...avec Deuter
Le sens de mon existence est que la vie me pose une question. Ou, inversement, je suis moi-même une question posée au monde et je dois fournir ma réponse, sinon j'en suis réduit à la réponse que me donnera le monde.
"Un homme qui a trouvé une réponse à la question du sens de la vie, est un homme religieux".
"En fait, la religiosité inconsciente ne représente à aucun degré, chez Jung, une option personnelle de l'homme."
"Une religiosité authentique n'a pas le caractère d'une pulsion, mais celui d'une option. La religiosité s'affirme avec son caractère d'option et s'éteint avec son caractère de pulsion. La religiosité est existentielle ou bien n'existe pas."
Il était une fois deux oiseaux, remarquables chacun par une singularité propre.
L'aigle par sa force, son regard perçant, sa capacité à voler très haut et très longtemps.
Le petit rossignol, lui, possédait un chant mélodieux qui réjouissait tout le monde.
Ces deux volatils aspiraient à la même chose, pouvoir se faire remarquer par Dieu et bénéficier de son regard aimant.
L'aigle, sûr de lui, partit à tire-d'aile à la vertical en se disant qu'il allait bien rencontrer Dieu; une fois au dessus des nuages, de toute sa puissance, il poussa son cri d'aigle. Rien ne se passait.
Dieu ne voyait pas avec ses yeux et n'écoutait pas avec ses oreilles...mais par l'âme.
Le petit rossignol, tout aussi sûr de lui, prit son plus joli timbre de voix et entonna une splendide sérénade, le bec tendu vers le ciel, afin de capter l'attention du créateur.
Dieu ne voyait pas avec ses yeux et n'écoutait pas avec ses oreilles...mais par l'âme.
Les deux oiseaux frustrés eurent alors une idée : le petit rossignol grimpa sur le dos de l'aigle qui partit aussitôt à la conquête des nuages...une fois dans les hauteurs, à portée de Dieu, le rossignol entama son plus beau chant.
L'intérêt de ces premières «lectures» n'est pas seulement de nous donner un aperçu de l'homme qu'était Jung à cette époque, mais de nous montrer à quel point ses vues de jeunesse concordent avec sa pensée ultérieure et comment il tentera finalement, tout au long de sa vie, de répondre aux questions qui l'agitaient alors.Sur l'âme
Sur l'empirisme"Nous pourrions, en étant audacieux, donner à ce sujet transcendantal le nom d'âme. Qu'entendons-nous par l'âme? L'âme est une intelligence, indépendante de l'espace et du
temps.......Puisque l'âme n'est pas une forme de force matérielle, on ne peut émettre aucun jugement sur elle. Or, tout ce qui ne peut être soumis au jugement subsiste cependant en-dehors des concepts d'espace et de temps. L'âme est par conséquent indépendante de l'espace et du temps. Il existe donc pour nous une raison suffisante de postuler l'immortalité de l'âme."
"Le fondement de toute philosophie se doit d'être empirique. Toute philosophie se fonde véritablement sur ce que nous expérimentons par nous-mêmes et pour nous-mêmes dans le monde qui nous entoure. Toute construction a priori qui s'abstrait de l'expérience conduit à l'erreur. Nous devrions déjà le savoir, depuis les premiers philosophes post-kantiens comme Fichte, Schilling, Hegel, etc.. Comme le dit Nietzsche, notre philosophie se doit avant tout d'être une philosophie de ce qui nous entoure. Elle doit ouvrir sur l'inconnu en se fondant sur la base réelle de l'expérience,..."Sur les limites de la causalité
"Un caillou tombe au sol. Pourquoi ? À cause de la gravité. Pourquoi réagit-il à la gravité? Parce que telle est sa propriété. À ce point précis, notre capacité à saisir la situation atteint sa limite. Nous admettons en lui-même le principe incompréhensible de la gravitation universelle, c'est-à-dire que nous établissons un postulat transcendantal. La causalité nous conduit à une chose en soi que l'on n'est plus en mesure d'expliquer, à une cause primitive de nature transcendantale. En ce sens, il convient également de concevoir la catégorie de la causalité comme un indice merveilleux et a priori qu'il existe des causes de nature transcendantale, c'est-à-dire un monde invisible et inconcevable pour nous, une continuation de la nature matérielle dans le royaume de l'incalculable, de l'incommensurable, de l'indéchiffrable."Sur la dualité et l'opposition apparente des choses.
Le monde absolu ne se divise pas en deux royaumes distincts, celui de la chose en soi d'un côté, et le monde phénoménal de l'autre. Tout est Un. Ce n'est que pour nous que cette division existe, parce que nos organes sensoriels ne sont capables de percevoir que certaines sphères du monde absolu.
Jacob Bôhme a dit:Sans opposition, aucune chose ne peut apparaître à elle-même; car s'il n'y a rien en elle qui lui résiste, elle se répandra perpétuellement vers l'extérieur et ne rentrera plus en elle-même, et si elle ne rentre pas de nouveau en elle-même, en sa source originelle, elle ne saura rien de sa condition première.
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| Document copte de Nag Hammadi |
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| Temple d'Apollon |
C'est dans le dialogue de Socrate avec Alcibiade (en particulier le premier dialogue où Platon expose, en profondeur, le principe de la connaissance de soi) que l'on trouve évoqué ce thème. Bien entendu, pour se voir, se découvrir, se connaître, il faut un œil. Mais il faut aussi quelque chose qui nous renvoie l'image car l’œil ne peut pas se contempler tout seul. Ainsi, un autre œil est nécessaire et, si la quête de la vérité est la notre, il faut saisir le miroir d'un œil qui la détient, celui du domaine divin (chez les grecs, Dieu est une valeur ultime, le beau, le vrai, qui n'a que peu de rapport avec le Dieu monothéiste défini par la théologie).![]() |
| Némésis |
Voici un personnage inhabituel dans cette section sur les livres. Pas de diplôme de médecine, pas de titre en psychologie, pas de cabinet...cette ancienne actrice, passionné du monde de la radio et de philosophie, a découvert Jung comme la plupart d'entre nous, au détour de lectures qui l'ont profondément marquées. Reconnaissant dans la pensée de Jung la mise en mot de ce qui l'animait depuis des années, elle décida donc de donner des conférences et séminaires avant de finalement écrire cet ouvrage particulier."...C'est vrai, une force de la nature s'exprime en moi - je ne suis qu'un conduit... J'imagine que, dans bien des cas, je pourrais vous paraître sinistre. Si, par exemple, la vie vous a mené à adopter une attitude artificielle, vous n'allez pas pouvoir me supporter car je suis un être naturel. Ma présence même cristallise; je suis un ferment. Je suis perçu comme un danger par l'inconscient des gens qui vivent d'une manière artificielle. Tout en moi les irrite, ma façon de parler, ma façon de rire... Ils sentent la nature..."
"...L'atmosphère était, dirais-je, intellectuellement vibrante et à la page; les conférences offraient toujours des sujets d'actualité nouveaux. Mais c'étaient les exposés de C. G. Jung, alors encore un inconnu pour moi, qui me touchèrent d'une façon tout à fait particulière. Ils contrastaient tellement avec le rationalisme intellectuel des autres -du moins, c'était mon impression. Mais mon jeune sens de la réalité se mit en alerte en même temps que ma fascination admirative: «Ça, c'est un "super-cerveau", mais est-ce bien vrai ?» Quand, plus tard au cours de la session, je vis Jung, son chapeau planté en arrière sur la nuque, avancer à grandes enjambées et laisser ce milieu social convivial « branché », je me dis : « Si cet homme dit ce genre de choses, c'est que cela doit être en ordre. L'enracinement en terre que je sentais émaner de Jung était pour moi la garantie de la crédibilité de sa psychologie. »...
"...À ma grande surprise, Jung m'accompagna... dans la rue où ma voiture était garée. Il marchait à mes côtés en silence, la pipe à la bouche, perdu à l'évidence dans ses pensées, et je ne disais rien non plus. Il se tourna soudain vers moi et me demanda: «Pourquoi ne me comprennent-ils pas ? » II avait un ton dans sa voix que je ne lui connaissais pas, à la fois plaintif, interrogateur et blessé. Je savais instinctivement à quoi cet «ils» se rapportait. «Ils», c'était le monde extérieur, le monde de la science, de la psychologie et de la psychiatrie officielles, celui des religions établies, des préjugés, qui persistaient à ne pas comprendre et à déformer ses découvertes et sa pénétration du monde intérieur, le monde de l'âme. Dans sa question je sentais la solitude de l'explorateur, du chercheur qui ose regarder au-delà de ce qui est accepté et connu, de celui qui ne peut faire autrement.Je lui répondis : « Dr Jung, vous savez aussi bien que n'importe qui au monde pourquoi "ils" ne vous comprennent pas. Ne serait-ce pas simplement du fait que vous êtes en avance de cinquante à cent ans sur notre temps ? » II me regarda un court instant, hocha lentement la tête en silence et me tendit la main pour une dernière poignée de main..."
"Emma Jung mourut cinq jours plus tard, le 27 novembre 1955.
Mon cher Neumann,Soyez très sincèrement remercié pour votre lettre si cordiale!... Je ne peux hélas qu'aligner devant vous des mots arides, car la secousse que j'ai vécue est tellement forte que je ne parviens ni à me concentrer ni à retrouver ma faculté d'expression. J'aurais aimé vous raconter en toute amitié, à cœur ouvert, comment j'ai eu, deux jours avant la mort de ma femme, ce que l'on peut bien appeler une grande illumination; en un éclair, elle a fait la lumière sur un mystère aux racines séculaires qui était incarné dans ma femme et avait exercé sur ma vie une influence immense et d'une insondable profondeur. Je ne peux avoir à ce sujet qu'une seule idée: cette illumination émanait de ma femme, qui était alors la plupart du temps sans conscience, et la clarté immense et libératrice de mon intuition a exercé sur elle un effet en retour qui a contribué à lui donner une mort royale et sans souffrance.Cette fin rapide et sans souffrance - cinq jours seulement entre le diagnostic définitif et la mort - et cette expérience m'ont été une grande consolation. Mais le silence qui s'est fait autour de moi, ce silence que j'entends, le vide de l'espace et le sentiment d'un immense éloignement, tout cela est dur à supporter..."
"La systole consciente et puissante qui contracte et engendre l'individuel et la diastole qui élargit avec nostalgie et qui veut embrasser le tout" Métamorphoses de l'âme et ses symboles