Bonne écoute...
mercredi 16 mai 2012
Interlude musical...
Brendan Perry du groupe Dead can dance, sur une reprise de Portishead.
Bonne écoute...
Bonne écoute...
jeudi 19 avril 2012
Suiseki (2) - La pierre fontaine
Apercevez vous comme moi cette source jaillissante,
qui bouillonne au milieu de la pierre noire ?
Source de vie, elle s'écoule de gauche et de droite...
Par le versant nord, beaucoup ont tenté de la gravir,
impétueux, téméraires.
Ces sentiers escarpés ont créé tant de dépit et d'échecs.
Une vieille légende raconte qu'un vilaine sorcière grimaçante serait à l'origine de ces malheurs.
Toutes les pierres de cette section proviennent de ma collection personnelle et sont entièrement naturelles, façonnées par la nature.
mercredi 11 avril 2012
Petit moment de grâce (5)
dimanche 8 avril 2012
Petit traité de vie intérieure - Lenoir
Sous ce titre banal, j'ai eu la surprise de découvrir un ouvrage vibrant...vibrant par l'humanisme qu'il porte, la sincère joie de vivre qu'il transmet et le témoignage d'un homme, simple et ordinaire, qui a trouvé les pierres pour édifier son "temple intérieur".
L'auteur
Lorsque j'ai découvert Frédéric Lenoir il n'y a pas si longtemps lors d'un débat sur la chrétienté, je n'étais pas en accord avec ses propos...mais j'ai aussitôt eu envie de le connaître mieux, touché par l'authenticité qui se dégageait de l'individu, attribut si rare sur les plateaux de télé.
Chose que j'ai appris plus tard, sa route a croisé l'oeuvre de Jung à l'adolescence, le marquant durablement.
Sommaire
I Dire oui à la vie XI La règle d'or
II Confiance et lâcher prise XII L'amour et l'amitié
III. Responsable de sa vie XIII La non-violence et le pardon
IV. Agir et non agir XIV Le partage
V. Silence et méditation XV Attachement et non-attachement
VI. Connaissance et discernement XVI L'adversité est un maître spirituel
VII. Connais toi toi-même XVII Ici et maintenant
VIII L'acquisition des vertus XVIII Apprivoiser la mort
IX Devenir libre XIX L'humour
X Amour de soi et guérison intérieure XX La beauté
Avis personnel
J'avais rédigé un long paragraphe mais, après réflexion, je crois que ces quelques mots de l'auteur résument mieux que je ne l'aurais fait mon sentiment :
"Exister est un fait, vivre est un art. Tout le chemin de la vie, c'est passer de l'ignorance à la connaissance, de la peur à l'amour."
Quelques extraits
"Si nous apprenons à nous connaître en vérité, nous devenons plus compatissants et l'image idéalisée que nous avons de nous-mêmes va s'écrouler. Cela peut être insupportable tant que l'on n'entre pas dans l'acceptation de ce qui est. Une acceptation qui est l'indispensable premier pas vers la transformation. S'idéaliser soi-même, idéaliser son clan ou sa nation, a pour conséquence de rejeter le mal sur l'extérieur. C'est ainsi que se légitiment presque toutes les guerres."
"Sans estime de soi, on ne peut pas estimer les autres ; sans respect de soi, on ne peut pas respecter les autres. Sans amour de soi, on ne peut pas aimer les autres. L'apprentissage de la relation à soi est donc la condition de l'apprentissage de la relation aux autres."
"Une conversion du regard s'impose. Il est temps d'admettre que, non seulement l'échec n'est pas un drame, mais qu'il peut bien souvent devenir un événement positif. Son premier atout, qui est loin d'être négligeable, consiste à nous remettre dans une attitude d'humilité face à la vie. Il nous contraint à accepter la vie telle qu'elle est et non pas telle que nous la voulons ou la rêvons. La vraie souffrance, comme je l'ai rappelé à la suite des philosophes stoïciens, mais aussi taoïstes, naît de notre résistance au changement, au mouvement de la vie, à son flux. Alors, réjouissons-nous quand il y a des hauts; et quand des bas se présentent, acceptons-les et faisons en sorte qu'ils nous servent de tremplin. En ce sens, je considère nos échecs comme autant de maîtres spirituels, c'est-à-dire de guides qui nous aident à rectifier notre trajectoire. Ils appartiennent à la loi de la vie, et je pense que leur présence, qui nous est naturellement désagréable sur le moment, est néanmoins indispensable à la globalité de notre parcours."
samedi 17 mars 2012
"Chercher Dieu" - L'oeuvre d'une vie
Lors d'une grande braderie locale, un étalage d'ouvrages variés attira mon regard...un rapide coup d'oeil découragea toute envie de fouille dans ce fatras de papier, ou du moins, brisa toute illusion de trouver quelque chose autrement que par hasard...un peu pressé, je n'avais pas le temps de jouer au hasard...et pourtant, une couverture foncée d'un vieux cahier éculé se trouvait là, comment ai je pu remarquer le quelconque parmi le quelconque ? Je sentais rayonner ce vieux cahier scolaire. Sur la couverture, je lus le titre "Chercher Dieu". Il me fallait découvrir plus avant et les pages jaunies terminèrent chez moi.
A la fin du cahier, ces quelques mots touchants : "Cahier perdu, puis retrouvé...commencé en 1934, achevé fin 2002"...68 ans de quête d'une moniale ! Car j'ai fini, au fil des lignes, par comprendre qu'il s'agissait très certainement du cahier ayant appartenu à une religieuse.
Je rêve d'un grand feu de bois dans la campagne.
Et autour, nous autres. Quelques unes seulement, celles qui comprennent sans paroles.
Assises en rond, respirant au rythme de la terre.
Les étoiles sont comme la lampe dans le sanctuaire, aux pieds de Dieu.
Il n'y a plus de souffrance en nous. Il n'y a plus de nous....
Il n'y a plus que sa présence.
Pour ma petite Anna,
Je crois que l'océan qui vient battre les grèves après une tempête, a des flots moins cruels.
Et que, puisqu'ici-bas, nul n'achève ses rêves, c'est qu'ils sont éternels ! ...
lundi 5 mars 2012
Synchronicité (2) - Premiers approfondissements
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| Kaïros |
"L’Orient fonde sa pensée et son évaluation des faits sur un autre principe. On n’a même pas de mot pour rendre compte de ce principe. L’Orient a bien sûr un mot pour cela mais nous ne le comprenons pas. Le mot oriental est Tao... J’utilise un autre mot pour le nommer mais c’est assez pauvre. Je l’appelle synchronicité."
Quelques mots de Jung, dans Psychologie et alchimie, pour entamer ce sujet qui tentera d'approfondir les notions de synchronicité, faisant suite à ce billet.
Le concept de synchronicité est apparu très tôt chez Jung, la première "trace" se retrouve dans un discours d'éloge funèbre de son ami Wilhelm (celui qui l'a initié au Yi King) en 1930 mais il faudra attendre plus de 20 ans, suite à l'étroite collaboration de Pauli (scientifique de renommée mondiale), pour voir éditer un texte sur le sujet, La synchronicité comme principe des relations acausales - 1952...on connait la frilosité de Jung à évoquer ces sujets qui pouvaient écorner sa crédibilité.
L'archétype du sens
Comme on l'a vu, lors d'une synchronicité, le sens semble être le point de jonction entre l'individu et l'évènement.
"La synchronicité présuppose un sens a priori par rapport à la conscience humaine, un sens qui en apparence se trouve à l’extérieur de l’être humain." Jung
Évidemment, cela n'est pas sans poser un réel souci d'approche :
"On est habitué à considérer que le concept de "sens" implique un phénomène ou un contenu physique dont on ne suppose pas qu’il puisse exister également à l’extérieur de notre psyché... Lorsque l’on considère l’hypothèse qu’un même sens (transcendant) peut se dévoiler à la fois dans la psyché humaine et dans l’arrangement d’un évènement simultané extérieur et indépendant, alors on entre en conflit avec nos idées scientifiques et épistémologiques traditionnelles." Jung, La synchronicité comme principe de lien acausal
Rapidement, Jung va émettre l'hypothèse (qu'il confirmera plus tard) que le sens est un archétype.
Il est important de rappeler que c’est la coïncidence qui fait advenir le sens.
Le sens n’est qu’une potentialité inconsciente, un contenu psychique activé, certes, mais inconscient. Et c'est précisément cet état d’inconscience de ce contenu psychique activé qui est la condition sine qua non de l’apparition de phénomènes synchronistiques, lesquels "s’évanouissent" lorsque le contenu en question franchit le seuil de la conscience.
Le sens n’est qu’une potentialité inconsciente, un contenu psychique activé, certes, mais inconscient. Et c'est précisément cet état d’inconscience de ce contenu psychique activé qui est la condition sine qua non de l’apparition de phénomènes synchronistiques, lesquels "s’évanouissent" lorsque le contenu en question franchit le seuil de la conscience.
Cette conception d'un sens préexistant se retrouve déjà dans la pensée platonicienne.
Jung et Pauli conclurent alors que la synchronicité répondait à une loi à part, l'ordre acausal.
Jung et Pauli conclurent alors que la synchronicité répondait à une loi à part, l'ordre acausal.
Acausalité
Ici se situe un point de discorde entre Jung et Pauli.
Pauli, à juste titre pensons nous, considérait que si la synchronicité opérait selon un principe organisateur (l'archétype du sens), une causalité, certes d'une profonde complexité, pouvait être établie. Mais Jung ne parle pas selon les mêmes conventions : pour lui, seuls les phénomènes mesurables ou observables dans l'espace et le temps permettent l'application du concept de causalité. Ainsi le domaine de la symbolique auquel répond l'archéype n 'obéit pas à cette loi.
Pour autant, il n'exclut pas un lien de causalité (comme évoqué par Pauli) mais considère que ce lien est indiscernable pour l'esprit humain.
Rapport Psyché/Matière : L'Unus Mundus
"Je n’oserai pas faire des prévisions sur l’avenir, averti que je suis par les échecs de tous les efforts prématurés d’unification de l’histoire de l’esprit. Je remarque seulement que, depuis le XVIIème siècle, les activités de l’esprit humain ont été divisées de façon stricte, mais que je conçois qu’une victoire des contraires, comprenant également la synthèse de la compréhension rationnelle et de l’expérience mystique de l’unité, est le mythe - déclaré ou non - de notre époque." Pauli
Jung, empruntant le terme à l'alchimiste du XVIIe Gerhard Dhorn, désigna cette unité qui transcende temps, l'espace, le corps et l'esprit, comme l'Unus Mundus.
Dans son énorme opus Mysterium conjunctionis, il va décliner de nombreux exemples et tenter d'éclaircir cette notion très délicate à appréhender.
Dans son énorme opus Mysterium conjunctionis, il va décliner de nombreux exemples et tenter d'éclaircir cette notion très délicate à appréhender.
Pauli a de son côté travaillé également sur ce concept, ce qui est moins connu évidemment tant son œuvre majeure reste sa contribution à l'édification de la mécanique quantique.
Pour les plus courageux, je renvois à son ouvrage, Des exemples modernes de la physique "d’arrière-plan".
"La "correspondance", les "paires de contraires complémentaires" et la "globalité" apparaissent indépendamment dans la physique et dans les conceptions de l’inconscient""D’après la conception exposée ici, la quaternité ne serait pas mise en valeur à l’intérieur de la physique, mais dans la mesure où la paire de contraires de la physique se trouve à nouveau reflétée dans le domaine psychique, on attribue une quaternité à la globalité composée de la physique et de la psychologie. Il me semble possible qu’il y ait des phénomènes où la quaternité entière joue un rôle essentiel et pas seulement les paires de contraires physique et psychique de leur côté. Dans des tels phénomènes, on ne pourrait plus définir judicieusement des différences conceptuelles comme "physique" et "psychique"
vendredi 24 février 2012
A la rencontre de Carl Gustav Jung - Cazenave
J'ai évoqué l'année dernière un livre de Michel Cazenave (voir ici) et c'est avec un immense plaisir que je vous livre mes impressions de cette dernière lecture...moi qui m'attendais à une énième présentation générale du psychologue et de son oeuvre, j'ai été surpris, touché, bouleversé même.
Ici, on est dans l'humain, le vécu, la tragi-comédie...Cazenave se livre, se dévoile, alors que ses derniers ouvrages très érudits auraient pu nous inciter à croire que l'intellect avait pris le dessus, voici qu'il nous livre une facette inattendue de lui.
Sommaire
Avertissement.............................................................. 5
I. Première rencontre................................................... 7
IL Seconde rencontre................................................. 23
III. Et puis Jung, malgré tout........................................35
IV. De quelques lectures de Jung................................ 47
V. Avec Jung et Pierre Solié....................................... 61
VI. Avec Jung et Henry Corbin................................... 97
VII. (En guise de conclusion) Et toujours avec Jung.....115
Avis personnel
Je pense que mon introduction résume bien mes impressions de lecture. Cette collection d'ouvrages de chez Oxus semble s'orienter sur une présentation assez particulière : une personnalité liée par une affinité, une sensibilité commune, un parcours de vie parle sans retenue d'une autre personnalité. On aboutit sur quelque chose de vivant, stimulant voire touchant...j'ai été touché de fait. Lire Cazenave évoquer ses profonds déboires amoureux, sa pensée résolument portée par le mystère de la vie, déceler entre les lignes un homme marqué d'un certain décalage avec son environnement qui va finalement, au gré de "hasards", trouver écho, "substance" et enfin réponses à ses interrogations auprès d'un pair (père?) que fut Jung. Cela éclaire d'une tout autre profondeur la vie de l'auteur...et cela laisse songeur, car qui n'a jamais rêvé de vivre l'intensité d'une telle communion d'esprit ?
Quelques extraits
"La rencontre de Jung...
Le Jung que je présente ici est donc celui que j'ai compris selon les aléas de mon existence. L'on entendra dès lors pourquoi je me mets moi-même tellement enjeu dans les pages qui suivent - ce qui me semblait le minimum d'honnêteté nécessaire - de sorte que le lecteur puisse y apporter toutes les corrections qu'il jugera utiles par rapport à ses propres expériences intérieures. "
"Dans un mécanisme de défense évident, je décidai donc que je ne voulais rien savoir de lui, que je ne lirais plus le moindre texte paru sous sa signature, et que, de toute façon, ma vie n'avait qu'à se dérouler comme elle l'entendait, sans que je veuille y intervenir le moins du monde.
(Merveilleuse contradiction dont je refusais de me rendre compte : après tout, n'était-ce pas là, précisément, une décision que j'avais prise ? Dans les instants où, malgré tout, j'en nourrissais l'obscure intuition, je m'en tirais par un tour typiquement mercurien, en arguant de ce que j'avais décidé de ne plus rien décider, et que je laissais dorénavant advenir ce qui « voulait » m'arriver.)
Très bêtement, je n'avais pas prévu que Jung se réimposerait à travers, justement, cette apparente suspension de toute volonté quelle qu'elle fût. "
"En avais-je fini avec Jung ?
Je faillis presque le croire... Mais la vie se charge vite de vous faire changer d'avis, et j'eus tôt fait de découvrir qu'il est de ces destins auxquels on ne peut échapper, ou plutôt des « destins », des couleurs de l'existence, des « notes » fondamentales avec lesquelles on n'en a jamais terminé de s'expliquer - et qui vous marquent au plus secret de votre expérience.
Ainsi, de la disparition, des années après que j'avais connu Corbin, de celle qui avait été la compagne de ma vie, et qui avait marqué l'une des raisons de ma mélancolie de jeune homme.
Si on ne l'a pas vécu soi-même, peut-on deviner ce que signifie ainsi la mort de l'être le plus cher au monde, de celui qui vous donnait votre sens et vous indiquait la direction des Cieux dont elle vous faisait pressentir comme vous en étiez par nature un habitant naturel ?"
samedi 18 février 2012
L'alchimie à l'ère de Carl Jung - Video
Je n'ai pas encore abordé ce pan essentiel dans l'oeuvre de Jung, l'alchimie...il y aura énormément à dire et encore plus à vivre. La création récente du forum mobilisant une grande part de mon énergie, je vais me contenter, pour cette semaine, de vous offrir une vidéo très instructive (pour celui qui aborde la relation de l'alchimie et de Jung).
On trouvera une approche avant tout historique des choses mais si peu de document de qualité existe en français sur la toile qu'il me semble important de partager quand on trouve.
Pour l'aspect pratique, vous pouvez visionner le document entier, à la manière d'une vidéo classique et vous avez également un sommaire à droite qui permet de choisir une séquence précise, j'ai trouvé cela très agréable à l'usage.
Bon visionnage à tous !
vendredi 10 février 2012
Suiseki (1) - L'art de la pierre
J'aimerais vous faire partager une de mes passions, assez peu connue et encore moins diffusée en France, le Suiseki. Ce n'est pas très aisé de décrire en quelques mots ce que l'on pourrait qualifier d'art de la pierre ou, pour rendre à César ce qui est à César, l'art de la nature sur les pierres. Le Suiseki, c'est la mise en valeur de pierres spécifiques, qui finalement n'ont de valeur que par leur pouvoir d'évocation qu'elles exercent sur le regard...haut pouvoir subjectif s'il en est !
La pierre a inspiré toutes les cultures et, symbolisant ce qui est durable et solide, a souvent été le support de représentations sacrées. Les exemples sont innombrables (mégalithisme, les trois religions monothéistes, l'alchimie, les sociétés initiatiques, etc).
Jung témoigne, dans son autobiographie "Ma vie", de son rapport particulier au minéral. Enfant, assis sur une grosse pierre, dans de longs moments de contemplation, sa conscience était ballottée et il se demandait s'il était assis sur la pierre ou s'il était la pierre elle-même...il avait aussi jeté son dévolu sur une petit pierre à qui il prêtait un caractère sacré et fusionnel avec lui. Plus tard, il se passionna pour la sculpture sur pierre et la fameuse pierre de Bollingen en est l'héritage le plus fort.
D'aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours eu une fascination particulière pour le règne minéral...une collection de minéraux à l'adolescence, des visites de grottes, un voyage en Bretagne pour admirer les agencements particuliers, cette découverte fabuleuse près de Saint Malo (voir ici), etc.
Le Suiseki est une pierre que la nature (en théorie l'abrasion naturelle des rivières) a modelé, lustré, travaillé pendant des siècles ou des millénaires et qui va prendre un caractère particulier de forme, de texture ou de teinte. L'art consiste à mettre en valeur cette pierre sur un socle en bois (daïza) ou un plateau empli d'eau ou de sable (suiban). La collection de pierre démarra en Chine vers le cinquième siècle et se développa au Japon vers le septième siècle, suite à des échanges commerciaux.
Ce n'est pas nous qui choisissons la pierre mais elle qui nous trouve...même sil existe des critères d'évaluation de qualité de pierre, je ne suis jamais rentré dans ces principes de cotations et laisse entièrement parlé mon ressenti dans le choix. J'ai envie, au fil de quelques billets, de vous présenter certaines d'entre elles et de vous les "raconter". Toutes les photos de Suiseki, qui seront associés, viennent de ma collection personnelle.
Le mot de la fin au maître japonais, Arishige Matsuura « Un bon suiseki a le pouvoir de représenter aux yeux de l'homme, sur quelques centimètres, la terre entière et le cosmos ».
lundi 30 janvier 2012
Jean-François Vézina
Au cours de mes lectures de "recherche" autour de la synchronicité, je suis tombé sur un ouvrage de cet auteur (ouvrage qui fera sous peu l'objet d'un billet) et j'ai été séduit par sa plume évocatrice, ondulant entre poésie, philosophie et psychologie, et l'insertion de nombreuses expériences personnelles pour étayer ses réflexions. J'ai découvert par la suite son activité dans le domaine qui nous réunit, sa présidence du Cercle Jung du Québec.
Une autre facette passionnante du personnage est sa passion pour le cinéma sous toutes ses formes. Convaincu que le septième art est une forme de mythe moderne de nos sociétés, il a créé un groupe de réflexion autour du thème psychologie et cinéma.
Fasciné par ce que l'on nomme la notion de chaos (à rapprocher du terme mathématique et non de l'image populaire de grand désordre), il traite dans son dernier ouvrage qui sort bientôt de l'inattendu, de la nécessité de chacun de rester ouvert aux surprises continuelles de la vie, au sens profond qui peut se créer à partir d'évènements initialement insignifiants...je sais que je plongerai avec plaisir dans ce dernier opus.
Son blog : Cliquer ici
Entretien sur Radio-Canada : Cliquer ici
Le "teaser" (présentation) de son dernier ouvrage, vidéo que je trouve belle et inspirante.
jeudi 26 janvier 2012
Un nouveau lieu pour partager directement : le forum
Voici maintenant un an que mon blog est ouvert que j'ai le plaisir de partager réflexions diverses et tentatives de vulgarisation de la psychologie "jungienne" avec vous. Si je devais dresser un bilan, il serait positif sur tous les plans :
- un enrichissant travail personnel : la rédaction de chaque billet est un exercice de concision (pas toujours réussi j'en ai conscience) qui m'oblige à faire le point sur ma propre compréhension des choses. Un phare qui éclaire mon propre cheminement en quelque sorte.
- un partage : le témoignage de vos passages, écrits (commentaires) ou muets (les statistiques de visites) sont autant d'encouragements pour moi qui, pour reprendre l'image de notre chère Ariaga (au passage, merci pour son soutien fidèle), sont comme autant de bois pour alimenter mon athanor.
- une certaine réussite : la fréquentation en constante augmentation depuis le début témoigne d'une évidence; bien que l'oeuvre de Jung dérange nos consciences et nous oblige à un regard intransigeant sur nous-même, il constitue aussi pour beaucoup une source authentique pour étancher notre soif intérieure...
Je ne vais pas épiloguer sans fin, j'ai le désir depuis quelque temps d'ouvrir un espace de dialogue et de partage pour les lecteurs de mon blog qui le désireront et les voyageurs qui trouveraient la porte en passant...ce n'est pas mon forum mais le notre et il a vocation d'échange sans arrière pensée, sans intellectualisme poussé...
Bien entendu, le travail sur le blog sera poursuivi avec tout autant d'ardeur puisque ma matière première se situe dans ces billets.
Pour voir le contenu du forum, un simple passage suffit mais pour accéder aux échanges, il faudra vous inscrire.
A bientôt ici, ou là bas,
Jean
Libellés :
Autour de Carl,
Notions de psychologie analytique
vendredi 13 janvier 2012
Quelques fractales de ma composition (2)
Je reprends peu à peu le logiciel en main...
Quelques fractales de ma composition (1)
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Quelques fractales de ma composition (1)
samedi 7 janvier 2012
Synchronicité (1) - Premières approches
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| Ourobouros |
Après avoir approché les fonctions psychologiques (notre boussole interne, voir ici), dressé un synoptique général de l'appareil psychique selon Jung (voir ici), effleuré la notion d'archétype et ses grands "représentants" (voir ici), il semble que l'on dispose du matériel de base nécessaire pour saisir la profondeur et envisager les implications de la psychologie de Jung...et surtout, l'on peut enfin parler de la synchronicité, en dépassant un peu l'image populaire simpliste de "coïncidence avec sens".
Qu'est ce que la synchronicité ?
Si nous devions trouver des synonymes à ce terme curieux, nous pourrions citer : hasard singulier ou révélation personnelle.
Communément, comme évoqué en introduction, on parle de coïncidence "sémantique".
Pour faire bref, la synchronicité est la rencontre, par la création d'un sens pour celui qui la vit, d'un phénomène interne (dit subjectif dans la clinique de Jung) et d'un phénomène externe (dit objectif).
Selon Jung, on distingue trois cas de phénomènes se référant à la synchronicité :
Communément, comme évoqué en introduction, on parle de coïncidence "sémantique".
Pour faire bref, la synchronicité est la rencontre, par la création d'un sens pour celui qui la vit, d'un phénomène interne (dit subjectif dans la clinique de Jung) et d'un phénomène externe (dit objectif).
Selon Jung, on distingue trois cas de phénomènes se référant à la synchronicité :
1- Simultanéité des évènements, dans le champs de perception
Je pense subitement à un chat, je rencontre mon ancien collègue Lechat devant un restaurant "au chat d'or".
2 - Coïncidence des évènements, en dehors du champs de perception
Swedenborg, alors qu'il se trouvait à 300km de Stockholm, eut soudainement une vision d'incendie de cette ville et apprit, plus tard, la réalité de l'évènement au même moment que sa vision.
3- Coïncidence d'un état psychique avec un évènement futur
Jung cite une patiente qui vit un essaim d'oiseaux s'abattre sur sa maison peu avant la mort subite de son mari alors qu'un fait analogue s'était produit lors du décès de ses parents.
A noter, chose remarquable par sa conséquence théorique, que dans les deux derniers cas, les évènements ont été anticipés sur leur vérification objective.
Implication de l'existence de la sycnhronicité
- Le principe philosophique de causalité (un phénomène engendre une cause) est dépassé !
Jung et Pauli (éminent scientifique, un des découvreurs de la physique quantique, régissant l'infiniment petit, et qui ne répond plus aux lois de la physique "macroscopique") ont étroitement collaboré autour de cette notion. Le principe d'acausalité fut mentionné, aucune cause "lisible" ne lie deux évènements.
De nos jours, il existe des phénomènes physique dont on ne trouve pas de lien causal direct (désintégration atomique, lueur fossile, pendule de Foucault, etc), diverses hypothèses scientifiques émergent (non localité, causalité "invisible, etc) et la tentative de Jung y retrouve force et vigueur, même auprès d'un public qui l'a raillé allègrement il y a encore dix ans.
Bien malheureusement, sans doute en grande partie à cause de son aura de "magie" (qui se dissipe dès la prise de connaissance du sujet), la synchronicité ne donne pas lieu à de véritables travaux de recherches ou de mise en œuvre épistémologique.
Quel sentiment de gâchis que de voir une porte entrebâillée jamais ouverte, un horizon nouveau jamais parcouru...
Bien malheureusement, sans doute en grande partie à cause de son aura de "magie" (qui se dissipe dès la prise de connaissance du sujet), la synchronicité ne donne pas lieu à de véritables travaux de recherches ou de mise en œuvre épistémologique.
Quel sentiment de gâchis que de voir une porte entrebâillée jamais ouverte, un horizon nouveau jamais parcouru...
- Si deux mondes se rejoignent dans la synchronicité, c'est qu'il existe un ordre supérieur liant les deux : l'Unus Mundus.
Nous entrons là dans une théorie délicate que je traiterai indépendamment dans un futur billet.
Retenons cette phrase :
"Comme psyché et matière sont contenues dans un seul et même monde, qu’elles sont en outre en contact continuel l’une avec l’autre …, il n’est pas seulement possible, mais, dans une certaine mesure vraisemblable, que matière et psyché soient deux aspects différents d’une seule et même chose. Les phénomènes de synchronicité indiquent, me semble-t-il, une telle direction, puisque, sans lien causal, le non-psychique peut se comporter comme le psychique, et vice versa" - Jung dans Les racines de la conscience
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| Unus Mundus |
Processus en jeu dans la synchronicité
Allons au plus simple et direct.
Considérons acquises les notions évoquées plus haut, l'inconscient collectif, objectif, transpersonnel, non soumis aux lois spatio-temporel, participe au déroulement du phénomène par l'intercession des archétypes.
C'est l'activation d'un archétype qui va déclencher l'évènement extérieur signifiant (Les attributs psychoïde et transgressive des archétypes en sont à l'origine, voir ici).
Considérons acquises les notions évoquées plus haut, l'inconscient collectif, objectif, transpersonnel, non soumis aux lois spatio-temporel, participe au déroulement du phénomène par l'intercession des archétypes.
C'est l'activation d'un archétype qui va déclencher l'évènement extérieur signifiant (Les attributs psychoïde et transgressive des archétypes en sont à l'origine, voir ici).
Bien entendu, la volonté n'a pas sa place car l'enjeu se situe dans les couches profondes de l'inconscient.
Lorsque l'énergie "abandonne" la conscience et rejoint l'inconscient, l'archétype est activé (voir ici).
Lorsque l'énergie "abandonne" la conscience et rejoint l'inconscient, l'archétype est activé (voir ici).
Sur un plan individuel, cette condition coïncide presque systématiquement à une période de trouble profond, bien explicable par l'idée d'un cycle d'introversion de la libido (voir ici).
C'est dans cette disposition psychique singulière que la synchronicité va alors ouvrir la porte à la transformation par le dégagement du sens.« Une synchronicité apparaît lorsque notre psychisme se focalise sur une image archétypale dans l'univers extérieur, lequel comme un miroir nous renvoie une sorte de reflet de nos soucis sous la forme d'un événement marqué de symboles afin que nous puissions les utiliser. Nous nous trouvons face à un 'hasard' signifiant et créateur. » Jung, Ma vie
Mise en garde
Le lecteur aura facilement compris pourquoi les procès en sorcellerie et l'anathème du corps scientifique bien pensant (heureusement de moins en moins majoritaire) accompagnent, de fait, la théorie de la synchronicité.
Aussi, l'avertissement de Von Franz apparaît particulièrement judicieux :
Aussi, l'avertissement de Von Franz apparaît particulièrement judicieux :
« Il existe des chaînes de causalité qui nous semblent n'avoir aucun sens (comme les machines de Tinguely), et il existe aussi des coïncidences aléatoires qui n'ont aucun sens. Il faut donc se garder - Jung y a insisté - de voir des coïncidences significatives là où il n'y en a pas réellement. » Von Franz, La synchronicité, l'âme et la science
L'apophénie (la recherche de sens en tout et n'importe quand) a un pouvoir de nuisance aussi épais que le scientisme borné, sur le plan collectif comme sur le plan individuel.
jeudi 29 décembre 2011
A dangerous method - Cronenberg
Il m'est apparu difficile de ne pas parler de ce film sur cet espace dédié à la psychologie analytique; en effet, même s'il est évident que ce long métrage ne survivra surement pas aux grosses productions sur le palmarès de l'année cinématographique, il faut souligner un certain courage à ce réalisateur d'oser aborder un thème si peu porteur qu'est la naissance de la psychanalyse et surtout, la relation Freud/Jung. J'ai appris après l'avoir visionné que ce film était tiré de la pièce de théâtre The Talking Cure de Christopher Hampton.
En cherchant une image pour illustrer ce billet, j'ai souri en lisant les critiques posées en tête de l'affiche (forcément dithyrambique). A gauche on peut lire, "un ménage à trois intellectuel"...c'est justement ce que n'a jamais présenté ce film...selon moi.
Il propose une vision assez proche de la réalité "connue", grâce aux correspondances diverses, de la relation complexe entre Sabina spielrein, juive russe envoyée à 19 ans chez Bleuler pour hystérie, et Jung, son médecin attitré qui nourrira une relation adultérine avec elle. (Spielrein est un personnage important dans l'histoire de la psychanalyse moderne et je vous suggère de découvrir son parcours atypique sur internet)
Je retiendrais quelques phrases fortes du film (à noter d'excellents dialogues dans l'ensemble) :
"Emma, notre amour réside dans un lien sacré qui est unique, quoi qu'il arrive" - "Je ne crois ni aux hasards ni aux accidents" - "Un médecin qui n'a pas souffert ne peut pas guérir" - "L'important n'est pas de dire aux patients ce qu'ils ne sont pas mais de les aider à devenir ce qu'ils devaient être" - "Il faut parfois faire des choses impardonnables pour avoir la force de continuer à vivre" Jung dans le film
"Docteur Jung, je ne peux vous livrer mon rêve, ce serait alors compromettre mon autorité" Freud dans le film
Contrairement à certains avis lus, le film est loin d'être intellectuel (quoi que de nos jours, il est vrai qu'un film avec plus de 15 mn de dialogues est catalogué comme tel), très compréhensible pour le commun des mortels. Quelques libertés ont été prises par Cronenberg, certaines que je trouve inutiles (les scènes masochistes notamment), d'autres très belles et touchantes (comme celle de Freud rompant officiellement la relation avec Jung, qui porte le petit cadre photo de son ancien dauphin contre son coeur avant de le ranger dans la boite avec ses correspondances).
Même si quelques efforts ont été consentis pour mentionner certaines idées majeures de l'oeuvre des protagonistes, je regrette certains clichés ponctuels dont le spectateur béotien ne mesurera jamais la hauteur de l'enjeu (les bruits de la bibliothèque lors de la discussion avec Freud autour de l'occultisme qui, dans le film, présente Jung comme un bienheureux mystique, l'évanouissement de Freud lors d'une des dernières discussions avec Jung autour de son autorité, etc).
Même si quelques efforts ont été consentis pour mentionner certaines idées majeures de l'oeuvre des protagonistes, je regrette certains clichés ponctuels dont le spectateur béotien ne mesurera jamais la hauteur de l'enjeu (les bruits de la bibliothèque lors de la discussion avec Freud autour de l'occultisme qui, dans le film, présente Jung comme un bienheureux mystique, l'évanouissement de Freud lors d'une des dernières discussions avec Jung autour de son autorité, etc).
Concernant le jeu d'acteur : Interprétation remarquable de Knightley (Spielrein), sombre et profonde de Mortensen (Freud), vibrante et poignante de Fassbender (Jung). On note aussi l'apparition remarquée de Cassel (Gross). Une photographie somptueuse, précise et une bande sonore de qualité...
Un film qui ne restera surement pas longtemps à l'affiche mais que je conseille à tous les lecteurs...sur la toile ou par DVD.
En complément :
mercredi 28 décembre 2011
Petit moment de grâce (4)
J'avais traité il y a quelques semaines de ce compositeur d'exception, Arvo Part (voir ici). Habituellement peu friand de "remasterisation" ou réinterprétation d'originaux, j'ai trouvé deux petits bijoux de Part qui ont été associés à des bruits naturels...quiétude et apaisement assurés. Bonne écoute !
dimanche 11 décembre 2011
Paroles du père Grégoire Krug
Ce fils d'industriel s'ouvrit très tôt à l'art, passionné par la peinture et la spiritualité orthodoxe, qu'il concilia finalement en embrassant le sacerdoce et en devenant un grand créateur d’icônes. Né au début du 20ème, il fut donc contemporain de Jung. Je suis tombé par le plus grand des hasards sur un extrait de ses écrits qui m'a tout de suit percuté...je vous laisse découvrir ses mots.
"Si l’homme se rencontre lui-même dans sa profondeur, du plus bas, du plus méchant, et, se trouvant face à face au Dragon qu’il est au fond de lui-même, s’il est capable d’embrasser ce Dragon, de s’unir à lui, c’est alors qu’éclate le divin et c’est la Résurrection"
dimanche 27 novembre 2011
La réalité de l'âme - Cazenave
Un ouvrage de plus de Michel Cazenave, le dernier édité à ce jour. Jung revisité, rien de moins ! Si ce n'était pas de cet auteur, j'aurais peut être même souri devant l'impudence d'un tel programme. Pourtant, à mes yeux, Cazenave est le plus grand chercheur jungien français. Et par chercheur, j'entends "celui qui est finalement au bout du bout des connaissances mais ne veut pas s'arrêter" pour reprendre Roland Cahen. Dans cet ouvrage, qui se veut avant tout une approche en profondeur de l'œuvre de Jung, on se plaît en effet à découvrir des facettes inexplorées, ou plutôt des lumières sont braquées vers les "coins discrets", en marge des grandes notions.
L'auteur
Qui s'intéresse à Jung ne peut ignorer le nom de Cazenave. Ce (bientôt) septuagénaire se définit lui-même comme philosophe, poète, essayiste...gaulliste de gauche. Un personnage coloré et assumé en somme.
Il a produit pendant plus de dix ans, l'excellente émission "Les vivants et les Dieux" sur France culture. Pour ce qui nous intéresse, disons simplement qu'il a présidé le Groupe d'études Jung de Paris, fondé le cercle de réflexion français autour de l'oeuvre de Jung et dirige la traduction de l'oeuvre intégrale de Jung chez Albin Michel.
Sommaire
Page 9 Introduction à Jung
Page 15 Jung, aujourd'hui, plus que jamais
I - Ce qu'emporte la notion d'âme
Page 21 Structure et dynamique de l'inconscient
Page 41 Manifestations de l'inconscient
Page 55 L'individuation existait-elle avant Jung ?
Page 97 Jung et le tiers inclus
II - Questions connexes
Page 103 Jung et la modernité
Page 109 L'Eros ou le désir de l'Un
Page 115 L'imagination, puissance de l'âme
Page 123 Temps de l'homme, temps de l'âme
Page 129 Jung et le cinéma
III Introduction à Jung
Page 135 et jusqu'à la fin : diverses préfaces de Cazenave sur les traductions des oeuvres.
Avis personnel
Ce livre n'est pas adapté pour qui veut débuter ou découvrir l'œuvre de Jung...sauf solide formation littéraire ou philosophique. Mais quel régal pour celui qui est déjà rentré dans l'univers de la psychologie des profondeurs ! car il s'agit bien de revisiter, d'adopter l’exercice délicat de sortir des sentiers mille fois battus, des lieux communs et idées prémâchées. A la lumière de la grande culture de l'auteur (manifestement platonicien de cœur) et de son ouverture d'esprit (parfaite connaissance de Freud et Lacan), on découvre et découvre encore de nouvelles implications et intuitions à la psychologie des profondeurs.
Comme à son habitude, la plume est précise mais la profondeur du raisonnement assez complexe...lecture attentive requise.
Le tome 2 paraîtra sous peu et je serai sans nul doute parmi ses lecteurs.
Quelques extraits
"Non qu'il refuse toute l'importance de la sexualité, comme on l'a trop souvent prétendu : mais il considère que l'humain est conduit par deux daïmons (au sens grec de ce terme : c'est-à-dire des puissances intermédiaires aux pouvoirs du sacré) - deux daïmons au départ antithétiques, mais qu'il s'agit de réconcilier et de conjoindre dans une conjonction des opposés : la sexualité et la spiritualité, dont on ne peut, pour aucune, oublier toute l'importance qu'elle a pour nous sans nous blesser profondément."
"Si l'on entend en effet la sexualité sous le chef de la pulsion, et dans la catégorie de la libido de définition freudienne, il est vrai qu'elle manque singulièrement dans presque tout le travail de Jung : il sait bien sûr ce que c'est mais, d'une certaine façon, on peut dire que cela ne l'intéresse pas réellement.
Qu'est-ce qu'on signifie par ces mots ?
Sinon que, de la même manière que Jung se détache des topiques et de la dynamique freudiennes - non pas tant parce qu'il propose une autre interprétation de la même réalité inconsciente, mais parce qu'il s'intéresse en fait à une autre réalité — il conçoit au principe les figures sexuelles comme relevant « par essence » d'un processus religieux où se fonde la psyché, et réintègre par là même toute sexualité telle qu'elle est, à un espace érotique qui est d'abord celui de l'âme."
samedi 5 novembre 2011
Petit moment de grâce (3)
Laissez vous aller 8 minutes...
Dead can dance "Sacrifice"
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