dimanche 15 juin 2014

De l'engagement...

Goethe

"Aucune initiative ne pourrait se concrétiser sans engagement. Jusqu’à ce qu’un être se soit engagé, il y a de l’hésitation, la possibilité de se retirer, toujours, de l’inefficacité concernant tous les actes d’initiation et de création.

Il y a une vérité élémentaire dont l’ignorance tue les idées innombrables et les plans splendides : au moment où un être s’engage définitivement, la Providence bouge aussi. Toutes sortes de choses arrivent pour aider, qui, autrement, jamais ne se seraient produites. Tout un courant d’événements issus de cette décision s’élève en sa faveur sous la forme d’incidents fortuits, de rencontres, d’assistances supra-sensibles qu’aucun homme n’aurait pu rêver trouver sur sa route.

Quoi que vous puissiez faire ou rêver, commencez-le maintenant."

Johann Wolfgang von Goethe





vendredi 13 juin 2014

Solve et coagula - Abandon et détermination


Arcane 15, le diable sous forme de bouc humanisé
Arcane 13- Chapelle des Avenières
 
" Je retrouvai ainsi enfin le sol qui avait été la base de mes propres expériences, durant les années 1913 à 1917 ; car le processus par lequel j'étais alors passé correspondait au processus de métamorphose alchimique. " Jung, Ma vie, page 244
 
Continuons un peu sur le terrain fertile de l'alchimie dans l'œuvre de Jung.
 
Solve et coagula, pierre angulaire (ou plutôt secret définitif) du Grand Œuvre, peut se traduire  par dissolution et coagulation...deux termes qui méritent notre attention car les similitudes avec le processus d'individuation sont nombreuses.
 
En alchimie
Les alchimistes, qui vivaient l'expérience commune de l'esprit et de la matière (LABOR ORATOIRE),  conjuguaient la dissolution des éléments dans l'athanor (le fourneau) à celle de leur propre "identité". Selon un des principes de l'alchimie, les éléments dissous, se recombinaient ensuite, pour donner un produit nouveau,  affiné, transformé. 
Simultanément, la plongée en eux-mêmes, suivant le rythme de la chimie visible, aboutissait à une métamorphose intérieure, l'ouverture à un tout autre, à une conversion, une métanoïa. 
L'affinage de la matière brute initiale se vivait donc dans le visible comme dans l'invisible, l'un ne pouvant se passer de l'autre.

De l'importance du cycle
Suivant les traditions d'Occident ou d'Orient, le temps linéaire n'est qu'une illusion, le temps cyclique (ou inscrit dans des cycles) régit la réalité, le monde de l'esprit comme la dynamique de l'être...jusqu'à ce que, rejoignant ou retrouvant une unité perdue, l'être sorte du chemin cyclique, dissipant toutes les illusions.
Dans le cas qui nous intéresse, l'édification psychique, il semblerait qu'une loi similaire gouverne les processus. Jung décrit amplement cette dualité inhérente à la psyché, imposant une résolution continuelle vers une conjonction, le binaire résolu dans le ternaire, écho ou accomplissent de l'unité. 
La plongée dans nos profondeurs toujours plus inaccessibles et impersonnelles en apparence, conduisant à cette unité fondatrice pourrait avoir comme représentation la spirale, conjonction de l'axe horizontale cyclique et l'axe verticale descendant.
 
Libido : Progression et régression
Comment, dans ce processus cyclique de dissolution et reconstitution, ne pas faire l'analogie avec les évolutions de libido, selon Jung, qui suivent des phases :
  • Régression : Inadaptation du niveau de conscience, immersion dans l'inconscient, ébranlement de l'existant, plongée vers l'inconnu, les produits de l'ombre, du fond inexploré de l'être (Solve),
  • Progression : Réorganisation des outils psychiques, adaptation au milieu extérieur, accroissement de la conscience (Coagule)

Il est essentiel de noter que les deux phases sont indissociables et indispensables.
 
La progression établit l'individu, la régression lui fournit de nouveaux matériaux, le cycle accompli construit du nouveau, suit la trace de l'unité perdue, la quête de la pierre philosophale.