dimanche 17 mars 2013

Delphes - Un enseignement antique

Temple d'Apollon
J'ai toujours considéré avec beaucoup de respect et d'intérêt la sagesse antique, les mythes et, bien entendu, la philosophie socratique. C'est donc naturellement que j'ai envie de vous faire partager de petites pensées, non sans lien avec le thème central de mon blog, l'âme humaine.
L'oracle de Delphes est relativement connu, notamment pour son précepte clef, l'incontournable "connais toi toi-même"...saviez vous en fait que le fronton du temple d'Apollon comportait de nombreux autres préceptes, qui demeurent encore partiellement traduits de nos jours, je vous en livre quelques uns.
  
« Connais-toi toi-même »

C'est dans le dialogue de Socrate avec Alcibiade (en particulier le premier dialogue où Platon expose, en profondeur, le principe de la connaissance de soi) que l'on trouve évoqué ce thème. Bien entendu, pour se voir, se découvrir, se connaître, il faut un œil. Mais il faut aussi quelque chose qui nous renvoie l'image car l’œil ne peut pas se contempler tout seul. Ainsi, un autre œil est nécessaire et, si la quête de la vérité est la notre, il faut saisir le miroir d'un œil qui la détient, celui du domaine divin (chez les grecs, Dieu est une valeur ultime, le beau, le vrai, qui n'a que peu de rapport avec le Dieu monothéiste défini par la théologie).
Abandonnons provisoirement Platon pour saisir l'analogie de ce dialogue discursif avec la pensée de Jung :
  • l’œil qui saisit l'intériorité est l'âme,
  • l'âme de l'autre me permet de contempler une image, partielle et floue mais dont les contours se dessinent, de la mienne (par le jeu des projections),
  • enfin, la part intangible et éternelle qui nous constitue (le monde des archétypes, le Dieu des grecs), devient la matrice "nourricière" de notre être qui, enfin, se "re-connaît".

« Rien de trop » et « Au dieu l'honneur » 

Némésis
Je vois dans cette injonction la mise en garde pour celui qui, sur le chemin de la connaissance, de la sagesse pour les grecs ou, pour nous, en plongée dans l'inconscient, s'approprie la part d'âme qui n'est pas sa propriété (qui dépasse son inconscient personnel). 
Les grecs avaient un terme précis pour désigner cette faute, qui était d'ailleurs une des plus graves dans leur civilisation, c'est l'hybris, la démesure de l'homme qui se prend pour un géant, un Dieu, la faute "prométhéenne". 
Mais la mythologie grecque étant d'une richesse infinie, la contre mesure de cet "enflement" égotique était la terrible némésis, cette déesse pouvait en effet appliquer la vengeance sur le coupable en le condamnant à une réduction drastique de son être, à ses limites humaines les plus restrictives...

  • l'âme, à la rencontre des dieux (les archétypes), peut s'identifier à eux et perdent les frontières qui le constituent
  • dans cet état particulier, la terrible Némésis (l'inflation) condamne l'être à sa portion congrue, empêche la conscience de s'enrichir, rompt avec la nature de l'homme...
Cette philosophie, qui parfois nous semble lointaine, est intemporelle et s'attache à des enjeux du quotidien, dans notre rapport à l'homme, la nature, et ce qui les dépasse.
Il est aisé de comprendre pourquoi la pensée platonicienne et néo-platonicienne a tant inspiré Jung.

vendredi 1 mars 2013

Jung, Guérisseur, blessé de l'âme - Dunne




Une énième biographie me direz vous...pas tout à fait. 
Si j'ai eu envie de vous présenter cet ouvrage, c'est qu'il recèle des petits bijoux qui donnent un éclairage assez nouveau sur notre truculent psychologue.






L'auteur : Clare Dunne

Voici un personnage inhabituel dans cette section sur les livres. Pas de diplôme de médecine, pas de titre en psychologie, pas de cabinet...cette ancienne actrice, passionné du monde de la radio et de philosophie, a découvert Jung comme la plupart d'entre nous, au détour de lectures qui l'ont profondément marquées. Reconnaissant dans la pensée de Jung la mise en mot de ce qui l'animait depuis des années, elle décida donc de donner des conférences et séminaires avant de finalement écrire cet ouvrage particulier.

Présentation de l'ouvrage
 
Je ne vais pas réinventer la roue, un site ami a réalisé un travail remarquable de présentation, tant sur la forme que sur le fond, et je me fais une joie de vous indiquer le chemin pour découvrir le contenu de l'ouvrage et, surtout, des illustrations...car il faut bien le reconnaître, ces photos, images, reproductions qui parsèment le livre sont autant d'invitations au voyage de pensée et de supports de projections imaginaires, un véritable régal pour les sens et l'esprit.

Avis personnel
 
J'ai déjà beaucoup dit, évidemment en bien, car j'avoue avoir pris un rare plaisir à parcourir ces pages, avec facilité, comme un visiteur qui entre dans la maison et en fait le tour avant de sortir...ce qui marque dans cette biographie est l'accent mis essentiellement sur l'homme et non sur l’œuvre
On ne trouvera pas de vulgarisation sur l'archétype ou l'individuation, mais de multiple anecdotes de vie, des témoins de passage ou des amis de longue date qui ont marqué la vie de Jung ou ont été marqués par son esprit...c'est vivant à souhait !

Quelques extraits
"...C'est vrai, une force de la nature s'exprime en moi - je ne suis qu'un conduit... J'imagine que, dans bien des cas, je pourrais vous paraître sinistre. Si, par exemple, la vie vous a mené à adopter une attitude artificielle, vous n'allez pas pouvoir me supporter car je suis un être naturel. Ma présence même cristallise; je suis un ferment. Je suis perçu comme un danger par l'inconscient des gens qui vivent d'une manière artificielle. Tout en moi les irrite, ma façon de parler, ma façon de rire... Ils sentent la nature..."
"...L'atmosphère était, dirais-je, intellectuellement vibrante et à la page; les conférences offraient toujours des sujets d'actualité nouveaux. Mais c'étaient les exposés de C. G. Jung, alors encore un inconnu pour moi, qui me touchèrent d'une façon tout à fait particulière. Ils contrastaient tellement avec le rationalisme intellectuel des autres -du moins, c'était mon impression. Mais mon jeune sens de la réalité se mit en alerte en même temps que ma fascination admirative: «Ça, c'est un "super-cerveau", mais est-ce bien vrai ?» Quand, plus tard au cours de la session, je vis Jung, son chapeau planté en arrière sur la nuque, avancer à grandes enjambées et laisser ce milieu social convivial « branché », je me dis : « Si cet homme dit ce genre de choses, c'est que cela doit être en ordre. L'enracinement en terre que je sentais émaner de Jung était pour moi la garantie de la crédibilité de sa psychologie. »...
"...À ma grande surprise, Jung m'accompagna... dans la rue où ma voiture était garée. Il marchait à mes côtés en silence, la pipe à la bouche, perdu à l'évidence dans ses pensées, et je ne disais rien non plus. Il se tourna soudain vers moi et me demanda: «Pourquoi ne me comprennent-ils pas ? » II avait un ton dans sa voix que je ne lui connaissais pas, à la fois plaintif, interrogateur et blessé. Je savais instinctivement à quoi cet «ils» se rapportait. «Ils», c'était le monde extérieur, le monde de la science, de la psychologie et de la psychiatrie officielles, celui des religions établies, des préjugés, qui persistaient à ne pas comprendre et à déformer ses découvertes et sa pénétration du monde intérieur, le monde de l'âme. Dans sa question je sentais la solitude de l'explorateur, du chercheur qui ose regarder au-delà de ce qui est accepté et connu, de celui qui ne peut faire autrement. 
Je lui répondis : « Dr Jung, vous savez aussi bien que n'importe qui au monde pourquoi "ils" ne vous comprennent pas. Ne serait-ce pas simplement du fait que vous êtes en avance de cinquante à cent ans sur notre temps ? » II me regarda un court instant, hocha lentement la tête en silence et me tendit la main pour une dernière poignée de main..."
"Emma Jung mourut cinq jours plus tard, le 27 novembre 1955.

Mon cher Neumann, 
Soyez très sincèrement remercié pour votre lettre si cordiale!... Je ne peux hélas qu'aligner devant vous des mots arides, car la secousse que j'ai vécue est tellement forte que je ne parviens ni à me concentrer ni à retrouver ma faculté d'expression. J'aurais aimé vous raconter en toute amitié, à cœur ouvert, comment j'ai eu, deux jours avant la mort de ma femme, ce que l'on peut bien appeler une grande illumination; en un éclair, elle a fait la lumière sur un mystère aux racines séculaires qui était incarné dans ma femme et avait exercé sur ma vie une influence immense et d'une insondable profondeur. Je ne peux avoir à ce sujet qu'une seule idée: cette illumination émanait de ma femme, qui était alors la plupart du temps sans conscience, et la clarté immense et libératrice de mon intuition a exercé sur elle un effet en retour qui a contribué à lui donner une mort royale et sans souffrance. 
Cette fin rapide et sans souffrance - cinq jours seulement entre le diagnostic définitif et la mort - et cette expérience m'ont été une grande consolation. Mais le silence qui s'est fait autour de moi, ce silence que j'entends, le vide de l'espace et le sentiment d'un immense éloignement, tout cela est dur à supporter..."



jeudi 31 janvier 2013

Libido (2) - La dynamique progression / régression

Après une approche de la libido chez Jung (voir ici), il paraît utile d'aborder sa dynamique au sein de la psyché et les enjeux qui en découlent.
Jung, à l'instar de l'étude des archétypes, s'est bien moins intéressé à la nature même de la libido (concept limite dont on ne peut rien dire avec certitude) qu'à ses effets et contributions dans les processus de transformation psychique de l'homme.
"La systole consciente et puissante qui contracte et engendre l'individuel et la diastole qui élargit avec nostalgie et qui veut embrasser le toutMétamorphoses de l'âme et ses symboles
Petit avant-propos qui me semble indispensable : les termes de progression et de régression désignent deux mouvements contraires qui contribuent, chacun dans leur rôle distinct, à la construction de l'individu. Ce serait donc une erreur d'y lire, comme on peut y être tenté, un acte positif dans la progression et négatif dans la régression...la nature agit hors la morale humaine !

La progression de la libido

On l'assimile souvent à la notion d'adaptation. Ce besoin d'adaptation est constant dans la vie. Par adaptation, il faut entendre la disposition de la psyché à conquérir un nouveau point d'équilibre.
C'est le processus qui, lorsque l'individu est amené à évoluer sous la pression externe ou interne, va permettre d'atteindre l'attitude juste ; dans le registre de la psyché, l'adaptation marquera l'équilibre entre exigence extérieure et intérieure
En d'autres termes, il y a progression lorsque l'individu parvient à s'adapter à de nouvelles sollicitations en "respectant" son harmonie intérieure (en l’occurrence, l'équilibre de la boussole psychologique des fonctions, voir ici) .


La progression, selon Jung, nécessite une fonction consciente dirigée.
Lors d'une nouvelle exigence extérieure, il faut un arbitre pour faire le tri sur ce qui est acceptable ou non en vue de l'établissement d'une attitude : le paramètre déterminant est la fonction dominante interpellée...Ce qui est "banni" tombe dans l'inconscient et entraîne avec lui une partie de la charge psychique (libido) qui va s'accumuler. (Ne jamais oublier la loi de conservation de la quantité qui entraîne ce jeu de vase communicant)
Bientôt la source de libido de la progression tarit !

Par exemple, la situation se présente quand un homme dirigé par son intellect et bon sens (fonction pensée) ne peut plus résoudre la situation par logique et doit puiser dans sa dimension affective contenue et occultée jusque-là.

La régression de la libido

Devant l'impasse de la fonction dominante et l'accumulation des éléments rejetés (base du refoulement), la marche de la libido devient rétrograde.
L'énergie accumulée au fond de la psyché (l'inconscient) va donner vie, 
ranimer des "produits" qui stagnaient alors car occultés par la conscience.
La marche engagée est processus difficile et douloureux. Il s'agit bien de sédiments refoulés qui remontent à la surface, ce que l'individu a écarté pour vivre selon les lois qu'il avait établi.
Ce que lui demande la régression est, ni plus ni moins, d'aller au-delà des frontières de ses interdits intérieurs !
Le conflit qui naît alors est souvent violent et on le comprend aisément. 
L'énergie (=libido) disponible à ce moment à l'inconscient donne une  telle vigueur aux produits de l'inconscient que la conscience n'a aucun moyen de les contrer durablement. L'individu est alors "écartelé". La durée de la lutte et les choix fait détermineront l'issue.
Si l'ego lutte avec acharnement, l'homme se ferme à ses arrivées archaïques, ses fantasmes, ses images incongrues, ses peurs infantiles et la dissociation pointe son nez, avec son lot de névroses voire pire...mais si ce dernier capitule, accepte le dialogue proposé, alors les noirceurs effrayantes deviennent autant de germe de vie, de possibilité de nouvelles dispositions intérieures, et de capacité d'adaptation complémentaire qui vont s'ajouter à celles déjà acquises...l'individu devient plus complet à lui-même !

En résumé, la progression augmente la capacité de discrimination mais consomme l'énergie psychique et la régression fait gagner en nouvelles forces vives et perdre en différenciation (la distinction de ce qui est conscient et ne l'est pas).

Pour paraphraser Jung, il faut donc se préparer à "descendre plusieurs fois aux enfers" .

jeudi 24 janvier 2013

Petit moment de grâce (6)

En attendant le reprise de travaux "sérieux" (j'ai beaucoup de projets en gestation), j'espère que vous prendrez autant que plaisir que moi à découvrir ces paysages dignes d'Eden, accompagnés par des musiques propices à l'enchantement....
Je suggère le "plein écran" pour ceux qui ont un ordinateur leur permettant.







Petit moment de grâce (1)





Petit moment de grâce (5)

dimanche 13 janvier 2013

Ivan Rebroff . La barbe et le coeur


Qui, parmi ceux nés avant les années 80, a pu oublier ce personnage truculent, à la barbe épaisse et drue et à la voix profonde et caverneuse ?
Lorsque l'on mentionne le nom de Rebroff, on pense tout de suite aux chansons classiques russes et pourtant, germanique d'origine, ce soprano a débuté une sérieuse carrière de soliste de choeur puis d'opéra avant de se lancer dans un registre plus populaire. 
Ce géant (1m95), profondément attaché à la foi chrétienne (il réalisera un nombre impressionnant de concerts dans les églises), était reconnu par son entourage pour son extrême sensibilité à l'art et la beauté de la nature...
Je ne me lasse pas de son interprétation facétieuse et du timbre inégalable de sa voix (enregistré sur le livre Guiness des records pour pouvoir parcourir 4 octaves 1/2, par comparaison un piano d'étude en possède 5) qui réveille chez moi des sentiments toujours intenses. Il chantera par réelle passion jusqu'à la veille de son départ, en 2007.
J'aime cette question qu'il pose à la fin du petit (et de qualité médiocre) reportage qui lui est consacré : "Peut être est ce un talent d'être heureux...de l'intérieur ?"  l'était il ? sans nul doute à l'écouter.

Le reportage en quatre volets



Quelques interprétations connues







vendredi 21 décembre 2012

Suiseki (3) - Le dragon rouge en Alchimie


Qui connait le dragon ? 
Redoutable, redouté et pourtant allié incontournable de toute transformation....
Enfermant les attributs archaïques, sa force élémentaire antérieure à la matière, précède même la séparation du bien et du mal.


Adulé en Asie, symbole de fertilité et d'esprit créatif, il apparaît également en occident, porteur de connaissances ésotériques et témoin de LA tradition, il contenait à l'époque des Grecs et Romains les germes du savoir par l'initiation.


En Alchimie, le dragon rouge symbolise la voie par le cinabre, qui peut être sèche (l'illumination précède l'initiation) ou humide (l'initiation précède l'illumination).


Le dragon rouge, ou cinabre, enferme à la fois le principe actif masculin (soufre) et le principe passif féminin (mercure métallique)...notons aussi que c'est également un sel (le liant), ainsi le cinabre peut se définir à la fois comme le début (élément chimique) et la fin (l'union des trois principes alchimiques).


Mais avant tout, le dragon rouge est une invitation à la plongée dans l'obscurité qui masque la lumière, c'est pour cette raison qu'il paraît si effrayant...


Toutes  les pierres de cette section proviennent de ma collection personnelle et sont entièrement naturelles, façonnées par la nature.


Suiseki (2) La pierre fontaine

samedi 15 décembre 2012

Hors série Le Point - Le mystère Carl Jung


Il n'est pas rare de découvrir, au détour d'un magazine, une apparition du vieux zurichois pour mentionner un de ses concepts clef ou pour agrémenter une thématique...mais voici que le hors série n°13 (décembre/janvier) du point lui propose un numéro entier !!! Je crois que c'est une première en France pour un hebdomadaire "grand tirage" et c'est avec une petite appréhension que je m’empressais de l'acheter dès sa sortie. Allait on retomber dans les lieux communs ou mettre l'accent sur des aspects "exotiques" de son oeuvre, au détriment du message essentiel et du contenu ?

Sommaire
Jung le chamane

Du disciple au maître                                                  
"Carl Pasteur" l'enfant de l'ombre, Les "portes d'or" de l'université, Quand la psychiatrie découvrait la parole  , A la clinique de Burghölzli, Freud/Jung, une histoire d'amour, Ménage à trois, Sabina Spielrein, la passion rejetée, La quête de la liberté, Les journées Eranos, Des écrivains à Bollingen, Nazisme : le soupçon, Le vieil alchimiste, L'accouchement au forceps de "la vitta".

Who's who   
Cary et Peter Baynes, Otto Gross, Aniéla Jaffé, Wolfgang, Pauli, etc

L'élaboration d'un oeuvre
Comment est née la psychologie analytique ?, Aux sources de la pensée jungienne, L'ombre de Merlin, Parlez vous jungien ?, Le poids de l'archétype, L'autre inconscient, "Le transfert relève de l'alchimie", Comment être soi, Le Livre Rouge.

La postérité
De la difficulté d'être jungien, Les héritiers du New-Age, Individuation et franc-maçonnerie;

Impression générale
L'ensemble est d'excellente teneur, la structure rend la lecture vivante et très facile (sa vie, son oeuvre, ses relations, son influence). Les nombreuses illustrations apportent un attrait complémentaire et les intervenants sont issus d'horizons variés (parmi le panel de "jungiens" évidemment mais également un "freudien", un sociologue, artiste, etc).
Les soupçons autour du nazisme sont enfin abordés sans concession et avec objectivité, même s'il manque une partie des éléments (voir ce billet pour plus de détails).
D'après ma lecture, voici une matière intéressante pour découvrir l'homme, son influence, et pour comprendre la genèse de son oeuvre...bref, une grande avancée dans un pays où la pensée rationaliste a quelque peu étouffé le développement de la psychologie analytique.

Quelques extraits
Comme Jung l'a souvent écrit : sa psychologie n'est rien d'autre qu'un modèle qui permet de pen­ser et de mettre en ordre un cer­tain nombre de phénomènes psy­chiques. Elle n'a certes pas la prétention d'établir ce que sont en soi les forces qui, si nous n'y prenons pas garde, nous gouvernent malgré nous :... L'inconscient est donc hors de no­tre portée et nous ne pouvons prendre en compte que ce que nous considérons comme ses ma­nifestations en nous … Ce que nous dénommons inconscient est une notion bâtie par induction, qui désigne les « forces » qui s'emparent de nous, ce qui nous dépasse de partout, ce sur quoi nous ne pourrons jamais réellement nous expliquer.
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Quels sont les centres jungiens les plus importants dans le monde?

L'Europe et les États-Unis, d'abord, où se dessinent quatre zones d'influence im­portantes : à Zurich, où l'on défend un héritage assez clas­sique ; à Londres, où l'on pro­meut une approche développe-mentale qui met l'accent sur le travail de transfert ; aux États-Unis, où les neuropsychologues s'intéressent particulièrement au rôle central de l'image et de l'imagination pour en voir l'ap­plication dans le fonctionne­ment cérébral ; en Allemagne, où certains analystes dévelop­pent l'aspect métaphysique* de la pensée de |ung. Mais la géographie des jungiens bouge. De nouveaux pôles émergent en Amérique latine et en Asie. Dans certains pays où le contex­te politique est parfois très dur et où l'accès à la liberté indivi­duelle n'est pas garantie, onse passionne pour Jung, dont les idées valorisent justement la singularité de chaque indi­vidu.
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Je vis Jung pour la première fois le 14 janvier 1929 et malgré ma certitude de n'avoir jamais rencontré Jung, ou même vu une photographie de lui auparavant, j'éprouvai pourtant te plus intense sentiment du déjà vu jamais vécu. En même temps, je savais que c'était la personne la plus complète qu'il m'eût été donné de connaître. Quand je peignais, j'avais toujours été attiré par cette qualité que l'on retrouve intacte, dans les animaux ou chez la plupart des enfants. Dans te monde des adultes, je ne l'avais perçu que chez les primitifs épargnés par la civilisation ou chez les vieux paysans européens qui ont vécu toute leur vie en contact étroit avec la terre. J'avais depuis longtemps abandonné tout espoir de le retrouver chez les gens cultivés {...) Tout ébranlée par ces fortes impressions, je me baissai pour caresser le chien jusqu'à ce que je sois rappelée à la réalité par Jung qui me demandait sèchement : "Êtes-vous venue de Paris pour voir mon chien ou moi?" B. Hannah

mercredi 14 novembre 2012

Mandala de Jung - Systema Mundi Totius

Système du monde entier
 «C’est le premier mandala que j’ai réalisé, en 1916,complètement inconscient de ce qu’il signifiait.»

Ce mandala, précurseur de la série qui allait illustrer le cheminement intérieur de Carl Jung, a été conçu lors de l'inspiration qui a abouti au fameux Sept sermons aux morts, écrits dont il y aurait tellement à dire, tant sur son profond décalage avec le reste de son œuvre que sur les révélations personnelles exprimées qui ont guidées le psychologue toute sa vie durant.
 
La première publication de cette figure, anonyme à cette occasion, date de 1955 (Jung avait alors tout juste 80 ans). 
Le commentaire de la figure était fourni par l'auteur lui-même.

Nous avons ajouté en astérisque quelques annotations complémentaires.

«Il représente le paradoxe que constitue un microcosme à l’intérieur d’un macrocosme, et ce qui les oppose. Tout en haut, on peut voir la figure du jeune garçon dans l’œuf ailé; appelé Erikèpaios ou Phanès, en tant que créature spirituelle, il rappelle des dieux orphiques*. Sa sombre figure antithétique dans les profondeurs des Enfers est ici désignée comme Abraxas. 
Représentant le «dominus mundi», maître du monde physique, c’est un créateur de nature ambivalente. De son corps jaillit l’arbre de vie portant l’inscription «vita» (la vie) auquel fait pendant, dans la partie supérieure, un arbre lumineux ayant la forme d’un candélabre à sept branches et désigné par les mots «ignis» (le feu) et «Eros» (l’amour). 
Sa lumière est dirigée vers le monde spirituel de l’Enfant divin. 

L’art et la science appartiennent également à ce royaume spirituel, l’art étant représenté sous la forme d’un serpent ailé et la science sous celle d’une souris, elle aussi ailée (symbole d’une activité qui creuse des trous!). – Le candélabre est basé sur le principe du trois**, chiffre sacré (deux fois trois flammes et une grande flamme au centre), tandis que le monde inférieur d’Abraxas est caractérisé par le chiffre symbolisant l’Homme naturel, le cinq*** (son étoile comptant deux fois cinq branches). 

Les animaux accompagnant le monde naturel sont un monstre diabolique et une larve. Cette dernière symbolise la mort et la renaissance. 

Le mandala est également divisé à l’horizontale. Sur la gauche, d’une sphère interne symbolisant le corps ou le sang, surgit un serpent qui s’enroule autour du phallus, en tant que principe générateur****. 
Le serpent, sombre et lumineux, fait allusion au royaume ténébreux de la Terre, de la Lune, et du Vide (et est, par conséquent, appelé Satan). 

Le resplendissant royaume de la plénitude se trouve sur la droite, là où la colombe du Saint-Esprit s’envole du cercle lumineux «frigus sive amor dei» [froid, ou l’amour de Dieu] tandis que la sagesse (Sophia) se déverse sur la gauche et sur la droite d’un double calice – Cette sphère féminine est celle du Ciel. – La sphère la plus grande, caractérisée par des lignes en zigzag ou rayons, représente un soleil intérieur; dans cette sphère, le macrocosme est encore une fois reproduit – le haut et le bas étant toutefois inversés, 
comme dans un miroir. 

Ce macrocosme se répète à l’infini, son image devenant toujours plus petite, jusqu’à ce que le centre le plus intime – le microcosme proprement dit – soit atteint.»

*L'orphisme est un mouvement religieux de la Grèce antique, aux courant multiples et complexes, dont la croyance fondatrice est la double origine de l'homme (divine et des Titans, créatures puissantes, "telluriques")
**Le trois est associé au principe, l'unité sortant d'une dynamique (les opposés 2 et le troisième terme 1)
***Voir l'homme de Vitruve de De Vinci

dimanche 4 novembre 2012

La libido selon Jung (1)

 

"On peut dire que dans le domaine psychologique le concept de libido a la même signification que celui d'énergie dans le domaine de la physique depuis Robert Mayer*".


 
Cette phrase, extraite de Les métamorphoses de l'âme et ses symboles (page 237), contient, selon nous, le ferment qui inspirera l’œuvre de Jung ; cette ouverture vers "les autres sciences" marquera aussi un point de rupture avec Freud qui tentait alors d'enraciner les fondations de la psychanalyse naissante (au risque, peut-être, de l'enfermer dans des dogmes peu compatibles avec la nature psychique).
Pour le zurichois, la sexualité n'est qu'une des formes que revêt l'énergie vitale psychique, qu'il associe à la libido. Il est bon de noter que Freud lui-même, dans ses essais plus tardifs sur la théorie sexuelle, reconnaîtra que la libido peut être contenue dans des forces instinctives (pulsions) autres que sexuelles.
Essayons de poser quelques éléments de définition et d'encadrement de la notion de libido chez Jung.

Unité d'intensité psychique
 
La libido représente l'intensité du processus psychique, sa valeur psychologique en quelque sorte. 
Toutefois il ne s'agit pas d'une valeur attribuée, d'ordre moral, esthétique ou intellectuel ; la valeur psychique correspond à la force déterminante du processus, qui se manifeste par des états définis ou "rendements psychiques".

Psychodynamisme indifférencié
 
Ce terme abscons définit la vie de l'âme selon Jung.
Comme la précédente définition de la libido l'évoque, Jung postule l'existence d'une énergie vitale psychique en mouvement ET, selon le premier principe de la thermodynamique de Mayer, en conservation de quantité.
Pour faire simple, la libido obéit à un flux constant et naturel, à l'instar de la circulation sanguine dans le corps,  définissant finalement "l'activité" d'une strate ou l'autre
de la psyché
La libido circule à la fois dans l'inconscient et la conscience mais, répondant au principe de conservation, ce qui est apporté à l'un est toujours déduit de l'autre...

La libido n'est pas seulement celle qui crée, forme et engendre ; c'est également une poussée vers un but que l'on pourrait résumer simplement par l'accroissement de la conscience humaine.
Le cours de la libido n'est pas linéaire; Jung a décelé que la dynamique psychoénergétique est "oscillatoire".

Les cycles régression/progression
"Si la libido reste fixée au royaume merveilleux du monde intérieur, alors l'homme est devenu une ombre pour le monde d'en haut, il est comme mort ou gravement malade. Mais si la libido réussit à se libérer et à remonter vers le monde d'en haut, alors se produit un miracle: le voyage aux enfers a été pour elle une fontaine de jouvence et de la mort apparente surgit une nouvelle fécondité".        Métamorphose... p487
Voici qui exprime clairement cette notion de cycle...
Prenons le cas d'école d'un individu à l'évolution psychique optimal. 
La libido s'investit dans la conscience qui va alors se distinguait des contenus de l'inconscient, et se faisant s’accroître en intégrant ce qui "n'était pas", c'est la phase de progression
Mais le processus "épuise" cette énergie et des symptômes de désunion de l'individu apparaissent.
En fait, la libido a changé d'orientation et plongé dans l'inconscient, donnant alors vie à ce qui "était dans l'ombre" (images, souvenirs, sentiments, sensations, etc.). L'émergence de ces "matériaux inconnus" exerce une influence grandissante sur la conscience, bien souvent en dépit de la résistance désespérée de l'intelligence claire. C'est la phase de régression, la fameuse descente en enfer mentionnée par Jung.

Pour résumer, le mouvement régressif puise dans l'énergie indifférenciée et fait gagner en force vive, diminuant la différenciation alors que le mouvement progressif augmente la capacité discriminative tout en faisant perdre de la force, de l'intensité au mouvement opérant.  
La conjonction du mouvement permet donc une différenciation grâce à la force extraite de l'indifférenciation.


La force du symbole

La naissance du symbole stoppe la régression de la libido dans l'inconscient.
La régression devient progression, le refoulement, flux. 
Ainsi est brisée la puissance attractive de la profondeur première.
Le salut se situe donc dans le symbole (voir à ce sujet ce billet) qui peut comprendre et unir en soi conscient et inconscient.
 
*Robert MAYER (1814-1878), médecin et physicien allemand, connut notamment pour sa formulation du premier principe de la thermodynamique.

Suite, voir Libido cycle progression/régression 

jeudi 1 novembre 2012

L'énergétique psychique - Format poche



Ma présence sur "la toile" est rare depuis quelque temps et les billets approfondis absents...la vie est ainsi faite de certains cycles, que l'on sait déceler ou pas, mais qu'il faut toujours essayer d'accepter avec sérénité. 
En attendant que "la roue tourne", je vous propose une information concernant la sortie, relativement récente, d'un ouvrage de Jung, au format poche. Il s'agit en fait d'une compilation de plusieurs essais courts datant de périodes diverses. 
Le titre "L'énergétique psychique" est un peu trompeur car seule la première partie de l'ouvrage traite réellement de la thématique de la libido selon Jung, les autres chapitres sont, en quelque sorte, des études sur  les flux de libido et son expression visible chez l'homme...on notera l'approche résolument orientée vers l'occultisme (la croyance aux esprits, les phénomènes paranormaux, etc).

J' ai choisi cette courte présentation car je dois prendre le temps de réaliser un petit écrit sur le thème de la libido pour une amie très chère, cybervoisine pour tout dire...me voici donc sur les rails.

samedi 29 septembre 2012

Dead can dance (2) - Concert au Grand Rex

Voici le retour de la musique avec un groupe qui m'est cher et qui suit le sentier de mes introspections depuis un peu plus de 30 ans, Dead can dance (voir la présentation ici )...j'ai eu la chance d'assister à leur troisième concert français, donné au Grand Rex jeudi dernier. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que deux jours plus tard, leur concert était visible sur les plateformes de videos et ce, de plusieurs sources différentes...et bien, profitons alors de ces petits moments de partage sélectionnés par mes soins.







Cette dernière de piètre qualité mais qui m'a touché car faisant référence au décès d'un proche du chanteur...



lundi 17 septembre 2012

Livre rouge - Le texte en format poche !



Nous découvrons cette édition (Les Arènes) qui doit probablement exister depuis quelque temps...il s'agit du format poche de l'énorme opus jungien, qui contient le texte de la version complète. 
La consultation de ce "petit" ouvrage (650 pages tout de même) ne contenant que le texte, ne pourra pas procurer l'effet de saisissement inévitable face aux dessins fascinants, ces couleurs éclatantes, le grain particulier de la feuille et le format hors norme, de l'original...mais pour qui veut plonger dans l'intimité la plus extrême (et brutale) du père de la psychologie des profondeurs, c'est une aubaine à moins de 30 euros (au lieu de 200 pour l'original).
Accessible dans toute bonne libraire, virtuelle ou non, l'information est transmise.

Février 2013 : A cette heure, la majorité des exemplaires de la première édition est épuisée...et les spéculations font envoler les prix, gageons qu'une deuxième édition va arriver rapidement.


Le Livre Rouge

samedi 8 septembre 2012

Livre rouge - Le contenu



Septembre, mois de toutes les reprises, voici donc la période propice pour mobiliser les énergies...
Afin d'assurer la transition vers de nouvelles lignes en cours de préparation, nous vous proposons un petit travail exposé sur le blog de notre amie Ariaga ( Laboratoire du Rêve et de l'Alchimie ). 
 
Exercice périlleux, nous tentons d'introduire et synthétiser le contenu de l’œuvre d'une vie intérieure, espérant apporter quelques pistes "aux chercheurs de psyché".


Photo Ariaga, p. 119 du Livre Rouge de C.G.JUNG
Chère Ariaga,

Ayant succinctement parcouru les écrits de l’ouvrage, tu m’avais demandé, durant ta récente convalescence, mon ressenti. Je suis bien loin d’avoir tout appréhendé et je ne pense pas en avoir jamais l’ambition.

Je dois t’avouer qu’un constat s'impose : ce livre peut être abordé de deux façons, radicalement différentes
Comme nous l’avons fait tous les deux au début, se contenter de l’ouvrir, admirer, laisser venir et parler les forces symboliques des dessins, de la texture du papier, des lettres gothiques ... et se les attribuer. Ou alors, se plonger dans l’écrit, activer la fonction pensée et tenter de comprendre la plongée dans l’âme de Jung … qui devient alors seul maître à bord.
Use, amie Ariaga, le plus longuement possible de l’esprit de découverte avant de passer à un approfondissement car j’ai peur que la marche arrière ne soit pas possible.

 

 

 Liber primus

Ce qui m’a frappé de prime abord, c’est le fantôme apparent d’une première version. En effet, Jung avait entamé le travail de mise en forme de ses cahiers noirs sur un premier ouvrage dont les dimensions ne convenaient pas…et, soigneusement, il a découpé puis collé chaque page sur la mouture finale, comme un symbole de ces éternels retours en arrière sur le chemin de l’individuation, de ce jeu de composition qui, parfois, s'impose pour que les fragments retrouvent une unité.

Je n’ai pas pu m’empêcher de " voir " Carl, regard concentré, langue sortie, appliqué à faire ses collages (je sais, j’adore les clichés).
La vision prophétique de « la marée terrifiante », augurant l’arrivée future de la première guerre mondiale m’a particulièrement touchée. J’avais alors le sentiment de découvrir l’âme élevée de Jung, sensible à une « infection psychique » de l’inconscient collectif.
Au cours de ma première lecture, le couple mystérieux Elie et Salomé a résonné au fond de moi...m’interpelant, me questionnant et le rôle de Salomé, femme séductrice et aveugle m’intriguait particulièrement. 
Et pour cause, c’est l’expression de l’anima qui ne peut que résonner en chaque homme. Cette figure mystérieuse bouscule Jung, le pousse à l'expérience du non mental...exercice totalement contre nature pour lui et qui le force à aller vers sa souffrance la plus intime.

Liber secundus

Voici l’heure d’Izdubar, colossal et puissant (saisissant est le mot parfaitement adapté) … mais anéanti par le poison du mental si ancré chez Jung ; la raison tue le numinosum
Le géant divin est alors réduit à l’état d’un œuf que Jung garde sur lui, croyant le contrôler. Le contrôler car il ne peut pas s’en passer, il l’aime ! (Je crois que des enjeux essentiels sont placés dans cet œuf et je creuserai probablement la question dans les prochains mois)
Même à l’état embryonnaire, sa force submerge Jung qui doit lui redonner vie…mais personne ne peut donner naissance à un Dieu. Carl passera à cette période, comme il le raconte dans Ma vie, très près de la folie.

Philémon arrive alors, comme pour le sauver. 
Jung en parle ainsi : « …la fusion du sens et du non-sens, qui produit la signification suprême… ».
C’est une image du Soi, du Dieu en lui.
Naturellement, Jung va passer par une phase de fusion très déroutante pour le lecteur où il écrit comme étant représentant de Dieu...d'un dieu intérieur, à n'en pas douter.
Finalement, il va donner " corps " à ce vieux sage à travers la réalisation d'un superbe dessin détaillé. 
Ce travail va lui permettre de l'objectiver et ainsi de s'en différencier.

Salomé réapparait, guérie et souhaitant de nouveau lui imposer sa présence. 
Jung refuse, poussé par une peur viscérale ... combien j’ai été troublé de lire ce Jung, porté par une fonction dominante "pensée" tellement effrayé par son anima, porteuse du "sentiment".
Ces puissances vitales sont bien capables de ramener un brillant chercheur à l’état de petit enfant !

Épreuves

Cette partie n'existe pas dans la version du Livre Rouge original mais a été insérée par l’éditeur ce qui me semble cohérent.
Je retiendrais deux choses : Le fameux Sermon aux morts où Jung, pour reprendre ses propres mots, « a découvert les couches pré-personnelles en lui, formant une sorte de prélude à ce qu’il avait à communiquer au monde sur l’inconscient » 
et puis cette phrase
« Par l’union avec le soi, nous atteignons le Dieu » … pas Dieu, ni un Dieu mais LE Dieu.

Si je devais, amie, résumer ma perception du Livre rouge, je parlerais d’un chemin de souffrance et d’amour purifié.


Le Livre Rouge