vendredi 28 février 2020

Faut il combattre l'égo ?

Que l'on se place dans le domaine du "développement personnel", du management, voire des voies spirituelles, il est une constante, un enjeu impérieux autour de l'égo

Souvent présenter comme la source de tous les maux, parfois assimiler à l'égocentrisme voire l'égoïsme, nous allons tenter de définir ce que représente l'égo dans le champ de la psychologie des profondeurs.
Nous allons aussi, le plus simplement possible, tenter de répondre, au moins partiellement, aux principales questions à son sujet : Est il notre ennemi, le cas échéant, en quoi et, surtout, faut il combattre l'égo ?

Par commodité, et surtout afin de rester dans les terminologies utilisées par Jung, nous  utiliserons le mot "Moi" pour désigner cette instance nommé communément "égo". 

Qu'est que le Moi ?

Nous proposons d'emblée ceci : La conscience se définie comme l'outil servant l'ouvrier, le Moi
Chez Jung, et nous ne rentrerons pas dans les détails, la conscience serait conditionnée par un champ préexistant, lui-même issu d'une source originelle archaïque (l'inconscient). 
Des éléments complémentaires peuvent se trouver dans cet article.
 
Selon les théories actuelles, le bébé (voire même le fœtus) en recevant ce qui "est" (réalité externe objective par ses sens, interne par sa psyché), son équilibre initial se voit bousculé.
Prenons l'image du bloc de cire rond et plein, c'est l'état psychique initial du bébé.
L'apparition de ce qui est "autre" est comparable à un "doigt" qui va marquer la cire, laissant alors une marque...ce creux dans la cire peut être associé à la conscience, la cire permettant de figer ce creux serait le Moi.
La conscience est une mémoire active qui selon  des interactions passées, va produire de la réaction, de l'évaluation, du sens. 
En contrepartie, la conscience va "alimenter" le Moi pour l'enrichir.
Jung définit le Moi comme le centre de la conscience, il en est même la matrice originelle.


 Le Moi utile ?

Le moi est fait primo, pour survivre (tenir le choc de la rencontre initiale avec ce qui est) et, secundo, pour vivre (se maintenir le plus longtemps possible).
Pour cela, il doit apprendre à prendre. Pierre Willequet
L'égo / Moi est essentiel à la survie psychique et sociale de l'être humain !

Il n'y a pas à moraliser cette tendance, ni à la condamner, car elle est inscrite à la racine de nos déterminants les plus enfouis. S'en affliger est inutile. Il faut simplement le savoir et ne pas se raconter de fable sur la prétendue oblativité inhérente au vivant et, partant, de l'espèce humaine. En ses germes, il n'existe sans doute pas un tel programme. À moins qu'elle n'y déniche, comme c'est souvent le cas, son plus grand bénéfice.

La répétition a toutefois d'autres conséquences qu'il serait dommage de passer sous silence. Car l'effort et le temps dépensés par le moi pour intégrer le réel, pour se le représenter, ne sont pas - par lui - considérés comme fortuits. 

Autrement dit, il a besoin que ces investissements soient correcte­ment rétribués, et notamment par la stricte préservation de leurs effets.




 Le Moi suffisant ?
  
Évidemment non, car s'il le Moi fut vital pour l'adulte en construction, il devient une "force contraignante", s'il n'est pas reconsidéré, dans le développement de la seconde moitié de vie.
Une de ses propensions majeures est de faire en sorte que ce qu'il a obtenu « à la sueur de son front », puisse se maintenir en l'état aussi longtemps possible.
La difficulté qu'il a eue à édifier tout cela appelle une cristallisation, une fixité. 
Il agit en antirévolutionnaire. 
Non pas en contre-révolutionnaire, pour qui la révolution aurait déjà eu lieu, mais bien en antirévolutionnaire : son point de vue est plus préventif (« pas de change­ment ») que réactif (« plus jamais de changement »).
Une formidable tendance à l'immobilisme, au durcissement autour du connu et à la crispation sur les acquis, hante nos esprit.

Plus tôt, je n'aurais pas été à même de le faire : je l'aurais considéré comme une présomptueuse affirmation de moi-même. En vérité, cela traduisait la supé­riorité de l'ego acquise avec l'âge, ou celle de la conscience. (Jung, correspondance)
Ce qui signifie sans la moindre ambiguïté possible qu'il faut bien construire ce moi, mais qu'il ne faut en aucun cas s'arrêter à lui, et qu'il faut sans doute s'ouvrir à la découverte que nous sommes bâtis sur un Tout Autre -et si l'on veut parler en toute rigueur, qu'il nous faut un moi fort et solidement construit pour d'autant mieux apprendre que ce moi n'existe qu'en vue de la « révélation » du « non-moi » que nous sommes d'abord et avant tout.

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