samedi 1 décembre 2012

La musique et Jung...

Jung écoutait rarement de la musique parce que "la musique touche un matériel archétypal si profond et que ceux qui la jouent ne s'en rendent pas compte. Or, si elle était utilisée en thérapie à ce niveau là, elle devrait jouer un rôle essentiel dans toute analyse" (CG Jung parle, p 214).

Selon lui, "la musique exprime par des sentiments ce que les fantasmes ou les visions expriment par des images visuels...la musique représente le mouvement, l'évolution et la transformation des motifs de l'inconscient collectif". (Correspondance 1950-1954)

Grace à Aniela Jaffé, on en sait un peu plus sur le rapport de Jung à la musique et, en fait, sa sensibilité  particulière et l'apparente perméabilité de son être aux enjeux collectifs expliquent qu'il écoutait peu la grande musique...elle pouvait provoquer une vraie souffrance chez lui.
Jaffé raconte comment un quatuor à cordes de Schubert avait dû être interrompu car "il le touchait trop". Certains quatuors tardifs de Beethoven "le remuait presque au-delà de l'insoutenable".
"Bach parle à Dieu. Bach me passionne. Mais je pourrais massacrer l'homme qui joue du Bach dans un cadre superficiel". (CG Jung parle, p 249)

Il avouera également une véritable passion pour la musique negro-spiritual.

Place à la musique, morceaux choisis parmi ceux qui touchaient le plus Jung.





15 commentaires:

Ariaga a dit…

Là encore, comme pour l'inconscient collectif, il devait y avoir un problème de cloison trop perméable entre lui et et les vibrations.
Je me demande ce qu'il aurait pensé si on lui avait demandé de prouver qu'il n'était pas un robot. Il aurait peut-être piqué une de ses célèbres colères. Amitiés.

Jean Bissur a dit…

Oui Ariaga, je suis convaincu que nous ne sommes pas égaux dans notre réception de l'inconscient collectif...Jung n'échappait pas à la règle, comme personne d'ailleurs.

Égoïste et coléreux à l'extrême, voici en effet ces deux grands défauts...qui le rendent si humain.

Merci de ton passage.

Anonyme a dit…

Bonjour Jean,

J’ai découvert ton nouveau billet alors que je venais de relire, la veille, le chapitre 41 de ce livre (Jung parle) relatant la rencontre entre Jung et Margaret Tilly, musicothérapeute. Et je me redisais à peu près ceci : " Comme je comprends Jung qui ne peut supporter la musique entendue à un moment non choisi ! Comme il est vrai que cela peut toucher l'auditeur trop profondément et trop fort. Je ne "massacrerais" peut-être pas le profanateur inconscient - quoique... ? :-) - mais je fuirais certainement le lieu du "massacre". "

Ariaga parle de vibrations et je crois qu'il s'agit bien de cela. L'univers, en son fond, peut être perçu par l'homme comme vibration(s). Les traditions nous disent, et l'on peut sans doute en faire l'expérience, qu'il est une vibration essentielle, primordiale. Une sorte de "la" à partir duquel tout se déploie et s'ordonne. Il existe des rythmes corrélés à différents niveaux du vivant, matériel et immatériel. J'ai autrefois lu avec grand intérêt un livre écrit par Étienne Guillé (docteur ès sciences, agrégé de mathématiques), avec la collaboration de Christine Hardy (psycho-sociologue, écrivain), qui traitait de ces réalités vibratoires : "l'alchimie de la vie", paru aux éditions Du Rocher. Ce livre s'était présenté sur mon chemin en grande synchronicité pour me donner une information théorique et scientifique sur un sujet qui m'intéressait vivement, qui me touchait au plus profond de moi.
La sensibilité et la "tolérance" à la musique me semblent bien être, en effet, à mettre en relation, d'une façon ou d'une autre, avec la perméabilité de l'auditeur à ces phénomènes vibratoires qui sont à certains égards assez intangibles mais sont absolument réels. C'est du feu!

Amezeg

Jean Bissur a dit…

Merci de ce commentaire averti Amezeg, cette idée de vibration est une théorie qui me plait assez également car elle unifie beaucoup de champs divers...

La musique, quoi qu'il en soit, porte bien plus que de simples notes et mélodie, je vous rejoins...combien d'émotions, d'images et moments d'extase m'a t'elle apportée du plus profond des entrailles...

Amicalement,
Jean

Anonyme a dit…

Si, comme le dit Jung, « la musique exprime par des sentiments ce que les fantasmes ou les visions expriment par des images visuelles... », on peut imaginer que les personnes de type « pensée », dont le sentiment est la fonction « inférieure », peuvent être remuées presque au-delà de toute mesure par la musique du fait que la musique touche au domaine le moins différencié de leur personnalité, qu’elle fait appel aux sentiments. Cette disposition psychologique ajouterait ainsi chez Jung son effet d’amplification à la perméabilité ou transparence des cloisons intérieures qu’évoque Ariaga ci-dessus.

Merci, Jean, de nous avoir proposé une réflexion sur ce sujet de la musique.

Amicalement,
Amezeg

Anonyme a dit…

Jean, relisant plus attentivement ce soir ton article, je constate que tu y parlais de la perméabilité de Jung à ce qui dépasse la conscience limitée et de sa sensibilité particulière. Nous sommes donc tous les trois, Ariaga, toi et moi, sur une longueur d’onde très voisine à propos de ce qui marquait le rapport de Jung à la musique... :-)

Amezeg

Jean Bissur a dit…

Je te le confirme Amezeg, nous parlions chacun à notre façon de la même chose...

Bonne soirée,
Jean

Jean Bissur a dit…

En dernière analyse, et en remarque tardive, je crois que l'on pourrait rapprocher cette perméabilité décrite de la sensibilité (que je distingue clairement de la "sensiblerie")...cette faculté de l'être qui qualifie le beau, entretient l'empathie, ouvre au cosmos...

Jean

Anonyme a dit…

On pourrait supposer avec assez de logique que la sensibilité globale d’un être est la résultante des différentes dispositions individuelles particulières qui le caractérisent. La perméabilité plus ou moins grande de la frontière entre domaine conscient et domaine inconscient est-elle une disposition innée, indépendante des autres dispositions, ou découle-t-elle de ce qu’est l’assemblage des autres dispositions, ou contribue-t-elle à orienter cet assemblage...? Je me sens un peu dépassé par la complexité apparente de la question, mais j’incline à croire que cette perméabilité est un facteur donné a priori, de naissance.
La sensibilité telle que tu la décris, donnant valeur ou non valeur aux choses (qualifiant le beau), ne serait-elle pas marquée par la fonction dominante au sein de ta personnalité, Jean ?

Amezeg

Jean Bissur a dit…

Oui et Non Amezeg...oui il est évident que l'on écrit, pense et parle comme l'on est et pas autrement.
Non car je ne pensais pas à cette forme de sensibilité qui définit et encadre un individu (bien que cette dynamique individuelle des fonctions est l'écho d'une certaine perméabilité à l'inconscient) mais celle qui fait que l'art nous touche, que l'autre nous parle pour ce qu'il est, qu'une musique va nous entraîner dans un paysage imaginal, etc
En fait, je rapprocherai cette sensibilité de l'idée de la coopération sur le chemin d' lindividuation...le processus est universel et constant mais l'on peut s'y associer ou pas...et je pense alors que la chose n'est pas innée et définitive.

Jean

Ariaga a dit…

Je suis bien contente que nous soyons tous les trois compagnons de voyage sur la même longueur d'onde ... Je me sens moins seule ainsi accompagnée.

Anonyme a dit…

Je crois que cette perméabilité peut, pour chacun, se développer, grandir au cours d’une existence. La voie des rêves, pour ne citer qu’elle, peut y contribuer fortement. Mais il me semble que, dans le cas de Jung, cette perméabilité était déjà très grande a priori.

Si je te comprends bien, lorsque tu parles de coopération sur le chemin de l’individuation, tu veux dire que chacun peut ou non donner son acquiescement et son adhésion à ce cheminement vers l’individuation que la vie lui propose. (?)

Amezeg

Jean Bissur a dit…

Jung avait clairement une prédisposition particulière, ou son profil répondait à un appel du moment, si l'on veut être un peu "mystique"...
Pour ta question, non j'ai évoqué le fait que ce processus était universel et donc en marche qu'on le veuille ou non "vocatus atque non vocatus deus aderit".
Mais en coopérant, et donc en donnant en "offrande" la part de soi qui est la plus concernée par l'affaire (le fameux moi), l'on amplifie et cautionne ce qui doit être...

Jean

Anonyme a dit…

Bonjour Jean, comment allez-vous ?

Jean Bissur a dit…

Bonjour,

Très bien, à qui ai je l’honneur ?

Jean