mardi 31 décembre 2013

Le petit ver...de tous les possibles !

Connaissez vous le planaire ?
C'est un petit ver plat qui vit dans l'eau douce et n'aurait probablement pas sa place ici s'il ne possédait pas quelques spécificités bien déroutantes; de récentes découvertes à son sujet, que je vais vous décrire, ont même ouvert des horizons insoupçonnés qui pourrait bien conduire à une conclusion sur une hypothèse de Jung (entre autre) : la psyché n'est pas seulement localisée dans le cerveau !

Le planaire
Ce petit animal de quelques cm de long est beaucoup utilisé en science expérimentale pour deux raisonbs principales :
  • bien que peu évolué, possédant une vue médiocre, il est sensible à de nombreux paramètres (températures, vibrations, chimie, etc) qui permettent d'interragir sur son confort et ses préférences,
  • il a la particularité de pouvoir totalement régénérer son corps, même à partir d'un fragment très petit, à partir des fameuses cellules souches, les néoblastes (on devine d'ailleurs dans quelle voie d'usage on les utilise, la médecine réparatrice)
L'expérience...en deux temps
1959 : Le biologiste James McConnell tente de découvrir la "dynamique de la mémoire" (la non localisation spécifique en quelque sorte) et ses premières conclusions sont positives mais trop peu reproductives et surtout, très critiquées à une époque où la neurologie était secondaire.

Juillet 2013 : Une équipe de chercheur américaine parvient à la même conclusion, avec des données reproductibles et incontestables.


Protocole
  1. On crée une mémoire, artificiellement, aux planaires : le ver, qui fuit la lumière et préfère les surfaces lisses, doit aller sur une surface rugueuse et éclairée pour se nourrir,
  2. La mémorisation est vérifiée quotidiennement durant 15 jours, temps de régénaration de la tête,
  3. On décapite les vers et on attend 15 jours que la tête se régénère,
  4. On les nourrit, toujours exclusivement dans la zone éclairée à surface rugueuse et, le miracle se produit, la mémoire est conservée, les vers regagnent la zone spontanément pour se nourrir.
Conclusions
  • Confirmation d'une hypothèse déjà ancienne, la mémoire ne se niche pas exclusivement dans le cerveau. Pour l'anecdote, bien qu'il n'y ait pas encore de certitudes scientifiques, la piste des celulles souches et de l'ADN comme malle à souvenir est évoquée,
  • Le premier des corollaires est que, si la mémoire, élément structurant de la conscience, n'est pas localisée dans le cerveau, la conscience, et de là, la psyché en général possède une source non cérébrale,
  • Si la mémoire d'un homme peut se perpétuer en dehors du cerveau, que l'on reste sur une hypothèse physique (comme l'ADN) ou non (hors du corps physique), on est en droit de poser l'hypothèse d'une mémoire de l'homme, appelée inconscient collectif par Jung...

Lien sur l'expérience, pour anglophone.

mardi 17 décembre 2013

Le torrent...

"...L'homme de 37 ans, père de deux enfants, comparaît aujourd'hui devant la cour d'assise pour le meurtre et le viol de cette fillette de 8 ans, mais tout de suite, la météo du jour, il va faire frisquet Louis apparemment..."

"...Merci Marie, en effet, ce débat autour de l'euthanasie est loin d'être aisé et suscite beaucoup de réactions, mais n'oubliez pas que durant toute la journée, Jeff de Bruges vous offre des ballotins de Noël, petits veinards..."

Est ce que quelque chose vous choque ?
Il n'y a pourtant pas de raison, apparemment, puisque, à quelques mots près, voici très précisément ce que j'ai entendu ce matin à la radio, RTL, donc de très grande audience, en l'espace de quelques minutes.

Saviez vous qu'à notre époque, un individu normalement "connecté" reçoit, en une seule journée, autant d'informations qu'une personne au 18ème siècle recevait durant toute sa vie ?
Me revient à l'esprit ce terme, inventé par Louis Claude de Saint Martin (voir ici ou ) d'homme de torrent, pour qualifier celui qui se laisse porter par les courants tumultueux et incessants des sollicitations externes, souvent sociétales, entretenant l'individu dans une appétence matérielle toujours renouvelée, jamais assouvie...la société que j'ai entraperçu ce matin, nourrit jusqu'à écœurement l'homme de torrent.

Je me suis rappelé, ce matin, cette défiance terrible que nourrissait Jung pour le collectif qui broie l'individu ou, pire, empêche son plein développement...

Mais, si jamais l'homme s'arrête un instant, accepte de contempler le torrent qui l'entraîne et, surtout,  ne tente pas de lutter contre, probablement entendra t'il ce petit murmure, ce souffle, spiritus, venant de l'intérieur, tuant soudain les désirs pour ne laisser la place qu'au Désir (encore une jolie expression de Saint Martin que cet homme de Désir).

mercredi 20 novembre 2013

Une définition du bonheur ?


          
 S'il est bien une donnée insaisissable, c'est la définition du bonheur...plénitude de l'instant pour certains, réalisation de l'être pour d'autres. Cette définition revêt un caractère singulier à chacun, bâti sur un parcours de vie et la capacité de considération du monde, du "autre"  (voir à ce sujet, les fonctions psychologiques)
La philosophie, qui s'est beaucoup nourrie de ce thème, a élaboré des propositions. En voici une ébauche personnelle.
 
Hédonisme versus eudémonisme
 
 L'hédonisme ( (du grec ancien : ἡδονή / hēdonḗ, « plaisir » et du suffixe -ισμός / -ismós) est souvent assimilé à la recherche de satisfactions personnelles. Trop simpliste !
L'hédonisme est une voie philosophique menant au bonheur par la quête du plaisir dont une condition primordial réside dans l'évitement des sources de déplaisirs. Et le plaisir n'est pas restreint aux sens (comme dans l'épicurisme par exemple) mais s'étend aussi au contentement intellectuel, à la saveur d'une sérénité de l'instant, etc.
Bien qu'attaché au développement personnel de l'individu, cette voie nécessite une connaissance fine et profonde de soi, du monde et des autres.
 
Souvent mis en opposition, l'eudémonisme (Du grec ancien εὐδαιμονισμός / eudaimonismos, « souhait de bonheur », dérivé de εὐδαίμων /eudaímôn, « bon génie ») est la pensée philosophique qui place comme principe premier de la vie humaine, c'est à dire principe qui va conduire à tous les autres, la recherche du bonheur...à cette fin, la raison, dans son acception antique attachée à la vertu, l'éthique ou la morale, est le seul guide fiable.
En terme contemporain, on pourrait dire que l'eudémonisme permet de nourrir le juste et le vertueux, ou, plus directement, d'édifier un sens à la vie.
 
On notera, pour l'anecdote, que le couple hédonisme/eudémonisme présente des similitudes avec celui de l'extraversion/introversion.
 
 
Égoïsme versus altruisme ?
 
Au risque du simplisme, l'enjeu placé au sein du couple de l'hédonisme et de  l'eudémonisme ne peut il pas se rapproche de  celui qui oppose l'égoïsme "je satisfais ma personne" et l'altruisme "je me construis en intégrant le monde" ?
 
"Un troisième terme", un "tiers inclus" est exprimé, à plusieurs reprises, dans les écritures* :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même !
 
Société versus individu
 
Depuis quelque temps, j'entends beaucoup de choses sur l'altruisme, à commencer par la sortie récente de l'essai remarqué de Matthieu Ricard...je lisais récemment un article sur une recherche médicale qui conclut que l'altruisme (qu'il associe ouvertement à l'eudémonisme) se traduirait par un terrain génétique résistant face aux maladies...évidemment, les hédonistes/égoïstes posséderaient eux des gènes plus favorables à la venue de maladies.
Le message du collectif, en somme, est : "Soyez bons et vous serez en bonne santé et heureux !"
Mais qui peut donner ce qu'il ne possède pas ?
 
Le bonheur, 
une quête de soi qui conduit à l'autre
 
Je terminerais très rapidement bien que le sujet mériterait approfondissement et les questions sous-jacentes au thème sont nombreuses.
Les propositions de Jung ont ceci de séduisantes qu'elles traduisent l'appel de la vie et ne tombent dans aucun consensus...c'est une libération de l'individu, qui va tenter de se dévoiler face à lui-même, donc de se re-connaître, trouvant en chemin la paix en soi, et réaliser qu'une source en lui nourrit tous les autres autour de lui...
Bien entendu, libre à chacun de trouver ses outils et/ou son Jung pour y parvenir, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on est !
 
Aimons oui mais apprenons à nous aimer pour aimer mieux !

 
*Lévitique 19v18
Romains 13, 8-10
Marc 12:31
Matthieu 22:37

mardi 8 octobre 2013

Le philosophe et la fève - Pythagore (1)


Le fleurissement des livres "Le philosophe et..." que je constate ces dernières années (qui n'est pas sans me rappeler les déclinaisons des Martine quelques décennies en arrière) m'a donné le titre de ce billet qui ne sera pas comme d'habitude; un peu de légèreté, quoi que...
Facétie oblige, je vais aborder le thème d'un grand philosophe antique en évoquant sa mort !
 
Pythagore serait mort à cause de la fève
Dirigeant une "école", comme il en existait beaucoup à l'époque, Pythagore établit un code de vie et de morale à l'adresse de ses disciples. On retrouvent dedans de très nombreuses recommandations, parfois évidentes (ne pas juger, ne pas voler, etc) et certaines à la tonalité immédiate très "exotiques"...parmi elles, la recommandation de ne jamais manger de fève !
Certains contemporains affirment que c'est par répulsion du végétal que Pythagore imposait cette règle mais, et cela est nettement plus séduisant pour le mythe, il semblerait que, bien au contraire, il lui reconnaissait un caractère éminement sacré.
Chassés par des opposants, plusieurs versions sur sa mort rapportent que c'est en refusant de piétiner un champs de fève qu'il fut ratrappé et exécuté.


Fève sacrée ?
L'antagonisme dans le symbole étant monnaie courante, le noir et le blanc n'étant que les deux facettes d'une même pièce, j'ai choisi délibéremment de m'attarder sur les attributs positifs de la fève que l'on retrouve dans les écrits d'un doxographe (commentateur des penseurs grecs, souvent antiques), Diogène Laërce.
  • La fève possède une âme : « En raison de leur nature venteuse, elles participent au plus haut point du souffle de l’âme ». Plante poussant dans des espaces venteux du moyen-orient...le soufle, spritus, l'esprit de vie.,
  • Tranquilise l'âme : « Et grâce à cela, on rend aussi plus douces et dénuées de troubles les images oniriques »,
  • Objet de transition : « Elles ressemblent aux portes de l’Hadès, car c’est l’unique plante qui n’a pas de nœuds », la tige n'est pas ligneuse et ne possède pas de noeud, agonatos en grc qui signifie aussi le gond de la porte, 
  • Cosmogonie de la fève : « Elle est semblable à l’univers. », à chaque lecteur de rêver au pourquoi, mais nul doute que la fève porte un symbole lié à la "réalité supérieure", 
  • Propriétaire de vérité : A l'époque, son usage était très fréquent pour le tirage au sort en cas de choix hasardeux, même dans le domaine politique.
Alors, je pense que vous ne regarderez plus de la même manière ce petit légumineux ?
Petite anecdotique complémentaire,  sa culture est très facile et sa fleur délicate et surprenante...

vendredi 13 septembre 2013

Le rêve selon Jung

Résultat de recherche d'images pour "onirique"
« En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu'il nous voit bien différent de ce que nous croyons être. »                
Jung, Dialectique du moi et de l'inconscient
Depuis l'antiquité, le rêve questionne, fascine, est posé au cœur d'enjeux multiples dans le rapport de l'homme à lui-même, à la nature, à ce qui le dépassera pour toujours.
Selon Jung, le rêve est un produit de la nature qui utilise un langage archaïque ce qui le rend souvent délicat à traduire...à l'instar de Freud, il pense que c'est le canal idéal pour instaurer (restaurer ?) un dialogue avec l'inconscient. Mais, déduites de ses études cliniques, de nombreuses autres fonctions spécifiques  apparaissent dans ses ouvrages (citons L'Homme à la découverte de son âme et Sur l'interprétation des rêves).

Nature du rêve

Le caractère spontané, non contrôlé et naturel du rêve évoqué au-dessus implique une considération très particulière de ce dernier.
L'homme moderne étant coupé de son lien originel avec la nature
le langage du rêve lui est devenu difficile d'accès. En effet, et exprimé très simplement, Jung postule que, sur le plan psychique, la différence entre l'homme contemporain et le "primitif" est l'amplitude de conscience conquise, aux dépends de la "proximité" à l'inconscient.
Ainsi, le rêve provenant de l'inconscient, il nécessite soin, attention, analyse précise, pour se révéler à la conscience.
Intuitivement, Jung aimait parler du rêve comme le gardien du sommeil...
 
Résultat de recherche d'images pour "nature homme" 

Fonctions du rêve

  1. Cliché instantané de la psyché : Selon Jung, le rêve témoigne, de la manière la plus précise qui soit, de l'état de la psyché à un instant donné. 
  2. Rétablissement de l'équilibre psychique : Conscient et inconscient doivent maintenir une communication, afin de contribuer, conjointement, à la construction de l'individu. Toute attitude unilatérale (refus de l'inconscient ou, au contraire, perte des réalités conscientes) est traduite dans le rêve et, symboliquement, tirée vers une compensation menant à un équilibre psychique. 
  3. Sens prospectif : Au delà de son rôle de compensation, Jung a constaté, notamment par l'étude de série de rêves, qu'il y a a un mouvement, une dynamique, engagée dans un schéma directeur et singulier au rêveur, qui se dessine dans les rêves. Guidé par un fil d'Ariane intérieur (qu'il nommera Soi), le rêveur est accompagné dans sa métamorphose intérieure.

Travail avec le rêve

Si l'on connait l'importance du collectif dans l’œuvre de Jung, de son influence sur l'individu, des enjeux placés dans l'émancipation du un face à ces "énergies", force est d'admettre que les rêves portent, à d'exceptionnelles exceptions près, un sens singulier...aussi, quoi que l'on puisse lire ou écrire, le seul véritable interprète du rêve ne peut être que le rêveur lui-même.
Bien entendu, comme nous l'avons abordé à de maintes reprises, l'aide d'une tiers personne, pour dénouer des "intrications" entre conscient et inconscient, s'avère souvent indispensable.

Succinctement, Jung distingue deux plans dans l'interprétation du rêve :
  1. Le plan de l'objet : Les éléments oniriques sont examinés en lien avec la "résonance" du rêveur, dans son histoire et sa personnalités actuels, ainsi que la valeur au regard du passé, notamment de l'enfance. C'est l'aspect réductif d'interprétation (qui résume, pour faire simple, l'interprétation freudienne qui s'arrête aux question de refoulement),
  2. Le plan du sujet : Cette méthode s'appuie sur le caractère prospectif du rêve (qu'est ce que ça veut ?). On va, cette fois, s'attarder sur les éléments du rêve en les considérant comme une dimension "cachée" (ou projections) du rêveur...c'est la méthode constructive ou synthétique.
Ainsi, on voit aisément que l'interprétation des rêves pour Jung s’appuie sur la "méthode freudienne" (d'où je viens), enrichie par un autre niveau de complexité (où je vais).

Il existe d'autres aspects importants du rêve pour Jung comme l'interprétation sur le plan transférentiel ou la méthode d'amplification...pour approfondir ce qui vient d'être évoquer, je vous recommande l'ouvrage "L'homme à la découverte de son âme".

lundi 26 août 2013

Devenir sens



Le sens de mon existence est que la vie me pose une question. Ou, inversement, je suis moi-même une question posée au monde et je dois fournir ma réponse, sinon j'en suis réduit à la réponse que me donnera le monde.

Extrait de "Ma Vie" 

vendredi 16 août 2013

Nietzsche - La volonté de puissance


Comme c'est le cas pour nombre de philosophes, la pensée de  Nietzsche est excessivement galvaudée de nos jours, et ne subsistent en général de que quelques lieux communs sans fondement réel, son soi-disant athéisme (Dieu est mort !), sa notion mal comprise de surhomme (Zarathoustra), etc

Ce n'est évidemment pas par hasard que j'ai choisi d'étudier cette œuvre, elle a beaucoup inspiré Jung qui, vision toute personnelle, semblait respecter sa profondeur tout en étant fasciné par l'application (implication) absolue de l'homme qui le mènera à la folie...il consacrera même un séminaire entier au Zarathoustra.

Avant d'aller plus avant et d'examiner cette philosophie, je tiens à souligner l'admirable approche que l'on peut lire sur le laboratoire de mon ami Ariaga, dont je dispose les liens en fin de billet.


Clef de voûte de la pensée nietzschienne, la volonté de puissance

Le premier constat fondamental de Nietzsche : on ne peut évaluer la vie qu'en s'en extrayant (il faut être extérieur à un objet pour pouvoir l'évaluer), ce qui est impossible pour l'homme. De là, aucune transcendance n'a sa place car le monde est "créé" par l'homme.
Sur la vie et sa valeur ne peuvent exister que deux positions antagonistes, négation ou affirmation. Selon Nietzsche, la vie est une dynamique d'accroissement de l'être et sa négation est appelée survie (ou blocage de la dynamique d'accroissement).
Détail intéressant, car l'on peut faire le jonction avec la pensée de Jung, l'affirmation de la vie serait de l'ordre instinctuel et non réflexif, plutôt du domaine insconcient que de celui de l'intellect.

De là, celui qui accède à l'affirmation de la vie, dispose d'une faculté de croissance de soi en soi. Au contraire, celui qui survit est dans le maintien d'un niveau, se retrouve avec un "manque d'être" (=d'accroissement) qu'il cherchera toujours à combler...le don (celui qui possède de soi) et la demande (celui qui comble) positionne le fort et le faible.  
Contrairement à l'idée populaire, Nietzsche n'établit pas dans la domination de l'autre, l'attribut de force, mais dans la capacité à se transformer, à abandonner l'avant.


La différenciation permet l'établissement de valeur, l'accroissement de l'être (je me diffère de ce que j'étais,  de ce que je suis pour aller vers autre chose)...son opposé, qui finalement conduit à une uniformisation, c'est ce qu'il appellera le nihilisme.

Un deuxième constat fondamental arrive alors : les conditions favorables et défavorables à la vie sont toutes, de fait, issues de la vie même (il ne peut en être autrement puisqu'il rejette le transcendant). Ces deux oppositions apparentes sont des manifestations d'une union préalable qui est la vie...ainsi, la force d'union qui contient cette dualité est la volonté de puissance.
Dans le don, je suis animé par la volonté de dépenser de la puissance et dans la demande, celui d'en obtenir. Bien entendu, nous sommes là au coeur de l'être et le don et la demande ne sont pas transposables (quoi que) à ce que l'on vit au quotidien.

Le lecteur devrait pouvoir (s'il a eu le courage de venir jusqu'à cette ligne) percevoir les rapprochements possibles avec certains pans de la pensée de Jung...
A suivre donc.

Cheminer dans le laboratoire d'Ariaga :

lundi 12 août 2013

Place à la vraie magie...

 
L'été, son lot de soleil, d'heures où l'on réapprend le temps de vivre, voici un nouveau partage autour du piano...cette fois, j'ai été puiser dans le registre classique parmi les interprètes qui me font vibrer.
 
Dans l'espoir que cette parenthèse musicale vous relie, ne serait ce qu'un instant, avec la magie ambiante et la présence des dieux...






samedi 3 août 2013

Viktor Frankl - Psychologie et quête de sens

 
Le lecteur régulier de ce blog en aura pris l'habitude, j'aime évoquer, au gré de mes envies et émotions, des hommes et leurs pensées. Viktor Frankl est un personnage particulier dans le paysage de la psychologie, peu connu en France (doit on, à l'instar d'un Jung, établir un lien avec son intérêt pour ce qui n'est pas "rationnel" ?); son parcours de vie et son approche éminemment spiritualiste font de lui un personnage atypique et marquant...à découvrir donc.

Son histoire
Autrichien de souche, le petit Viktor démontra très précocement un intérêt pour l'homme, la conscience, la vie interne , psychique...établissant une relation épistolaire avec Freud à 15 ans, il le rencontra quelques années plus tard et le "père" de la psychanalyse marquera durablement Frankl (Même lors de son éloignement de l'école freudienne, il conservera un grand respect et une forme visible d'admiration pour Freud).
A noter également, et ce n'est pas si anecdotique, son adhésion à "l'école de Adler" qu'il quittera pour divergence de pensée. Déporté avec sa famille durant la seconde guerre mondiale, il fut le seul rescapé. Il paraît évident que cette expérience extrême aura un impact définitif sur l'orientation de son œuvre
Spécialisé en neurologie et psychiatrie, il fonda, sur le tard, un institut pour diffuser, pratiquer et enseigner sa psychologie spécifique, la logothérapie (de logos, à la fois parole, raison et idée éternelle).


Approche de sa pensée
Revenons sur l'épisode en camp de concentration.
Constatant que la robustesse physique n'avait pas de lien avec la survie des prisonniers, il réalisa qu'une force et un potentiel phénoménaux se nichaient dans ce qui constituait le sens pour l'homme...ceux qui réussissait à trouver un sens, une harmonie directrice pour eux dans le chaos extérieur apparent, parvenait à réveiller une énergie qui les maintenait en vie, coûte que coûte.

Pour Frankl, le sens de l'individu trouve sa source dans le spirituel. Il en a une définition assez personnelle d'ailleurs.
 "Un homme qui a trouvé une réponse à la question du sens de la vie, est un homme religieux". 
Il va même plus loin en mentionnant un inconscient spirituel, mais ce billet ne me permet pas de m'étendre plus avant (pour le moment).


Si loin de Jung ?
Objectivement, de nombreuses similitudes se retrouvent dans leur pensée :
  • le domaine de la religion et du sacré sont à considérer à part entière,
  • l'homme est une totalité trinitaire, guidée par le "spirituel",
  • certaine névrose sont liées à une religiosité refoulée (l'âme en souffrance de Jung),
  • l'homme doit laisser vivre en lui la "spontanéité" (chez Frankl, elle est similaire au "non rationnel" de Jung),....
La liste est loin d'être exhaustive....j'aime aussi rapprocher leur personnalité qui les a conduit tous les deux, au cours de leur vie, à des ruptures fortes au nom de leur autonomie de pensée.
 
Frankl rejette les propositions de Jung
Si j'ai insisté sur l'attachement originel de Frankl à Freud, c'est parce que je pense que cela a limité son ouverture à une pensée finalement proche de la sienne...une collaboration, même provisoire, entre ses deux "archéologues de l'âme", percevant l'importance du champ du spirituel dans la dynamique de construction psychique, aurait surement été des plus fructueuse. 
 
Quelles propositions de Jung gênent Frankl ?
"En fait, la religiosité inconsciente ne représente à aucun degré, chez Jung, une option personnelle de l'homme."
Pour Frankl, la notion d'archétype collectif aliène l'individu et ne lui permet plus de développement personnel.
Peut être faut il rappeler que l'archétype n'existe qu'en tant que potentialité et ne devient objet que par son "incarnation" dans la psyché individuelle, qui prend, de fait, une teinte toute singulière et personnelle à chaque fois.
"Une religiosité authentique n'a pas le caractère d'une pulsion, mais celui d'une option. La religiosité s'affirme avec son caractère d'option et s'éteint avec son caractère de pulsion. La religiosité est existentielle ou bien n'existe pas."
Se niche ici une subtilité délicate...en effet, pour Frankl, existe un être spirituel, appelé "inconscient spirituel", qu'il convient de laisser "éclore" et qui relie l'individu au spirituel par l'émergence du sens. Cette dynamique s'opère par et pour l'individu et est donc guidé par le moi...pourquoi pas ?
Mais il apparait, cliniquement, que si ce travail n'est pas engagé et "l'être spirituel" étouffé, les problèmes psychiques surgissent sans exception.
Finalement, en terme très simple, la collaboration en conscience à notre "édification psychique" est LA clef du sens (qui établit l'harmonie au sein de l'interne et entre l'interne et l'externe).
 
Renforçant probablement la confusion pour Frankl, la libido, source des pulsions, trouvent deux définitions radicalement éloignées chez Freud et Jung. La définition "pansexuelle" de Freud devient une énergie psychique non spécifiée chez Jung, pouvant investir plusieurs champs.

En conclusion provisoire, notons que l'ouvrage majeur de Frankl pour comprendre ses travaux est "le Dieu inconscient".
 
Livre By Viktor Frankl: Le Dieu Inconscient Psychotherapie Et Religion  Preface De Georges Elia Sarfati Psychotherapie Et Religion Preface De  Georges Elia Sarfati - Lire EPUB PDF

mercredi 19 juin 2013

L'aigle et le rossignol


                            

Connaissez vous Bernadette Brady ?
Astrologue professionnelle de longue date, formatrice et auteur d'ouvrage autour de ce thème, c'est aussi une chercheuse, anglaise, qui ne limite pas sa pratique à un corpus de techniques et connaissances bien établis mais tente "d'aller au delà", de comprendre, d'ouvrir de nouveau horizons...Son excellent livre (voir ici, malheureusement seulement paru en anglais) sur la prédiction en astrologie nous offre une petite fable que j'ai beaucoup aimé et dont je souhaitais vous livrer une version.

La petite aventure de ces deux oiseaux est évidemment à prendre comme une jolie allégorie.

Oublions tout ce que nous savons, et considérons l'aigle comme la raison, l'intellect, le savoir (puisque c'est en somme l'exercice proposé dans le livre) et le frêle rossignol comme l'intuition, la poésie, la part non rationnel en nous,...
Libre à vous de transposer différemment et de laisser vaquer votre imagination personnelle.
Il était une fois deux oiseaux, remarquables chacun par une singularité propre.
L'aigle par sa force, son regard perçant, sa capacité à voler très haut et très longtemps. 
Le petit rossignol, lui, possédait un chant mélodieux qui réjouissait tout le monde.
Ces deux volatils aspiraient à la même chose, pouvoir se faire remarquer par Dieu et bénéficier de son regard aimant.

L'aigle, sûr de lui, partit à tire-d'aile à la vertical en se disant qu'il allait bien rencontrer Dieu; une fois au dessus des nuages, de toute sa puissance, il poussa son cri d'aigle. Rien ne se passait. 
Dieu ne voyait pas avec ses yeux et n'écoutait pas avec ses oreilles...mais par l'âme. 
Le petit rossignol, tout aussi sûr de lui, prit son plus joli timbre de voix et entonna une splendide sérénade, le bec tendu vers le ciel, afin de capter l'attention du créateur.

Dieu ne voyait pas avec ses yeux et n'écoutait pas avec ses oreilles...mais par l'âme.  

Les deux oiseaux frustrés eurent alors une idée : le petit rossignol grimpa sur le dos de l'aigle qui partit aussitôt à la conquête des nuages...une fois dans les hauteurs, à portée de Dieu, le rossignol entama son plus beau chant. 
Dieu ne voyait pas avec ses yeux et n'écoutait pas avec ses oreilles...mais par l'âme. Dieu ne vit pas l'aigle, n'entendit pas le rossignol, mais sentit que deux âmes s'unissaient près de lui...il posa alors le regard sur eux et accorda sa bienveillance.


 

vendredi 31 mai 2013

Sérendipité. Place à l'instinct !


"...l’art de trouver ce que l’on ne cherche pas 
en cherchant ce que l’on ne trouve pas..."

De nombreuses années plus tôt, je découvris ce mot dans un ouvrage de Jung. Tout me plaisait, à priori, dans ce mot, la consonance pleine et ronde, agréable à l'oreille, l'équilibre des syllabes. Quand son sens me fut révélé, il lui conféra alors presque un caractère magique...

Le sens général
 
La sérendipité est la découverte totalement fortuite d'une trouvaille qu'on ne cherchait pas
Ce terme a été inventé par un philosophe anglais, Walpole, sur la base d'un néologisme (serendipity).

Il y a plusieurs sens induits qui constituent finalement, autant de degrés à considérer de la sérendipité. 
La proposition de l'ethnographie me plait tout particulièrement et c'est donc celle-ci que j'ai retenu :
  1. On découvre par hasard ce que l'on ne cherchait pas. Vraie sérendipité.
  2. On découvre autre chose que ce que l'on cherchait grâce à un concours de circonstances favorables. Vraie sérendipité.
  3. On découvre par hasard ce que l'on cherchait. Pseudo-sérendipité.
  4. On découvre grâce à un concours de circonstances favorables ce que l'on cherchait. Pseudo-sérendipité.
 
Bien entendu, les exemples sont innombrables dans l'histoire de l'humanité, de la pénicilline à la tarte Tatin en passant par l'ADN, le lecteur pourra s'amuser à les recenser à sa guise...

Et l'homme face à la sérendipité ?
 
Qui dit sérendipité, dit réception et attention, cette remarque n'est pas anodine pour la suite de notre billet.

Avec Platon et les Sophistes, le constat était déjà établi que l'on ne pouvait pas chercher ce que l'on ne connaissait pas parce que l'on ne sait pas ce que l'on doit chercher. Évident...en apparence.
La sérendipité privilégie pourtant les expériences, les ressentis, la position de guetteur, de fureteur, de vigie.

Ceux qui savent toujours où ils vont ne risquent jamais de se trouver ailleurs.

« Il fallait être Newton pour apercevoir que la Lune tombe, quand tout le monde voit qu’elle ne tombe pas » P. Valéry

La sérendipité, ce cadeau du "hasard heureux", demande une ouverture et des dispositions particulières pour émerger. 
Toucher la "perméabilité" aux choses, garder en alerte un regard de l'ensemble distinct du particulier, accepter l'inattendu et lui laisser une chance d'entrer dans nos vies, voici les critères principaux qui permettent la sérendipité.


Utile la sérendipité ?
 
Au risque d'être réducteur, il semble que la sérendipité exige une certaine qualité d'être
On peut aussi, raisonnablement, rapprocher cette qualité de celle définie par la fameuse injonction jungienne, décrivant l'attitude adaptée de l'homme face à son inconscient : "Laisser advenir".

Car oui, finalement, dans le chemin laborieux de l'individuation, la croisée de cette force structurante en nous et de notre conscience conduit, très souvent, à d'étranges rencontres, révélations, surprises et à ce que le produit de ces rencontres soit généralement tellement loin de ce que nous souhaitions initialement...c'est aussi cela la magie de la transformation qui opère, l'alchimie subtile de la vie.

Pour conclure sur le sujet, j'aimerais revenir sur cette analogie hasardeuse, voire trompeuse, que l'on fait communément entre sérendipité et synchronicité. 
Sur le "plan de l'objet" ou celui du processus engagé, on peut évoquer des similitudes. Mais rappelons, simplement, que la synchronicité tient avant tout à la notion de "révélation personnelle"'...la tarte Tatin n'a qu'à bien se tenir.
 

Plus loin
 
Deux ouvrages majeurs, assez conséquents, délicats à la digestion.


vendredi 17 mai 2013

Benjamin Libet - Existence de l'inconscient par la science ?


Benjamin Libet (1916-2007),  neurologue américain, fit une découverte troublante en 1983, aboutissant à ce constat :  Notre conscience ne serait pas libre de vouloir mais de décider...autrement formulé, nos intentions émergent à l'insu de notre conscience, donc auraient une origine non consciente

Évidemment, sans faire de tapage médiatique, ces recherches ont des répercussions profondes sur les considérations psychologiques et philosophiques autour du thème du libre-arbitre.
Bien naturellement, cette évocation d'une source inconsciente de nos choix ne peut qu'inspirer le lecteur sensible à la psychologie des profondeurs. Jung, initiateur des fameux tests d'association (voir ici par exemple), aurait surement applaudi et apprécié.

Le constat
 
L'expérience, ou plutôt les expériences, qui ont permis de confirmer ces conclusions déroutantes sont complexes et précises, aussi je mets à disposition des lecteurs un lien en fin de billet pour l'appréhender plus en détail.
Pour faire simple, lorsque je voulais faire un mouvement, voici le processus que l'on croyait à l’œuvre :
    1. Je choisis de faire le mouvement,
    2. Mon cerveau prépare les impulsions nécessaires à déclencher le mouvement,
    3. Les muscles prennent le relais pour réaliser le mouvement.
      Après de multiples essais, vérifications, expérimentations, Libet et son équipe durent se résigner et constater que le processus réel en cause diffère de ce schéma :
      1. L'activité cérébrale précède de très peu la décision consciente (350ms, soit à peu près un tiers de seconde),
      2. Le choix conscient s'accomplit,
      3. Les muscles prennent le relais pour réaliser le mouvement.
       
      Conclusions directes
      • La conscience n'est pas à l'origine d'une décision,
      • C'est un processus qui met en cause le cerveau qui détient la capacité originelle du choix (puisque c'est décelable par lui),
      • La notion de libre-arbitre n'est probablement pas remis en cause puisque dans la chaîne, le positionnement de la conscience est déterminant : faire le geste ou ne pas le faire.
      Conclusions indirectes
      • Le temps de la conscience n'est pas le temps des neurones !
      • La conscience a, finalement, un seul pouvoir réel : celui du veto, le refus de l'impulsion d'intention que lui envoie "la source",
      • Ne peut on pas associer cette "source" avec l'inconscient, voire avec l'âme de nos traditions ? auquel cas, ces impulsions initiales ne répondraient elles pas à un besoin naturel du même ordre que l'individuation sur le plan psychique ?
      • Si le libre-arbitre "survit" douloureusement (on a le choix final), la voie du déterminisme n'est pas une fatalité car nous ignorons encore (et surement pour longtemps) la source du processus...
      Mots des grands esprits autour du sujet
       
      "Nous sommes une combinaison de deux entités
      Sir John Eccles
       
      "L’esprit doit être restauré dans sa position prestigieuse au-dessus de la matière. 
      Roger Sperry
       
      "...si les expériences en question devaient être vérifiées ce serait un jour sombre pour le matérialisme. 
      Daniel Dennett

      Pour aller plus loin
       
      Un petit document complet, décrivant entre autre le protocole de l'expérience de Libet.

      Un livre de l'intéressé, mort en 2007, passionnant !


      vendredi 26 avril 2013

      Jung et le nazisme...pour en finir (2)

      Me voici de retour sur ce sujet sensible, grâce à l'intervention d'un membre du forum, Martine, qui m'a indiqué l'existence d'un entretien entre un journaliste et écrivain américain, Hubert Renfro Knickerbocker et Jung; le journaliste travaillant sur un essai autour des dictateurs, et Hitler en particulier (ouvrage en anglais mais encore accessible, comme ici), a demandé un profil psychologique du führer au psychiatre suisse. J'ai retrouvé cet entretien en anglais et l'ai traduit en français. On y cerne l'analyse si fine et intuitive qui devait caractériser Jung et, surtout, on découvre un homme lucide quant à la personnalité inquiétante et sombre de Hitler...sachant que cet interview eut lieu à la fin de 1938, soit avant l'avènement du nazisme destructeur, on conclut rapidement à l'absurdité de l''hypothèse des accointances de Jung avec le régime nazi.
      Madame Roudinesco, si jamais vous passiez par là, prenez donc le temps d'un peu de lecture...


      Edit : Après la rédaction de ce billet, j'ai réalisé que cet interview existait déjà, en langue française, dans le livre "Jung parle" (voir ici)

      Ces extraits sont des morceaux choisis du livre de Knickerbocker, issus de ma propre traduction en français, certainement loin d'être parfaite...

      Quel est le pouvoir de Hitler ?
      C'est une question qui m'intéressait depuis 18 ans, depuis j’avais rencontré Hitler et que je l’avais entendu parler. Depuis cet épisode, j’avais entendu des centaines d’explication sur son pouvoir et en avait élaboré par moi-même. Mais la plus intéressante et plausible discussion sur sa personnalité, je l’ai eu lors d’un entretien avec le Dr Carl G. Jung, grand psychiatre suisse, quand je lui ai rendu visite à son domicile à Zurich pour lui demander de diagnostiquer les dictateurs. C'était en Octobre 1938 et je revenais directement de Prague où j’avais assisté à la fin de la Tchécoslovaquie. L'analyse de M. Jung de Hitler fut remarquablement confirmée par les événements depuis. Il avait été personnellement fasciné par le problème de la personnalité de Hitler, et l’avait étudié pendant des années.

      « Il y a deux types de leader dans la société primitive, l’un est le chef qui est physiquement puissant, plus fort que ses concurrents, et l’autre est le medecine-man qui n’est pas forte physiquement mais est fort en raison de l'autorité que le peuple projette sur lui. Ainsi, il y avait l'empereur et le pape ».
      J'ai demandé: «Pourquoi est-ce que Hitler qui séduit chaque allemand qui l'adorent, produit pourtant aucune impression particulière sur un étranger? »

      «Exactement», ponctue le Dr Jung "Peu d'étranger y sont sensibles, mais apparemment tous les Allemands en Allemagne le sont. C'est parce que Hitler est le miroir de l'inconscient de tous les Allemands, mais bien sûr il n’est le support d’aucune projection pour un non allemand ». 

      « Il est le haut-parleur qui amplifie le murmure inaudible de l'âme allemande jusqu'à ce qu'ils puissent être entendus par l'oreille de la conscience de l'allemand. Il est le premier homme à dire tous les Allemands ce qu'ils pensent et ressentent inconsciemment sur ​​le sort allemand, surtout depuis la défaite de la Première Guerre mondiale, et l'une des caractéristiques qui teinte chaque âme allemande est le complexe d'infériorité typiquement allemand, le complexe du petit frère, de celui qui est toujours un peu en retard à la fête. Le pouvoir de Hitler n’est pas politique, il est magique. 

      Pour comprendre la magie vous devez comprendre ce qu’est l’inconscient C'est cette partie de notre constitution mentale sur laquelle nous avons peu de contrôle et qui est stockée avec toutes sortes d'impressions et de sensations; Qui contient des pensées et même des conclusions dont nous ne sommes pas conscients. Outre les impressions conscientes que nous recevons, il y a toutes sortes d'impressions constamment en arrière plan de nos sens dont nous ne prenons pas conscience parce qu'ils sont trop faibles pour attirer notre attention consciente. Elles se situent en dessous du seuil de la conscience. Mais toutes ces impressions subliminales sont enregistrées, rien n'est perdu, quelqu’un peut parler d'une voix peu audible dans pièce d'à côté pendant que nous parlons ici vous ne faites pas attention à lui, mais la conversation à côté est enregistrée dans l’inconscient aussi surement que par celle d’un dictaphone. 

      Maintenant, le secret de la puissance d'Hitler n'est pas que Hitler a un inconscient plus apte à stocker que le vôtre ou le mien, le secret de Hitler est double. D'abord, son inconscient a un accès exceptionnel à sa conscience et, deuxièmement, il se laisse toucher par lui. Il est comme un homme qui écoute attentivement un flux de suggestions d'une voix chuchotée à partir d'une source mystérieuse, puis agit sur ​​eux. 

      Dans notre cas, même si occasionnellement notre inconscient nous atteint à travers les rêves, nous avons trop de rationalité, trop de « cérébral » pour lui obéir, mais Hitler écoute et obéit. Le véritable leader est toujours « dirigé ». 

      Nous pouvons voir comment il fonctionne en lui-même et fait référence à sa voix. Sa voix n'est rien d'autre que son propre inconscient, dans lequel le peuple allemand projette sa propre personne. C'est l'inconscient de 78.000.000 d’allemands. 

      C’est ce qui le rend puissant. Sans le peuple allemand il ne serait rien. Il est littéralement vrai quand il dit que tout ce qu'il est capable de faire, c'est uniquement parce qu'il a le peuple allemand derrière lui, ou, comme il le dit parfois, parce qu'il est l'Allemagne. Ainsi, avec son inconscient, étant le réceptacle des âmes de 78.000.000 allemands, il est puissant, et avec sa perception inconsciente du véritable équilibre des forces politiques du pays dans le monde, il a été jusqu'à présent infaillible. 

      C'est pourquoi il porte des jugements politiques qui se révèlent vrais malgré l'avis de tous ses conseillers et contre l'avis de tous les observateurs étrangers. Lorsque cela se produit, cela signifie seulement que les informations recueillies par son inconscient, et qui atteignent sa conscience par des moyens lié à son talent exceptionnel, sont plus correctes, que celles de tous les autres, en Allemagne ou à l’étranger, qui ont tenté de juger la situation et qui ont tiré des conclusions différentes de la sienne. » 

      Swastika
      Dr. Jung répondit gravement: «Oui, il semble que le peuple allemand est maintenant convaincu qu'il a trouvé son Messie ; en quelque sorte la position des Allemands est remarquablement semblable à celle des Juifs d'autrefois… 

      Depuis leur défaite dans la Première Guerre mondiale, les Allemands ont attendu un Messie, un sauveur. C'est caractéristique des personnes atteintes d'un complexe d'infériorité. Les Juifs ont déclenché leur complexe d'infériorité par les facteurs géographiques et politiques. Ils vivaient dans une partie du monde qui était un terrain de jeu pour les conquérants des deux côtés, et après leur retour de leur premier exil à Babylone, quand ils ont été menacés d'extinction par les Romains, ils ont inventé l'idée consolante d'un Messie qui allait rassembler les Juifs autour d’une nation et les sauver.

       

      Les Allemands ont obtenu leur complexe d'infériorité de causes comparables. Ils furent sortis de la vallée du Danube trop tard, et fondèrent les débuts de leur nation longtemps après que les Français et les Anglais étaient sur ​​la bonne voie pour leur nation. Ils étaient trop en retard pour la course des colonies et pour la fondation de l'empire.


      Puis, quand ils se sont rassemblés et ont fait une nation unifiée, ils regardèrent autour d'eux et virent les Britanniques, les Français et d'autres avec des colonies riches et tout l'équipement des nations adultes et ils sont devenus jaloux, rancuniers, comme un jeune frère dont les frères aînés ont pris la part du lion de l'héritage ».
      Dr, Jung a dit qu'il avait observé de près Hitler lors de sa rencontre avec Mussolini à Berlin.

      «J'étais seulement à quelques mètres des deux hommes et pouvais bien les étudier. Par comparaison avec Mussolini, Hitler faisait sur moi l'impression d'une sorte d'échafaudage en bois recouvert de tissu, un automate avec un masque, comme un robot ou un masque d'un robot. Pendant tout le spectacle, il ne riait jamais, c'était comme s'il était de mauvaise humeur, bouder il ne montrait aucun signe humain..


      Son expression était celle d'un produit inhumain semi-conscient, sans aucun sens de l'humour. Il semblait qu'il pouvait être le double d'une personne réelle, et que Hitler l'homme pourrait peut-être se cache à l'intérieur comme un appendice, et de façon délibérée, caché afin de ne pas perturber le « mécanisme ». Avec Hitler vous ne sentez pas que vous êtes en présence d’un humain. Vous êtes face à un « médecine-man », une forme de récipient spirituel, un demi-dieu, ou mieux encore, un mythe.
      Avec Hitler vous ressentez la peur. Tu sais que tu ne pourras jamais être capable de parler à cet homme, car il n'y a personne, il n'est pas un homme, mais un produit collectif, il n'est pas un individu, mais toute une nation, je considère qu'il est littéralement vrai qu'il n'a pas d'ami personnel. Comment pouvez-vous parler intimement avec une nation? »

      Wotan
      «Personne n’a appelé le royaume de Charlemagne le premier Reich, ni celui de William le deuxième Reich. Seuls les nazis appelaient leur Troisième Reich, car il a un sens mystique profonde."

      Dr. Jung a déclaré que les nazis ressentent un parallèle entre la triade biblique, Père, Fils et Saint-Esprit, et le troisième Reich, et que, en fait, de nombreux nazis se réfèrent à Hitler comme le Saint-Esprit. 
      « Encore une fois," Dr. Jung a continué, "envisager la reprise généralisée dans le Troisième Reich du culte de Wotan, dieu du vent qui prendra le nom" Sturmabteilang ", les troupes d'assaut. La swaslika est une forme renouvelée du vortex. Ne se déplaçant jamais vers la gauche, car la signification bouddhiste de la gauche est défavorable, orienté vers l'inconscient. Tous ces symboles du troisième Reich, dirigé par son prophète Hitler, reprennent l’allégorie du vent et de la tempête et tourbillonnant en vortex, balayant l'allemand dans un ouragan d’émotions irraisonnées vers un destin qui lui est inconnu, sauf pour le voyant, le prophète, le Führer qui peut lui-même le prédire…ou peut être même pas lui-même. ».