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mardi 13 février 2024

A mon ami Michel...


Ce billet est atypique puisqu'il ne traite pas de psychologie analytique...bien que nous restions dans le domaine de l'esprit humain et de ses défaillances inhérentes.

En 2011, je souhaitais donner un un coup de pouce à un livre, traitant de la dépendance et du processus d'addiction, principalement alcoolique. Aujourd'hui, j'aimerais honorer sa mémoire, son travail, son engagement...
Une approche unique car hors des sentiers battus, des conventions habituelles et des dogmes médicaux ancrés autour de la maladie à l'époque ; l'auteur Michel Facon (1941-2011) est à l'origine du modèle de PNL (Programmation Neuro Linguistique) "alcoolisme" et a contribué à l'élaboration du programme du centre de cure Alpha à Royan (référence nationale, que certains connaissent peut être) où il a travaillé et accompagné des centaines de malades vers l'abstinence.

Le corps médical accepte très mal la remise en cause quand elle ne vient pas d'un de ses pairs et les éditeurs très frileux sur certains sujets, le frère de Michel n'a pas eu d'autres moyens que de passer par une auto édition (lulu.com pour le citer)...pour tenir une promesse après sa mort.

Une amie très proche a été littéralement sauvée en passant à Alpha, et elle est allée chercher Michel jusqu'au Pérou où, solitaire dans l'âme, il avait trouvé refuge.
J'ai ainsi eu la chance de  le rencontrer, en 2009, et nous avons vécu une profonde mais trop courte histoire d'amitié qui tenait plus de "l'affinité spirituelle" à défaut de mot, que d'autre chose. J'ai découvert le vrai sens du mot humanisme avec lui.

Michel nous a quitté il y a bientôt 13 ans, il a marqué ma vie, en quelques rencontres, à tout jamais...
Je ne touche pas un centime d'euro sur le livre et la seule volonté est de faire découvrir cette approche atypique et basée exclusivement sur de l'empirisme clinique...un homme au service d'autres hommes, cela ne peut qu'évoquer de belles images aux lecteurs de ce blog.

Vous avez un aperçu et un témoignage introductif en page 8 de ce lien.

dimanche 11 février 2024

Le rêve par Michel Jouvet

Au gré d'une lecture, je découvre la proposition de Michel Jouvet sur la fonction des rêves et je suis immédiatement frappé par la similitude avec les théories jungiennes. Depuis, je me suis intéressé au personnage fascinant et passionné, reconnu par ses pairs comme l'un des plus grands neurobiologistes, spécialiste du sommeil et surtout "découvreur" officiel du sommeil paradoxal. J'invite le lecteur à aller fouiller dans ses ouvrages éclairants et accessibles pour approfondir les lignes au dessous (sa bibliographie).


Tout d'abord, gardons à l'esprit que nous sommes ici en territoire biologique donc ancré au soma et même si les théories de Jouvet flirtent souvent avec le psychique, les approches conservent une limite rationnelle compréhensible mais, selon moi, lacunaire.

Constats préliminaires :

- le sommeil est découpé en cycle d'environ 90 minutes et 20 minutes de ce temps est consacré au sommeil paradoxal. Ces cycles sont "universels", commun aux hommes de toutes origines ethniques et sociales,
- le sommeil paradoxal est nommé ainsi car l'activité cérébrale est la plus proche de celle de l'éveil, d'où le paradoxe,
- ce sommeil paradoxal s'accompagne de plus d'une accélération cardiaque et de mouvements oculaires rapides. Ces "signes" semblent corrélés avec l'intensité onirique.
Il apparaît que le rêve est donc "programmé" dans la nature biologique de l'homme. Reste à définir alors sa nature et sa fonction....


Nature du rêve

Jouvet postule le fait que le rêve est le troisième état du cerveau...ni en sommeil, ni en éveil, il répond à un autre mode de fonctionnement (anecdote intéressante, cette intuition lui est venue suite à une lecture d'un passage des Upanishad). 
C'est à la fois simple et lourd d'implication. L'état de veille permet la vie sociale, l'état de sommeil permet la récupération physique et "l'intégration" intellectuelle...l'état de rêve devrait donc constituer une phase aussi fondamentale de la vie
Sur ce point, Jouvet affirme que l'homme peut vivre sans rêver, en étant privé de sommeil paradoxal...ce qui contredit quelque peu la fonction qu'il propose du rêve (nous allons l'aborder) et que je critique en établissant l'hypothèse que si le sommeil paradoxal semble nous indiquer l'état de rêve, rien ne nous dit que cet état peut se produire hors toute "lecture physique possible" (hypothèse en voie de confirmation par les dernières recherches) d'après ce que j'ai lu.

Fonction du rêve

Jouvet fait une proposition audacieux, qu'il argumente avec forts appuis cliniques et scientifiques qui me dépassent et dont je vais épargner le lecteur. 
Un indice quand même : ce sommeil paradoxal n'apparaît que chez les animaux dont le développement neuronal est limité (le capital de neurones est rapidement atteint dès le jeune âge). Les rêves seraient donc là pour compenser ce défaut de neurogenèse, afin d'harmoniser constamment la vie extérieure et l'attente, génétiquement programmé, de la vie intérieure...chaque individu répondrait donc à un développement qui lui est spécifique et inscrit dans son code génétique, le rêve lui permettant constamment d'ajuster les choses. Le rêve jouerait donc un rôle-clé dans le maintien de notre individualité psychologique.


Jung décrit le rêve comme porteur d'un dynamisme de changement intérieur, d'un processus de transformation de la personnalité présent dans l'inconscient humain. Quelle étrange similitude !
On pourrait aussi mentionner l'existence de l'inconscient collectif, la présence, dans le psychisme humain, de structures innées, les organisateurs inconscients, pouvant sur le plan psychique se comparer au code génétique sur le plan physique, constituent des facteurs d'auto-guérison, des forces de transformation présentes dans l'inconscient, visant à nous faire advenir à nous-mêmes.


J'ai le sentiment que, dans deux domaines spécifiques, la convergence de géniales intuitions est flagrante.

Pour finir, une interview de Jouvet, où tout bon amateur de psychanalyse tiquera à quelque reprise mais qu'importe, restons ouverts....

samedi 27 janvier 2024

Nietzsche - La volonté de puissance


Comme c'est le cas pour nombre de philosophes, la pensée de  Nietzsche est excessivement galvaudée de nos jours par manque d'étude et lecture, ne subsistent en général de que quelques lieux communs, sans fondement réel, son soi-disant athéisme (Dieu est mort !), sa notion si mal comprise de surhomme (Zarathoustra), etc
Eludons de fait, sa position politique surement désastreuse, restons dans le champ de "l'esprit"....

Ce n'est évidemment pas par hasard que j'ai choisi d'étudier cette œuvre, elle a beaucoup inspiré Jung qui, vision toute personnelle, semblait respecter sa profondeur tout en étant fasciné par l'application (implication, investissement) absolue de l'homme qui le mènera à la folie...il consacrera même un séminaire entier au Zarathoustra.

Clef de voûte de la pensée nietzschienne,
 la volonté de puissance

Le premier constat fondamental de Nietzsche : on ne peut évaluer la vie qu'en s'en extrayant (il faut être extérieur à un objet pour pouvoir l'évaluer), ce qui est impossible pour l'homme. De là, aucune transcendance n'a sa place car le monde est "créé" par l'homme.
Sur la vie et sa valeur ne peuvent exister que deux positions antagonistes, négation ou affirmation. Selon Nietzsche, la vie est une dynamique d'accroissement de l'être et sa négation est appelée survie (ou blocage de la dynamique d'accroissement).
Détail intéressant, car l'on peut faire le jonction avec la pensée de Jung, l'affirmation de la vie serait de l'ordre instinctuel et non réflexif, plutôt du domaine inconscient que de celui de l'intellect.

De là, celui qui accède à l'affirmation de la vie, dispose d'une faculté de croissance de soi en soi. Au contraire, celui qui survit est dans le maintien d'un niveau, se retrouve avec un "manque d'être" (=d'accroissement) qu'il cherchera toujours à combler...le don (celui qui possède de soi) et la demande (celui qui comble) positionne le fort et le faible.  
Contrairement à l'idée populaire, Nietzsche n'établit pas dans la domination de l'autre, l'attribut de force, mais dans la capacité à se transformer, à abandonner l'avant.


La différenciation permet l'établissement de valeur, l'accroissement de l'être (je me diffère de ce que j'étais,  de ce que je suis pour aller vers autre chose)...son opposé, qui finalement conduit à une uniformisation, c'est ce qu'il appellera le nihilisme.

Un deuxième constat fondamental arrive alors : les conditions favorables et défavorables à la vie sont toutes, de fait, issues de la vie même (il ne peut en être autrement puisqu'il rejette le transcendant). Ces deux oppositions apparentes sont des manifestations d'une union préalable qui est la vie...ainsi, la force d'union qui contient cette dualité est la volonté de puissance.
Dans le don, je suis animé par la volonté de dépenser de la puissance et dans la demande, celui d'en obtenir. Bien entendu, nous sommes là au cœur de l'être et le don et la demande ne sont pas transposables (quoi que) à ce que l'on vit au quotidien.

Le lecteur devrait pouvoir (s'il a eu le courage de venir jusqu'à cette ligne) percevoir les rapprochements possibles avec certains pans de la pensée de Jung...
A suivre donc.

Cheminer dans le laboratoire d'Ariaga :

mercredi 3 janvier 2024

Raymond Abellio - La structure absolue

"J'ai mis longtemps à comprendre que l'homme né deux fois, la première fois de la mère, la seconde de la femme, s'affronte entre ces deux naissances à ce semblant d'énigme qu'est la féminité hors de lui, alors que le seul mystère est la féminité en lui, la seule alchimie..." 
Abellio, La fosse de Babel

L'homme...

De son vrai nom Georges Soulès (1907-1986), Abellio fut très impliqué en politique entre les deux guerres, mais la postérité le retient comme un philosophe gnostique, ou un gnostique philosophe, voire un philosophe de la gnose...qu'importe les adjectifs, ce fut  avant tout un cherchant, très peu connu et reconnue encore aujourd'hui, tant son œuvre est exigeante, il demeurera un conquérant de l'âme humaine
Mort il y a près de 40 ans, il laisse derrière lui une bibliographie consistante et variée ( n'hésitant pas à distiller sa pensée gnostique à travers des romans à énigmes).
Peu connu du grand public, il fait partie de ces hommes, contemporains de Jung, qui suivant le sillon d'une individuation en développement, portent une énergie similaire et construisent, dans ce cheminement, leur propre sagesse, inspirante pour les générations qui suivent...une autre source où s'abreuver.


La pensée...

Qu'il est difficile de résumer une vie si riche parsemée d'écritures en tous genres (articles politiques, pamphlets, romans, essais philosophiques, manifeste, etc.). La citation en tête du billet expose l'un des pans de sa pensée, un rapport engagé et ouvert à la féminité.

En fait, Abellio, amateur de phénoménologie (philosophie de l'expérience vécue),  a rapidement fait le constat des antagonismes apparents au sein de l'homme, des couples de complémentaires présents dans tous les champs de l'être (anthropologique, social, ontologique, éthique, esthétique, ...). 
Durant 30 ans, il n'aura de cesse de comprendre comment concilier et unifier ces facettes. Notons au passage que ce thème des dualités à résoudre, inhérentes à la nature humaine est commun à Jung.
L'aboutissement de ses recherches, apogée de ce que l'on nomme "gnose abéllienne" est l'invention (découverte ?) de la structure absolue.
"...la structure absolue ne se donne pas comme une recette ou une méthode d'organisation ou de classification entre d'autres, mais comme un pouvoir universel engageant un mode entièrement nouveau de connaissance, c'est à dire de communication avec le monde, et par conséquent aussi un mode entièrement nouveau d'existence." Eric Coulon, Interview



La structure absolue
ou la « dialectique de la double contradiction croisée »

Tentons la simplicité, au risque de la simplification ; chaque champ de l'être répond à quatre pôles réparties en deux paires d'opposition qui se croisent selon deux axes...cette structure hélicoïdale marque l'assomption des essences vers le haut et leur incarnation vers le bas.

La structure absolue n'est pas une théorie mais une pratique, une voie ("vois") d'autoréalisation (qu'il nomme "réveil de l'homme intérieur") qui réunit à la fois "l'outil" philosophique occidental et la pensée dite traditionnelle. 
Abellio pose le principe métaphysique d'une interdépendance universelle, non pas comme d'un vague holisme, mais comme une théorie de la connaissance dans laquelle sujet et objet ne sont pas deux entités isolables.

Si les thèmes de la "dualité matrice de vie", d'une nouvelle gnose contemporaine à construire, réunissent Abellio et Jung, notre philosophe considèrera que l'approche purement psychologique de l'alchimie est une erreur au regard de l'opérativité réelle de cette dernière...mais comme les théologiens qui lui reprochaient de parler au nom de Dieu, probablement n'a t'il pas saisi que Jung ne spécule pas sur l'objet mais formalise les processus dynamiques engendrés par l'objet.

Quoi qu'il en soit, la voie de réalisation proposée par Abellio est d'une indéniable richesse, et d'une grande exigence, mais quel est la valeur de ce qui ne coûte rien ?





dimanche 1 octobre 2023

Benjamin Libet - Existence de l'inconscient par la science ?



Benjamin Libet (1916-2007),  neurologue américain, fit une découverte troublante en 1983, aboutissant à ce constat :  
Notre conscience ne serait pas libre de vouloir mais de décider...autrement formulé, nos intentions émergent à l'insu de notre conscience et auraient ainsi une origine non consciente

Évidemment, sans faire de tapage médiatique, ces recherches ont des répercussions profondes sur les considérations psychologiques et philosophiques autour du thème du libre-arbitre.
Bien naturellement, cette évocation d'une source inconsciente de nos choix ne peut qu'inspirer le lecteur sensible à la psychologie des profondeurs. Jung, initiateur des fameux tests d'association (voir ici par exemple), aurait surement applaudi et apprécié ces recherches.

Le constat
 
L'expérience, ou plutôt les expériences, qui ont permis de confirmer ces conclusions déroutantes sont complexes et précises, aussi je mets à disposition des lecteurs un lien en fin de billet pour l'appréhender plus en détail.

Pour faire simple, lorsque je veux faire un mouvement, voici le processus que l'on croyait à l’œuvre :
    1. Je choisis de faire le mouvement,
    2. Mon cerveau prépare les impulsions nécessaires à déclencher le mouvement,
    3. Les muscles prennent le relais pour réaliser le mouvement.
      Après de multiples essais, vérifications, expérimentations, Libet et son équipe durent se résigner et constater que le processus réel en cause diffère de ce schéma :
      1. L'activité cérébrale précède de très peu la décision consciente (350ms, soit à peu près un tiers de seconde),
      2. Le choix conscient s'accomplit,
      3. Les muscles prennent le relais pour réaliser le mouvement.
       
      Conclusions directes
      • La conscience n'est pas à l'origine d'une décision,
      • C'est un processus qui met en cause le cerveau qui détient la capacité originelle du choix (puisque c'est décelable par lui),
      • La notion de libre-arbitre n'est probablement pas remis en cause puisque dans la chaîne, le positionnement de la conscience est déterminant : faire le geste ou ne pas le faire.
      Conclusions indirectes
      • Le temps de la conscience n'est pas le temps des neurones !
      • La conscience a, finalement, un seul pouvoir réel : celui du veto, le refus de l'impulsion d'intention que lui envoie "la source",
      • Ne peut on pas associer cette "source" avec l'inconscient, voire avec l'âme de nos traditions ? auquel cas, ces impulsions initiales ne répondraient elles pas à un besoin naturel du même ordre que l'individuation sur le plan psychique ?
      • Si le libre-arbitre "survit" douloureusement (on a le choix final), la voie du déterminisme n'est pas une fatalité car nous ignorons encore (et surement pour longtemps) la source du processus...
      Mots des grands esprits autour du sujet
       
      "Nous sommes une combinaison de deux entités
      Sir John Eccles
       
      "L’esprit doit être restauré dans sa position prestigieuse au-dessus de la matière. 
      Roger Sperry
       
      "...si les expériences en question devaient être vérifiées ce serait un jour sombre pour le matérialisme. 
      Daniel Dennett

      Pour aller plus loin
       
      Un petit document complet, décrivant entre autre le protocole de l'expérience de Libet.

      Un livre de l'intéressé, mort en 2007, passionnant !


      dimanche 2 juillet 2023

      Basarab NICOLESCU

      Ce n'est pas un psychologue, mais voici un drôle de personnage...physicien quantique de renom (multiples publications officielles), philosophe et même, ce que peu savent, passionné de théosophie chrétienne (pour faire court, on peut la définir comme une manifestation d'une mystique personnelle).
      Un homme très humble, d'origine roumaine, avec qui j'ai eu la chance d'échanger quelque peu par écrit.
      Outre le fait que c'est également un passionné de la pensée de Jung, j'ai souhaité l'évoquer ici car il me semble que l'avenir et la construction des sciences, la contribution au sens que Jung évoque à la fin de son autobiographie, passeront par de tels personnages.

      Si on devait qualifier Nicolescu : ouverture, rigueur, explorateur.

      Fort de ses compétences scientifiques, il a rapidement compris que LA science ne pouvait s'arrêter sur des postulats et des formalisations mathématiques. Selon lui, on ne peut plus écarter du champ de la science des disciplines aussi essentielles que la psychologie, l'art, les religions, etc
      Il devient non seulement nécessaire de les intégrer, mais, surtout, de travailler de travailler entre les disciplines, à travers les disciplines et dans une perspective au-delà de toute discipline, c'est la transdisciplinarité, il est co-fondateur du Centre International.

      La transdisciplinarité est définie par Basarab Nicolescu par trois postulats méthodologiques : l'existence de niveaux de réalité et de perception, la logique du tiers inclus et la complexité.
      La transdisciplinarité se distingue ainsi de la pluridisciplinarité et l’interdisciplinarité en ce sens qu’elle déborde les disciplines d’une part, mais surtout d’autre part que sa finalité ne reste pas inscrite dans la recherche disciplinaire proprement dite...

      Pour ne rien gâcher, c'est un fin connaisseur de la pensée de Jung, notamment chercheur sur la synchronicité.

      Découvrir Nicolescu en vidéo.












      mardi 2 mai 2023

      Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955)

      Voici un nom qui reste dans la mémoire collective mais assez peu connaisse l'œuvre de cet homme au parcours atypique, contemporain de Jung. Education catholique rigoureuse, ordonné prêtre de la communauté jésuite à 30 ans, formé à la paléontologie où ses recherches aboutiront à des découvertes encore reconnues aujourd'hui. En d'autres termes, un homme de science et de religion engagé qui puisera dans ces sources pour aboutir à des thèmes qui ne peuvent qu'émouvoir les jungiens en particulier et le "cherchant" en général. 
      Deux caractéristiques principales : 
      • la conviction que l'évolution de l'homme l'amènera à une spiritualisation de la matière, plus haut degré de spiritualité,
      • un axe de recherche qui, toujours, présente esprit et matière comme deux facettes de la même réalité. 

      L'homme

      En lisant la biographie de De Chardin, j'ai retrouvé des similitudes avec la personnalité de Jung (et probablement communes à tous les grands esprits); citons en particulier l'amour de l'humain, une force et un dévouement inouï pour ses recherches, qui le conduiront jusqu'au sacrifice ultime (en découvrant sa publication sur le Pêche originel, qui le mènera à une mise à l'index de l'église et de lourdes contraintes posées par son ordre, je revoyais Jung abandonnant l'école freudienne en publiant ses Métamorphoses de l'âme).

      Sa pensée 
      (Très succinctement)

      Je vais m'éloigner un peu de la paléontologie, centre "officiel" de ses recherches. 
      Ses travaux sur l'évolution de l'espèce humaine (alliés à ses connaissances théologiques) l'amenèrent à certains concepts qui ne seront pas sans nous évoquer ceux de Jung.
      Nous pourrions résumer ceci par cette phrase : l’évolution est une montée spirituelle qui a sa source dans la « puissance spirituelle de la matière »
      Pour De Chardin, un examen critique de l'histoire de l'espèce humaine aboutit à la conclusion suivante : l'homme est conduit,  naturellement, à une spiritualisation de plus en plus structurée et extériorisée, impliquant une conscience en continuelle accroissement (formulation différente mais idée identique exprimée par Jung lorsqu'il mentionne les primitifs et leur spiritualité basée sur des projections nommées "les esprits de la nature").
      Il nous faut mentionner également sa théorie de l’énergie qu'il considère comme l'élément originaire de la vie elle-même. Il la conçoit à l'origine de la nature psychique, se différenciant ensuite en énergie physique et en matière. 
      Esprit et matière seraient donc intrinsèquement liés
      L'homme serait porteur de ce potentiel spirituel, étant le seul être vivant pouvant connaître une croissance continue de la conscience.


      La noosphère

      Le radical grec noüs désigne un concept aristotélicien évoquant le principe qui ordonne esprit et matière. Chardin emprunte le terme du chimiste et minéralogiste Vernadsky. Ce dernier voyait là la troisième étape du vivant, après la géosphère (aspect minéral servant de support à la vie)  de et la biosphère (ensemble des 3 écosystèmes portant la vie, terre, air et mer).
      Il est délicat de résumer trop simplement ce concept car De Chardin lui-même l'a développé, enrichi et précisé tout au long de sa vie...disons, de manière lapidaire, qu'il s'agirait d'un tissu vivant enveloppant la planète (à l'instar des différentes couches de l'atmosphère) et constitué d'une part de la conscience de chaque individu depuis que l'homme possède une conscience de lui-même. Cette "nappe" issue de consciences posséderait elle-même sa propre faculté de pensée
      Pour le jésuite, cette noosphère conduirait graduellement l'humanité a toujours plus de conscience, dépassant les civilisations, puis les sociétés, les lois puis l'éthique, pour renouer avec l'esprit immanent de la matière sous une forme unifiée de "spiritualité".

      A chacun d'y voir les (fortes) similitudes avec la notion d'inconscient collectif...
      Jung écrira à la fin de sa vie qu'il était convaincu que De Chardin connaissait ses travaux...il est vrai que la noosphère et l'inconscient collectif ont indéniablement de très forts liens de cousinage.

      mardi 21 février 2023

      Eugène Wigner - Génie silencieux


      Il est des personnages, unanimement considérés comme des génies, ayant marqués profondément leur domaine, et qui, pourtant, demeurent totalement ignorés du grand public...
      Wigner (1902-1995), prix Nobel de physique, en fait partie. Ce hongrois, naturalisé américain, contribua à l'émergence de la nouvelle science (la mécanique quantique) et certains de ses pairs considèrent ses découvertes comme équivalente en implication à celles d'Einstein.
       
      Le sujet n'est pas de s'étendre sur l'ensemble de ses découvertes, inaccessible aux communs des mortels, mais de mettre en lumière son esprit d'ouverture et son pouvoir de spéculation, autour du thème si fertile et délicat du rapport entre matière et esprit.

      Le chat de Schrödinger

      Schrödinger est l'un des pères de la physique quantique, décrivant les phénomènes particuliers en jeu dans le monde de l'infiniment petit. Pour tenter de représenter une des lois déroutantes  de cette nouvelle branche de la physique, il s'est amusé à inventer une expérience de pensée.

      Elle consiste à placer un chat dans une enceinte fermée, et à disposer un système radioactif qui peut déclencher un piège mortel pour le chat.
      • si l'atome se maintient, le piège ne se déclenche pas => le chat est vivant.
      • si l'atome se désintègre, le piège s'active => le chat meurt !
      La physique classique postule que, à un instant donné, le chat est soit mort, soit vivant...mais voilà, selon la physique quantique, tant que l'observation n'est pas effectuée, le chat est dans un état superposé vivant/mort, situation difficile à appréhender. 
      L'observation entraîne le "choix" d'un état, qu'on appelle la décohérence.



      Le paradoxe de Wigner

      A l'heure actuelle, aucune théorie sur la décohérence de la superposition d'états du chat, ne fait l'unanimité. Aussi, celle proposée par Wigner a t'elle toute sa légitimité et reçoit d'ailleurs l'assentiment de plusieurs scientifiques de renom...pourtant, vous allez voir qu'elle dérange l'ordre établi.

      En fait, selon Wigner, cet état superposé (on parle d'état d'onde) existe, est maintenu par l’œil qui observe, continue son chemin le long du nerf optique, conserve son intégrité jusqu'à l'arrivée au cerveau...et tout bascule lorsque la conscience de l'observateur s'en mêle. A ce moment là, selon des critères et un processus non connu (à ce jour), la conscience tranche et permet la décohérence (chat mort OU vivant).

      Une conséquence immédiate survient : la conscience est seule "responsable" de notre monde matériel (visible)...et cette réalité tangible est commune (tous les être humains perçoivent le même état).

      Bien entendu, cette hypothèse soulève plus de questions qu'elle n'apporte de réponse mais elle établit un pont entre l'esprit et la matière de manière surprenante...finalement, l'esprit créerait la face visible de la matière, sans interférer dans ses processus invisibles (les états superposés existent dans leurs conditions "potentielles").

      Je ne souhaite pas m'étendre aujourd'hui plus amplement mais l'on peut d'ores et déjà voir le lien étroit qu'il pourrait exister entre cette théorie et la notion jungienne de synchronicité et l'Unus Mundus.
       
      Pour les courageux qui souhaiteraient plonger dans les rouages de cette hypothèse, rechercher sur un moteur de recherche "paradoxe de Wigner"....






      jeudi 26 janvier 2023

      Le philosophe et la fève - Pythagore

      Théorème de Pythagore – GeoGebra

      La (sur)abondance des livres "Le philosophe et..." édités ces dernières années (qui n'est pas sans me rappeler les déclinaisons des Martine quelques décennies en arrière) m'a donné le titre de ce billet qui pourra paraître, par rapport à la tonalité habituelle du blog, un peu léger, voire décalé, qu'importe...
      Une fois n'est pas coutume, je vais aborder un grand philosophe antique en évoquant sa mort !
       
      Pythagore serait mort à cause de la fève
       
      Dirigeant une "école", comme il en existait beaucoup à l'époque, Pythagore établit un code de vie et de morale à l'adresse de ses disciples. On y retrouve de très nombreuses recommandations, parfois évidentes (ne pas juger, ne pas voler, etc) et certaines pour le moins déconcertantes...parmi elles, la recommandation de ne jamais manger de fève !
      Certains contemporains affirment que c'est par répulsion du végétal que Pythagore imposait cette règle mais, et cela est nettement plus séduisant pour le mythe, il semblerait que, bien au contraire, il lui reconnaissait un caractère éminemment sacré.
      Chassés par des opposants, plusieurs versions sur sa mort rapportent que c'est en refusant de piétiner un champs de fève qu'il fut rattrapé puis exécuté.

      Fève sacrée ?

      Examinons les attributs positifs de la fève selon doxographe (commentateur des penseurs grecs, souvent antiques), Diogène Laërce.

      • La fève possède une âme : « En raison de leur nature venteuse, elles participent au plus haut point du souffle de l’âme ». Plante poussant dans des espaces venteux du moyen-orient...le souffle, spiritus, l'esprit de vie.,
      • Tranquillise l'âme : « Et grâce à cela, on rend aussi plus douces et dénuées de troubles les images oniriques »,
      • Objet de transition : « Elles ressemblent aux portes de l’Hadès, car c’est l’unique plante qui n’a pas de nœuds », la tige n'est pas ligneuse et ne possède pas de nœud, agonatos en grec qui signifie aussi le gond de la porte, 
      • Cosmogonie de la fève : « Elle est semblable à l’univers. », à chaque lecteur de rêver au pourquoi, mais nul doute que la fève porte un symbole lié à la "réalité supérieure", 
      • Propriétaire de vérité : A l'époque, son usage était très fréquent pour le tirage au sort en cas de choix hasardeux, même dans le domaine politique.
      Alors, je pense que vous ne regarderez plus de la même manière ce petit légumineux ?
      Petite anecdotique complémentaire,  sa culture est très facile et sa fleur délicate et surprenante...
       

      dimanche 12 octobre 2014

      Louis Claude de Saint Martin - Pensée et sentiment


      "Je ne m'arrête point à examiner si dans la conduite ordinaire de l'homme, sa volonté attend toujours une raison décisive pour se déterminer, ou si elle est dirigée par l'attrait seul du sentiment ; je la crois susceptible de l'un et de l'autre mobile, ; et je dirai que pour la régularité de sa marche, l'homme ne doit exclure ni l'un ni l'autre de ces deux moyens, car autant la réflexion sans le sentiment le rendrait froid et immobile, autant le sentiment sans la réflexion serait sujet à l'égarer."
      Des erreurs et de la vérité

      samedi 2 août 2014

      Quelques mots...pour les vacances.


      "Et à propos de Dieu nous ne pouvons que penser qu’il est la raison la plus profonde de toutes choses, en ce sens pourtant qu’il ne peut être saisi par aucune chose, de par la force propre de la chose ; mais de même que le soleil avec sa lumière et sa force s’introduit dans les choses sensibles et animées et agit avec toutes choses et y participe à leur entrée dans l’être : il nous faut entendre la même chose du Verbe divin avec la vie des créatures."
      Jacob BOEHME, Mysterium magnum.







      "Je n'aime qu'une chose et ne sais ce qu'elle est,
      Et parce que je l'ignore, je l'ai choisie. "

      Angelus SILESIUS, Le Voyageur chérubinique



      « Le plus haut point de l’élévation se trouve au plus profond de l’abaissement. ».

      Maître Eckhart, Traités et sermons






      "Ah ces braves gens, tous pleins de leur zèle et de leur santé, ils me donnent toujours l’impression de têtards optimistes qui, serrés dans une mare, agitent gaiement leur queue au soleil dans l’eau la moins profonde qui soit et qui ne soupçonnent pas que dès demain la mare sera sèche."
      Jung, Ma vie 






      "Heureux soient les fêlés, car ils laissent passer la lumière"

      AUDIARD

      dimanche 15 juin 2014

      De l'engagement...

      Goethe

      "Aucune initiative ne pourrait se concrétiser sans engagement. Jusqu’à ce qu’un être se soit engagé, il y a de l’hésitation, la possibilité de se retirer, toujours, de l’inefficacité concernant tous les actes d’initiation et de création.

      Il y a une vérité élémentaire dont l’ignorance tue les idées innombrables et les plans splendides : au moment où un être s’engage définitivement, la Providence bouge aussi. Toutes sortes de choses arrivent pour aider, qui, autrement, jamais ne se seraient produites. Tout un courant d’événements issus de cette décision s’élève en sa faveur sous la forme d’incidents fortuits, de rencontres, d’assistances supra-sensibles qu’aucun homme n’aurait pu rêver trouver sur sa route.

      Quoi que vous puissiez faire ou rêver, commencez-le maintenant."

      Johann Wolfgang von Goethe





      samedi 3 août 2013

      Viktor Frankl - Psychologie et quête de sens

       
      Le lecteur régulier de ce blog en aura pris l'habitude, j'aime évoquer, au gré de mes envies et émotions, des hommes et leurs pensées. Viktor Frankl est un personnage particulier dans le paysage de la psychologie, peu connu en France (doit on, à l'instar d'un Jung, établir un lien avec son intérêt pour ce qui n'est pas "rationnel" ?); son parcours de vie et son approche éminemment spiritualiste font de lui un personnage atypique et marquant...à découvrir donc.

      Son histoire
      Autrichien de souche, le petit Viktor démontra très précocement un intérêt pour l'homme, la conscience, la vie interne , psychique...établissant une relation épistolaire avec Freud à 15 ans, il le rencontra quelques années plus tard et le "père" de la psychanalyse marquera durablement Frankl (Même lors de son éloignement de l'école freudienne, il conservera un grand respect et une forme visible d'admiration pour Freud).
      A noter également, et ce n'est pas si anecdotique, son adhésion à "l'école de Adler" qu'il quittera pour divergence de pensée. Déporté avec sa famille durant la seconde guerre mondiale, il fut le seul rescapé. Il paraît évident que cette expérience extrême aura un impact définitif sur l'orientation de son œuvre
      Spécialisé en neurologie et psychiatrie, il fonda, sur le tard, un institut pour diffuser, pratiquer et enseigner sa psychologie spécifique, la logothérapie (de logos, à la fois parole, raison et idée éternelle).


      Approche de sa pensée
      Revenons sur l'épisode en camp de concentration.
      Constatant que la robustesse physique n'avait pas de lien avec la survie des prisonniers, il réalisa qu'une force et un potentiel phénoménaux se nichaient dans ce qui constituait le sens pour l'homme...ceux qui réussissait à trouver un sens, une harmonie directrice pour eux dans le chaos extérieur apparent, parvenait à réveiller une énergie qui les maintenait en vie, coûte que coûte.

      Pour Frankl, le sens de l'individu trouve sa source dans le spirituel. Il en a une définition assez personnelle d'ailleurs.
       "Un homme qui a trouvé une réponse à la question du sens de la vie, est un homme religieux". 
      Il va même plus loin en mentionnant un inconscient spirituel, mais ce billet ne me permet pas de m'étendre plus avant (pour le moment).

      
      Si loin de Jung ?
      Objectivement, de nombreuses similitudes se retrouvent dans leur pensée :
      • le domaine de la religion et du sacré sont à considérer à part entière,
      • l'homme est une totalité trinitaire, guidée par le "spirituel",
      • certaine névrose sont liées à une religiosité refoulée (l'âme en souffrance de Jung),
      • l'homme doit laisser vivre en lui la "spontanéité" (chez Frankl, elle est similaire au "non rationnel" de Jung),....
      La liste est loin d'être exhaustive....j'aime aussi rapprocher leur personnalité qui les a conduit tous les deux, au cours de leur vie, à des ruptures fortes au nom de leur autonomie de pensée.
       
      Frankl rejette les propositions de Jung
      Si j'ai insisté sur l'attachement originel de Frankl à Freud, c'est parce que je pense que cela a limité son ouverture à une pensée finalement proche de la sienne...une collaboration, même provisoire, entre ses deux "archéologues de l'âme", percevant l'importance du champ du spirituel dans la dynamique de construction psychique, aurait surement été des plus fructueuse. 
       
      Quelles propositions de Jung gênent Frankl ?
      "En fait, la religiosité inconsciente ne représente à aucun degré, chez Jung, une option personnelle de l'homme."
      Pour Frankl, la notion d'archétype collectif aliène l'individu et ne lui permet plus de développement personnel.
      Peut être faut il rappeler que l'archétype n'existe qu'en tant que potentialité et ne devient objet que par son "incarnation" dans la psyché individuelle, qui prend, de fait, une teinte toute singulière et personnelle à chaque fois.
      "Une religiosité authentique n'a pas le caractère d'une pulsion, mais celui d'une option. La religiosité s'affirme avec son caractère d'option et s'éteint avec son caractère de pulsion. La religiosité est existentielle ou bien n'existe pas."
      Se niche ici une subtilité délicate...en effet, pour Frankl, existe un être spirituel, appelé "inconscient spirituel", qu'il convient de laisser "éclore" et qui relie l'individu au spirituel par l'émergence du sens. Cette dynamique s'opère par et pour l'individu et est donc guidé par le moi...pourquoi pas ?
      Mais il apparait, cliniquement, que si ce travail n'est pas engagé et "l'être spirituel" étouffé, les problèmes psychiques surgissent sans exception.
      Finalement, en terme très simple, la collaboration en conscience à notre "édification psychique" est LA clef du sens (qui établit l'harmonie au sein de l'interne et entre l'interne et l'externe).
       
      Renforçant probablement la confusion pour Frankl, la libido, source des pulsions, trouvent deux définitions radicalement éloignées chez Freud et Jung. La définition "pansexuelle" de Freud devient une énergie psychique non spécifiée chez Jung, pouvant investir plusieurs champs.

      En conclusion provisoire, notons que l'ouvrage majeur de Frankl pour comprendre ses travaux est "le Dieu inconscient".
       
      Livre By Viktor Frankl: Le Dieu Inconscient Psychotherapie Et Religion  Preface De Georges Elia Sarfati Psychotherapie Et Religion Preface De  Georges Elia Sarfati - Lire EPUB PDF

      lundi 30 janvier 2012

      Jean-François Vézina

      Au cours de mes lectures de "recherche" autour de la synchronicité, je suis tombé sur un ouvrage de cet auteur (ouvrage qui fera sous peu l'objet d'un billet) et j'ai été séduit par sa plume évocatrice, ondulant entre poésie, philosophie et psychologie, et l'insertion de nombreuses expériences personnelles pour étayer ses réflexions. J'ai découvert par la suite son activité dans le domaine qui nous réunit, sa présidence du Cercle Jung du Québec.
      Une autre facette passionnante du personnage est sa passion pour le cinéma sous toutes ses formes. Convaincu que le septième art est une forme de mythe moderne de nos sociétés, il a créé un groupe de réflexion autour du thème psychologie et cinéma.

      Fasciné par ce que l'on nomme la notion de chaos (à rapprocher du terme mathématique et non de l'image populaire de grand désordre), il traite dans son dernier ouvrage qui sort bientôt de l'inattendu, de la nécessité de chacun de rester ouvert aux surprises continuelles de la vie, au sens profond  qui peut se créer à partir d'évènements initialement insignifiants...je sais que je plongerai avec plaisir dans ce dernier opus.

      Son blog : Cliquer ici

      Entretien sur Radio-Canada : Cliquer ici

      Le "teaser" (présentation) de son dernier ouvrage, vidéo que je trouve belle et inspirante.




      dimanche 11 décembre 2011

      Paroles du père Grégoire Krug


      Ce fils d'industriel s'ouvrit très tôt à l'art, passionné par la peinture et la spiritualité orthodoxe, qu'il concilia finalement en embrassant le sacerdoce et en devenant un grand créateur d’icônes. Né au début du 20ème, il fut donc contemporain de Jung. Je suis tombé par le plus grand des hasards sur un extrait de ses écrits qui m'a tout de suit percuté...je vous laisse découvrir ses mots.



      "Si l’homme se rencontre lui-même dans sa profondeur, du plus bas, du plus méchant, et, se trouvant face à face au Dragon qu’il est au fond de lui-même, s’il est capable d’embrasser ce Dragon, de s’unir à lui, c’est alors qu’éclate le divin et c’est la Résurrection"


      mardi 1 novembre 2011

      Rob Jullien - Chercheur d'absolu

          Il est des artistes hors normes, non par l'excentricité apparente de leurs oeuvres, mais par leur autonomie créatrice, affranchie de toutes considérations extérieures et centrée viscéralement sur la mise en forme de "chants des profondeurs". Rob Jullien est de cette essence si rare et donc forcément considéré comme marginal de son vivant, adulé à sa mort comme il se doit...

      Niché dans un ancien moulin à huile du Var, l'homme a passé une partie de sa vie à peindre, sculpter et donner une vie, année après année, à son atypique habitation qui est désormais un musée. Je n'ai pas eu la chance de le visiter mais j'ai découvert Jullien dans un petit reportage de 15 minutes qui m'a littéralement absorbé, un peu comme une connexion provisoire entre deux âmes. Il a rédigé un livre autobiographique, malheureusement épuisé, dont je parlerai surement dans un autre billet...on y découvre un mystique contemporain, un religieux au sens véritablement jungien du terme, qui a écouté son âme jusqu'à la limite. Son moulin est devenu son Bollingen, son Livre Rouge, remarquable, vibrant...

      Je laisse le soin aux lecteurs d'en découvrir plus, la force d'internet est de mettre le monde sous ses yeux...et mes durables contrariétés techniques du moment ne m'offrent qu'une petite plage pour poser ces quelques mots.

      Quelques oeuvres