)

mardi 18 février 2014

"L'essentiel, c'est ce qu'onne voit pas !"

 
Alors qu'un billet alchimique, modeste mais que je n'arrive pas achever, est encore en gestation, un petit évènement du quotidien est saisi au vol.
 
L'exclamation spontanée d'une amie de longue date, journaliste, s'offusquant que son enquête soit entâchée par la retenue, même pas consciente, de ses interviewés.
 
Mais au final, au regard de ce que la vie attend de nous (pas de déterminisme véritable, juste un constat entre le germe déposé et ce que l'on accepte qui naisse en nous), n'avons nous pas la triste facilité de déposer nos propres attentes sur le manquement des autres ?
 
 
Billets connexes :
 


vendredi 3 janvier 2014

De l'importance de faire...


 
"C’est souvent une erreur de croire que l’intelligence doive toujours précéder la pratique. C’est surtout dans l’ordre des choses vraies que les abus de ce genre sont dangereux. Et, s’il est des cas où l’intelligence doive mener à la pratique, il en est mille autres où c’est la pratique qui doit mener à l’intelligence. L’usage des bonnes choses […] est de ce nombre ; si l’on veut s’acharner à les comprendre avant d’en approcher, il est probable qu’on n’en approchera jamais. Si, au contraire, on essaie d’en approcher avec simplicité et un désir vif et pur, il est probable qu’on en acquerra par un moyen quelconque le sentiment, et qu’on en goûtera la douceur."

(Op. cit., « pensée 862) Livre vert - Louis Claude de Saint Martin


Une année heureuse et lumineuse à tous les lecteurs du blog, réguliers ou passagers.
Jean Bissur

mardi 17 décembre 2013

Le torrent...

"...L'homme de 37 ans, père de deux enfants, comparaît aujourd'hui devant la cour d'assise pour le meurtre et le viol de cette fillette de 8 ans, mais tout de suite, la météo du jour, il va faire frisquet Louis apparemment..."

"...Merci Marie, en effet, ce débat autour de l'euthanasie est loin d'être aisé et suscite beaucoup de réactions, mais n'oubliez pas que durant toute la journée, Jeff de Bruges vous offre des ballotins de Noël, petits veinards..."

Est ce que quelque chose vous choque ?
Il n'y a pourtant pas de raison, apparemment, puisque, à quelques mots près, voici très précisément ce que j'ai entendu ce matin à la radio, RTL, donc de très grande audience, en l'espace de quelques minutes.

Saviez vous qu'à notre époque, un individu normalement "connecté" reçoit, en une seule journée, autant d'informations qu'une personne au 18ème siècle recevait durant toute sa vie ?
Me revient à l'esprit ce terme, inventé par Louis Claude de Saint Martin (voir ici ou là) d'homme de torrent, pour qualifier celui qui se laisse porter par les courants tumultueux et incessants des sollicitations externes, souvent sociétales, entretenant l'individu dans une appétence matérielle toujours renouvelée, jamais assouvie...la société que j'ai entraperçu ce matin, nourrit jusqu'à écœurement l'homme de torrent.

Je me suis rappelé, ce matin, cette défiance terrible que nourrissait Jung pour le collectif qui broie l'individu ou, pire, empêche son plein développement...

Mais, si jamais l'homme s'arrête un instant, accepte de contempler le torrent qui l'entraîne et, surtout,  ne tente pas de lutter contre, probablement entendra t'il ce petit murmure, ce souffle, spiritus, venant de l'intérieur, tuant soudain les désirs pour ne laisser la place qu'au Désir (encore une jolie expression de Saint Martin que cet homme de Désir).

lundi 26 août 2013

Devenir sens



Le sens de mon existence est que la vie me pose une question. Ou, inversement, je suis moi-même une question posée au monde et je dois fournir ma réponse, sinon j'en suis réduit à la réponse que me donnera le monde.

Extrait de "Ma Vie" 

lundi 12 août 2013

Place à la vraie magie...

 
L'été, son lot de soleil, d'heures où l'on réapprend le temps de vivre, voici un nouveau partage autour du piano...cette fois, j'ai été puiser dans le registre classique parmi les interprètes qui me font vibrer.
 
Dans l'espoir que cette parenthèse musicale vous relie, ne serait ce qu'un instant, avec la magie ambiante et la présence des dieux...






samedi 3 août 2013

Viktor Frankl - Psychologie et quête de sens

 
Le lecteur régulier de ce blog en aura pris l'habitude, j'aime évoquer, au gré de mes envies et émotions, des hommes et leurs pensées. Viktor Frankl est un personnage particulier dans le paysage de la psychologie, peu connu en France (doit on, à l'instar d'un Jung, établir un lien avec son intérêt pour ce qui n'est pas "rationnel" ?); son parcours de vie et son approche éminemment spiritualiste font de lui un personnage atypique et marquant...à découvrir donc.

Son histoire
Autrichien de souche, le petit Viktor démontra très précocement un intérêt pour l'homme, la conscience, la vie interne , psychique...établissant une relation épistolaire avec Freud à 15 ans, il le rencontra quelques années plus tard et le "père" de la psychanalyse marquera durablement Frankl (Même lors de son éloignement de l'école freudienne, il conservera un grand respect et une forme visible d'admiration pour Freud).
A noter également, et ce n'est pas si anecdotique, son adhésion à "l'école de Adler" qu'il quittera pour divergence de pensée. Déporté avec sa famille durant la seconde guerre mondiale, il fut le seul rescapé. Il paraît évident que cette expérience extrême aura un impact définitif sur l'orientation de son œuvre. 
Spécialisé en neurologie et psychiatrie, il fonda, sur le tard, un institut pour diffuser, pratiquer et enseigner sa psychologie spécifique, la logothérapie (de logos, à la fois parole, raison et idée éternelle).


Approche de sa pensée
Revenons sur l'épisode en camp de concentration.
Constatant que la robustesse physique n'avait pas de lien avec la survie des prisonniers, il réalisa qu'une force et un potentiel phénoménaux se nichaient dans ce qui constituait le sens pour l'homme...ceux qui réussissait à trouver un sens, une harmonie directrice pour eux dans le chaos extérieur apparent, parvenait à réveiller une énergie qui les maintenait en vie, coûte que coûte.

Pour Frankl, le sens de l'individu trouve sa source dans le spirituel. Il en a une définition assez personnelle d'ailleurs.
 "Un homme qui a trouvé une réponse à la question du sens de la vie, est un homme religieux". 
Il va même plus loin en mentionnant un inconscient spirituel, mais ce billet ne me permet pas de m'étendre plus avant (pour le moment).


Si loin de Jung ?
Objectivement, de nombreuses similitudes se retrouvent dans leur pensée :
  • le domaine de la religion et du sacré sont à considérer à part entière,
  • l'homme est une totalité trinitaire, guidée par le "spirituel",
  • certaine névrose sont liées à une religiosité refoulée (l'âme en souffrance de Jung),
  • l'homme doit laisser vivre en lui la "spontanéité" (chez Frankl, elle est similaire au "non rationnel" de Jung),....
La liste est loin d'être exhaustive....j'aime aussi rapprocher leur personnalité qui les a conduit tous les deux, au cours de leur vie, à des ruptures fortes au nom de leur autonomie de pensée.
 
Frankl rejette les propositions de Jung
Si j'ai insisté sur l'attachement originel de Frankl à Freud, c'est parce que je pense que cela a limité son ouverture à une pensée finalement proche de la sienne...une collaboration, même provisoire, entre ses deux "archéologues de l'âme", percevant l'importance du champ du spirituel dans la dynamique de construction psychique, aurait surement été des plus fructueuse. 
 
Quelles propositions de Jung gênent Frankl ?
"En fait, la religiosité inconsciente ne représente à aucun degré, chez Jung, une option personnelle de l'homme."
Pour Frankl, la notion d'archétype collectif aliène l'individu et ne lui permet plus de développement personnel.
Peut être faut il rappeler que l'archétype n'existe qu'en tant que potentialité et ne devient objet que par son "incarnation" dans la psyché individuelle, qui prend, de fait, une teinte toute singulière et personnelle à chaque fois.
"Une religiosité authentique n'a pas le caractère d'une pulsion, mais celui d'une option. La religiosité s'affirme avec son caractère d'option et s'éteint avec son caractère de pulsion. La religiosité est existentielle ou bien n'existe pas."
Se niche ici une subtilité délicate...en effet, pour Frankl, existe un être spirituel, appelé "inconscient spirituel", qu'il convient de laisser "éclore" et qui relie l'individu au spirituel par l'émergence du sens. Cette dynamique s'opère par et pour l'individu et est donc guidé par le moi...pourquoi pas ?
Mais il apparait, cliniquement, que si ce travail n'est pas engagé et "l'être spirituel" étouffé, les problèmes psychiques surgissent sans exception.
Finalement, en terme très simple, la collaboration en conscience à notre "édification psychique" est LA clef du sens (qui établit l'harmonie au sein de l'interne et entre l'interne et l'externe).
 
Renforçant probablement la confusion pour Frankl, la libido, source des pulsions, trouvent deux définitions radicalement éloignées chez Freud et Jung. La définition "pansexuelle" de Freud devient une énergie psychique non spécifiée chez Jung, pouvant investir plusieurs champs.

En conclusion provisoire, notons que l'ouvrage majeur de Frankl pour comprendre ses travaux est "le Dieu inconscient".
 
Livre By Viktor Frankl: Le Dieu Inconscient Psychotherapie Et Religion  Preface De Georges Elia Sarfati Psychotherapie Et Religion Preface De  Georges Elia Sarfati - Lire EPUB PDF

mercredi 19 juin 2013

L'aigle et le rossignol


                            

Connaissez vous Bernadette Brady ?
Astrologue professionnelle de longue date, formatrice et auteur d'ouvrage autour de ce thème, c'est aussi une chercheuse, anglaise, qui ne limite pas sa pratique à un corpus de techniques et connaissances bien établis mais tente "d'aller au delà", de comprendre, d'ouvrir de nouveau horizons...Son excellent livre (voir ici, malheureusement seulement paru en anglais) sur la prédiction en astrologie nous offre une petite fable que j'ai beaucoup aimé et dont je souhaitais vous livrer une version.

La petite aventure de ces deux oiseaux est évidemment à prendre comme une jolie allégorie.

Oublions tout ce que nous savons, et considérons l'aigle comme la raison, l'intellect, le savoir (puisque c'est en somme l'exercice proposé dans le livre) et le frêle rossignol comme l'intuition, la poésie, la part non rationnel en nous,...
Libre à vous de transposer différemment et de laisser vaquer votre imagination personnelle.
Il était une fois deux oiseaux, remarquables chacun par une singularité propre.
L'aigle par sa force, son regard perçant, sa capacité à voler très haut et très longtemps. 
Le petit rossignol, lui, possédait un chant mélodieux qui réjouissait tout le monde.
Ces deux volatils aspiraient à la même chose, pouvoir se faire remarquer par Dieu et bénéficier de son regard aimant.

L'aigle, sûr de lui, partit à tire-d'aile à la vertical en se disant qu'il allait bien rencontrer Dieu; une fois au dessus des nuages, de toute sa puissance, il poussa son cri d'aigle. Rien ne se passait. 
Dieu ne voyait pas avec ses yeux et n'écoutait pas avec ses oreilles...mais par l'âme. 
Le petit rossignol, tout aussi sûr de lui, prit son plus joli timbre de voix et entonna une splendide sérénade, le bec tendu vers le ciel, afin de capter l'attention du créateur.

Dieu ne voyait pas avec ses yeux et n'écoutait pas avec ses oreilles...mais par l'âme.  

Les deux oiseaux frustrés eurent alors une idée : le petit rossignol grimpa sur le dos de l'aigle qui partit aussitôt à la conquête des nuages...une fois dans les hauteurs, à portée de Dieu, le rossignol entama son plus beau chant. 
Dieu ne voyait pas avec ses yeux et n'écoutait pas avec ses oreilles...mais par l'âme. Dieu ne vit pas l'aigle, n'entendit pas le rossignol, mais sentit que deux âmes s'unissaient près de lui...il posa alors le regard sur eux et accorda sa bienveillance.


 

mercredi 17 avril 2013

Psychologie et philosophie - Zofingia - JUNG

Voici "le petit dernier" des éditions Albin Michel qui, depuis quelques années et sous la direction de Michel Cazenave, a entrepris la traduction française des séminaires et conférences de Jung...heureuse initiative !
Après les conférences de Tavistock (voir ici), nous voici gratifiés par les élans de jeunesse d'un Jung, passionné, engagé et fougueux...et en même temps porté par une profondeur de réflexion où se dessine sa  future psychologie.

Sommaire
Le livre est composé des conférences, dans l'ordre chronologique.
- Les limites de la science exacte (novembre 1896)
- Quelques réflexions sur la psychologie (mai 1897)
- Discours d'investiture à la présidence de la société de Zofingue 1897-1898
- Réflexions sur la nature et la valeur de la recherche spéculative (semestre d'été 1898)
- Réflexions sur la conception du christianisme en rapport avec l'enseignement d'Albrecht Ritschl (janvier 1899)


Contexte
Jung est étudiant en médecine, il a alors 21 ans. Riche de ses lectures philosophies et théologiques, de ses questionnements intérieurs qui seront dévoilés beaucoup plus tard dans Ma Vie, le voici propulsé dans la société Zofingia. Ce groupement d'étudiants avait, à l'origine, une véritable vocation politique, promulguant la création d'un fédéralisme de la Suisse. On trouvera d'ailleurs beaucoup d'allusion politique, notamment par des considérations de l'influence de l'état sur l'individu, dans les conférences de Jung (thème qui sera aussi celui d'un de ses derniers essais, Présent et avenir).
"Patriae, Amicitiae, Litteris" (A la Patrie, à l'Amitié, à la Science) était la devise de cette société, tout un programme !



Avis personnel
De la fougue, de l'impétuosité...naturelle ou calculée ? c'est un peu la question que je me suis posée tant on a du mal à reconnaître la patte de Jung. Et puis, bien vite, je me suis rappelé qu'il s'agissait de conférences, oral donc, d'un auditoire de la fin du 19ème, constitué de la jeune élite intellectuelle suisse engagée dans un mouvement politique et social...
Quoi qu'il en soit, ce Jung passionné est passionnant. Frondeur, certes mais aussi d'une profondeur et d'une maturité stupéfiante.
Le point indéniable que l'on identifie très rapidement : les germes de pratiquement tous les grands concepts de sa future psychologie sont mises à jour...même si l'histoire nous dit que la période de profonde régression après la rupture avec Freud et la rédaction des sept sermons furent les véritables sources et nourritures de sa pensée, il apparaît ici évident que "le matériau était déjà identifié".

Quelques extraits

Introduction
L'intérêt de ces premières «lectures» n'est pas seule­ment de nous donner un aperçu de l'homme qu'était Jung à cette époque, mais de nous montrer à quel point ses vues de jeunesse concordent avec sa pensée ultérieure et comment il tentera finalement, tout au long de sa vie, de répondre aux questions qui l'agitaient alors.
Sur l'âme 
"Nous pourrions, en étant audacieux, donner à ce sujet transcendantal le nom d'âme. Qu'entendons-nous par l'âme? L'âme est une intelligence, indépendante de l'espace et du 

temps.......Puisque l'âme n'est pas une forme de force matérielle, on ne peut émettre aucun jugement sur elle. Or, tout ce qui ne peut être soumis au jugement subsiste cependant en-dehors des concepts d'espace et de temps. L'âme est par conséquent indépendante de l'espace et du temps. Il existe donc pour nous une raison suffisante de postuler l'immor­talité de l'âme."
Sur l'empirisme 
"Le fondement de toute philosophie se doit d'être empirique. Toute philosophie se fonde vérita­blement sur ce que nous expérimentons par nous-mêmes et pour nous-mêmes dans le monde qui nous entoure. Toute construction a priori qui s'abstrait de l'expérience conduit à l'erreur. Nous devrions déjà le savoir, depuis les premiers philosophes post-kantiens comme Fichte, Schilling, Hegel, etc.. Comme le dit Nietzsche, notre phi­losophie se doit avant tout d'être une philosophie de ce qui nous entoure. Elle doit ouvrir sur l'inconnu en se fondant sur la base réelle de l'expérience,..."
Sur les limites de la causalité 
"Un caillou tombe au sol. Pourquoi ? À cause de la gravité. Pourquoi réagit-il à la gravité? Parce que telle est sa propriété. À ce point précis, notre capacité à saisir la situation atteint sa limite. Nous admettons en lui-même le principe incompréhensible de la gravitation universelle, c'est-à-dire que nous établissons un postulat transcendantal. La causalité nous conduit à une chose en soi que l'on n'est plus en mesure d'expliquer, à une cause primitive de nature transcendantale. En ce sens, il convient également de concevoir la catégorie de la causa­lité comme un indice merveilleux et a priori qu'il existe des causes de nature transcendantale, c'est-à-dire un monde invisible et inconcevable pour nous, une continuation de la nature matérielle dans le royaume de l'incalculable, de l'in­commensurable, de l'indéchiffrable."
Sur la dualité et l'opposition apparente des choses. 
Le monde absolu ne se divise pas en deux royaumes dis­tincts, celui de la chose en soi d'un côté, et le monde phé­noménal de l'autre. Tout est Un. Ce n'est que pour nous que cette division existe, parce que nos organes sensoriels ne sont capables de percevoir que certaines sphères du monde absolu.
Jacob Bôhme a dit: 
Sans opposition, aucune chose ne peut apparaître à elle-même; car s'il n'y a rien en elle qui lui résiste, elle se répan­dra perpétuellement vers l'extérieur et ne rentrera plus en elle-même, et si elle ne rentre pas de nouveau en elle-même, en sa source originelle, elle ne saura rien de sa condition première.